• Chapitre 1 - Deuxième partie

     

    Chapitre 1 :

    Partie 2: En quête de réponses

     

    Quelques heures avant les évènements au village, un dragon azuré se torture l'esprit. Sur le pic de son glacier, il tourne en rond, et marmonne sa colère:

    "Tout ce temps... Tout ce temps à la recherche d'un élu, et rien ! Ce n'est pas ce poltron qui remplacera Ethelle. Jamais. Dire que je n'ai rien pu faire pour la sauver de la mort, une fois encore... En reste-t-il ne serait-ce qu'une ? Puis-je seulement espérer trouver un jour un remplaçant digne de ce nom ? ... J'en doute. Cent ans déjà ! Une décennie que la septième n'est plus...

    Haaaa... Tous ces efforts, tout ça, pour rien !?! J'en ai marre. Je n'ai pas besoin d'elle pour s'occuper de mes pouvoirs !!! Et puis, c'est pas comme si j'allais tout détruire !! Depuis le temps que je contient ma colère... Et puis, après tout, se défouler une seule fois, ça ne fait pas de mal de temps en temps si...? Juste une fois... Oui, juste une fois. Hahahahahaha... Je me délecte d'avance !! Cette puissance n'est pas vouée à rester passive !!! Il est GRAND TEMPS qu'elle se réveille !!!! RHYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!"

    En un simple cri qui résonna sur toute la partie nord de Drania, le dragon vit ses écailles changer de couleur. Habituellement d'un bleu saphir, elles devinrent d'un noir si profond qu'on ne pouvait plus les voir dans la nuit.

    Seules les orbes, l'acier et l'or du dragon contrastaient avec la nouvelle obscurité dans le cœur du reptile. Ses yeux, et ses orbes, elles qui sont habituellement d'un splendide violet améthyste, tenaient maintenant davantage du rouge sombre que de la pureté de la pierre précieuse.

    D'un battement d'ailes furieux, Draniolon s'envola au large de son domaine glacé, pour se rendre dans les terres tempérées et centrales de Drania. La haine qui poussait le Dieu enragé à déchainer sa folie tenait plus de la frustration que d'une volonté propre de nuire.

     

    En arrivant à l'abord des rives boisées du centre, le reptile se mit à concentrer ses pouvoirs autour de son corps. Il n'avait même pas pris la peine d'utiliser son orbe, il n'en avait pas besoin. La force de cette frustration lui suffisait pour rendre ses attaques glacées dévastatrices.

    Il concentra une partie de sa glace autour de son corps, pour créer une enveloppe protectrice, et détruisit les blocs ainsi formés pour répandre dans les alentours plongés dans la nuit, une tempête de neige torrentielle.

    Puis, en concentrant son pouvoir dans sa gorge, le reptile d'apparence obsidienne projeta toute sa rancœur dans un puissant laser cristallisé.

    En s'abattant sur le sol, le rayon créa une raie de cristaux de glace gigantesques, ce qui eut le même effet qu'une explosion: un surpuissant souffle gelé sortit de la base de la muraille, et projeta de part et d'autre tout ce qui se trouvait à proximité. Heureusement, aucun village n'était dans le coin, et donc par conséquent, aucune victime en prévision.

    Toutes les bestioles de la région savaient depuis un moment que les tensions devenaient explosives entre les différents Dieux. De plus, les quelques tremblements de terre qui avaient lieu en ce moment n'arrangeaient pas la vie des êtres de ce monde.

    D'ailleurs, un nouveau tremblement de terre fit peu à peu rage, et les cristaux de glace fraîchement apparus se mirent à se fissurer.

     

    "Hmm... Il se réveillera bientôt, c'est ça ? Et bien vas-y Noylan ! Je n'attends que toi pour prendre ta place !! Hahahaha !!! Aucun de tes sbires n'aura la puissance de m'arrêter ainsi. Il suffirait que je prenne leurs orbes, ainsi que la tienne, pour devenir l'être suprême !!!! N'est-ce pas merveilleux d'être si naïf ? Toi qui pensait que nous aurions tous la bonté de faire en sorte que les choses restent en ordre, je n'ai plus envie qu'elles soient ainsi... PLUS JAMAIS!!!!!" pensa le dragon plongé dans sa fureur.

    La violence de ses propos influèrent sur ses actes, et dans une rage encore plus folle, le reptile redoubla de violence. Il bifurqua vivement vers l'Aire de Nola, mais il savait... Il savait qu'il ne serait plus seul pour longtemps.

    Son cri avait dû alerter l'un de ses congénères, et ce dernier aura sûrement la bonté d'appeler les autres en renfort... Mais il n'avait qu'une seule hâte:

    "Vous ne vous doutez pas à quel genre de monstre vous allez devoir faire face... Et ce danger... il sera... SUR-PUIS-SANT!!!! VOUS SAUREZ ENFIN QUI MÉRITE CETTE PLACE!!!!!" tonna le dragon dans un cri qui déchira le silence nocturne.

    S'éloignant petit à petit des lieux qu'il venait de détruire, Draniolon fonçait au cœur de la tempête qui se calmait à son tour, tout en arborant un sourire malsain aux lèvres.

     

    Cependant, un peu plus loin, dans une forêt voisine, un petit amphibien avait remarqué des changements brusques qui le fit fuir vers les autres membres de l'Alliance.

    Fonçant à toute allure vers ses confrères, il retrouva d'abord deux grands dinosaures qui crièrent alors au rassemblement de leurs voix roques et portantes. Sans se faire attendre longtemps, les autres membres vinrent se joindre à eux pour un conseil d'urgence.

    Un chien de feu et d'acier prit tout d'abord la parole:"- Vas-y Orysis, dit-nous ce que tu as vu."

    "- Il s'est enfin décidé. Draniolon a commencé à devenir fou, et détruit tout sous le coup de la colère. Sa puissance n'a plus d'égale, et nous ne pourrons l'arrêter à nous seuls."

    "- J'entends bien, mon cher. J'entends bien." continua le canidé enflammé.

    "- Ça nous pendait au nez depuis des jours ! Vous en doutiez peut-être ?" s'insurgea le phœnix dans l'assemblée. "Adsis vous avait prévenu, et vous n'avez pas voulu l'écouter !"

    "- Ferme-la avec Adsis, on sait tous très bien qu'il est impliqué dans l'état de Draniolon !! Si son élue n'est plus, nous savons tous pourquoi !!" répliqua la fille de Flamacier.

    "- Un peu de calme je vous prie." ordonna calmement le griffon feuillu. "Nous aurons besoin de D.Univers, Dréleste ET d'Adsis. Alors inutile de s'affronter pour un fait aussi vieux, ne pensez-vous pas ?"

    "- Si seulement Noloy pouvait nous venir en aide... Il n'aurait aucune chance !" déplora Xyros, l'un des dinosaures.

    "- Avec des "si", on referait le monde, tu sais ?" ajouta son frère sur un ton exaspéré. "Néanmoins, j'ai cru comprendre que son réveil était imminent. Vous pensez que...-?"

    "- Non, il ne sera pas opérationnel à temps, à moins de trouver un moyen efficace pour ralentir la progression de la menace. Des idées ?" suggéra Flamacier.

    "- Laissez-moi m'occuper de prévenir Dréleste, il se chargera d'informer les autres. Quand à vous, il vaudrait mieux que vous vous rendiez rapidement vers l'Aire de Nola. C'est bien vers là-bas qu'il se dirigeait, Orysis ?" demanda le griffon vert.

    "- Oui. Il est temps que nous nous mettions tous en route je pense." acquiesça le petit amphibien aux yeux verts.

    "Allons-y." ordonna finalement Flamacier.

    Ainsi, Phylasis s'en alla prévenir Dréleste des évènements, tandis que le reste de l'Alliance se mit en route vers l'Aire de Nola. Certes, ils n'avaient pas de plan à proprement parler, mais avec des êtres aussi imprévisibles que des Dieux, il valait mieux s'attendre à tout, et aviser ensuite.

     

    De son côté, Oggas se leva. Il faisait encore nuit quand il sentit un souffle froid inhabituel caresser sa peau endolorie par un sommeil agité. Il sortit de sa chambre, et se souvint des paroles de son maître: "J'ai à te parler. Retrouve-moi ce soir au pied du volcan, et vient seul."

    Puis, il s'attela à sortir discrètement de la maison, pour ne pas réveiller son père. Les animaux dans le salon, eux, étaient tous paisiblement assoupis. Il regretta de ne pas avoir pu emmener son fidèle camarade à plume, mais il préférait respecter la demande de son associé.

    Ainsi, en tenue de patrouille, il partit traverser la forêt à vive allure pour rejoindre le point de rendez-vous indiqué au plus vite. Cette nuit était une des plus sombres de toutes. Des nuages d'encres cachaient les étoiles, tandis que la lune brillait par son absence.

    La forêt était donc devenue, sans la douce lumière de l'astre nocturne, un véritable parcours du combattant. Un pas de côté, et c'était l'écorchure garantie. Malgré la présence d'un étroit chemin entre les broussailles, il restait mal-aisé pour Oggas de franchir tous les obstacles sur sa route à l'aveuglette.

    Enfin arrivé sur le lieu donné, il retrouva son maître. Un reptile ailé se trouvait là, et se tenait fièrement sur une excroissance rocheuse sortant des parois du volcan derrière lui. Il l'observait d'un air interrogateur, et sans un mot.

    Oggas su dès lors le motif de sa venue. En effet, un vacarme transcenda le silence, et une nouvelle vague de froid s'abattit sans crier gare, suivit d'un cri caractéristique quelques secondes plus tard.

    "- Il est l'heure. Laisse-moi te dire ce qui motive mon frère de sang." commença le dragon rouge, en souriant de toutes ses dents argentées.

    "- Adsis... Aurais-tu quelque chose à avoir avec tout ceci ?"

    "- Bien sûr !! Et pas qu'un peu pour tout te dire. Tu te souviens de l'histoire que je t'avais raconté à propos d'un être capable de devenir surpuissant à l'aide des pouvoirs de l'être Originel ? Et de la manière dont les âmes en proies à un malheur me sont si simples à manipuler ? Et bien, voilà où nous en sommes !! En soi, il ne reste que deux étapes avant l'issue fatidique: le rassemblement de toutes nos forces pour contrer la menace, et le combat acharné qui s'en suivra."

    "- Mais pourquoi fais-tu ça ?! Pourquoi cherches-tu à détruire notre monde ?!"

    "- Hahahaha !!! Ce n'est pas moi qui le détruira ! C'est mon frère. Et puis... ne trouves-tu pas que la vie sans un peu de piment n'a pas de saveur ? Ou simplement celle de la lassitude, de l'ennui, et d'un sentiment de tourner en rond abominable ? Je hais ce sentiment. Et pourtant, ce sont bien les périodes de paix qui me les apportent !! Alors comment remédier aux défauts d'une routine si parfaite ? Et bien rien de plus simple: faire en sorte qu'un drame se produise."

    "- Je ne comprends pas..." répliqua Oggas le regard sombre.

    "- Tu avais pourtant l'air de comprendre quand je te l'ai raconté la première fois... Et tu avais toi-même été d'accord sur le principe !"

    "- Non. Ce n'est pas ça que je ne comprends pas."

    "- Et qu'est-ce donc, élu ?"

    "- ... Pourquoi ne pas être l'acteur de ce trouble ? Aurais-tu peur des représailles ?"

    "- Hahaha!! Pas de ça avec moi ! Les représailles, c'est moi, et moi SEUL qui les fournis. C'est grâce à moi que le mal reste là, quelque part... S'il n'existait pas, tout serait certes "paisible", mais d'un ENNUI!!! Je te raconte pas, hahaha ! Ha... Et aussi, c'est surtout parce que je préfère apprécier le spectacle à distance. C'est bien plus distrayant et amusant de voir les autres subir à ta place. D'autant que c'est moins cher en efforts et en énergie dépensée ! Il m'est bien plus facile de laisser mon venin faire son chemin et ses dégâts par le biais d'une simple manipulation, plutôt que de tout prévoir, et de voir ses convictions échouer quatre fois sur cinq juste avant la fin !! Tu parles d'une frustration..."

    "- ...Et... Pourquoi lui, et pas un autre cette fois-ci ?"

    "- Faut-il vraiment une raison autre que celle de l'ennui pour faire le mal ? Peut-être la vengeance ? La dernière fois, c'est lui et son élue qui m'ont arrêtés, et jugés pour mes actes. Donc c'est sûrement une forme de vengeance. D'autant que leur sanction n'était pas vraiment "équitable" pour le coup..."

    "- ...? Et en quoi n'était-ce pas équitable ?"

    "- Héhéhéhé... Je n'avais que contrôlé l'esprit d'un élu, pour le fun, comme ça... Et cet élu s'est avéré hyper-réceptif. Effet immédiat: dès qu'il a fusionné avec son dragon associé, il s'est mis à dérégler la météo, parce qu'il n'avait rien de mieux à faire, hahaha!! Un clin d'œil, et paf, un éclair ! Un sourire, et paf, une tornade ! Et ainsi de suite !! Tu aurais vu la panique crée chez les sous-fifres de Dréleste, ils étaient sous le choc ! Mais il a fallu que cette ordure s'en mêle... C'était rien de bien méchant pourtant !! Du coup, je lui en veux. Il m'a fait comparaître devant l'Alliance, et les autres... j'ai été jugé coupable, et j'ai subi une restriction importante: perte de mes pouvoirs pour un siècle. Tu parles ! Un siècle d'ennui pur et dur... Si Draniolon n'avait pas subi la perte de son élu, peut-être aussi par ma faute malgré tout, j'aurai pas tenu !"

    "- Haha... Tu es diabolique quand tu t'y mets." souffla Oggas, perdu entre deux manières de penser.

    "- Merci du compliment. Mais pour l'instant, nous avons un fou furieux à gérer, et ça ne sera pas une mince affaire... je le connais le bougre. Toujours plus puissant au fil des ans. Tsss..."

    "- Et donc, quels sont tes ordres ?"

    "- Je ne sais pas trop pourquoi il ne s'est réveillé que maintenant celui-là, mais je pense que s'il s'est enfin décidé à prendre la route, c'est qu'il a dû sentir qu'un truc se préparait. Je veux que tu enquêtes sur la source de l'anomalie à l'origine de son changement de comportement, et me fasse un compte-rendu sur les infos que tu auras pu obtenir d'ici cinq nuit tout au plus. Compris ?"

    "- C'est entendu."

    A ces mots, Oggas prit congé d'Adsis, et s'en retourna dans la forêt. L'aube se levait doucement, mais la menace planait au-dessus de lui.

     

    A peine quelques minutes après avoir commencé sa route, un cri bien plus proche se fit entendre. Le coup de froid suite au passage du dragon en furie juste au-dessus de lui l'immobilisa un instant.

    "Alors comme ça... Il dévoile enfin sa colère...? Mais il a l'air de prendre son temps malgré tout ! Moi qui l'ait déjà vu voler bien plus vite pour venir à la rescousse de sa pauvre protégée... Hm, si tu avais vu sa tête, Adsis... tu aurais su à quel point c'était navrant de la voir succomber juste sous ses yeux. Mais bon, il ne reste plus qu'un minable aujourd'hui ! Ce n'était pourtant pas si compliqué de la retenir, si ? Mais peut-être suis-je trop condescendant à son égard ? Adsis... que fais-tu de moi..."

    Sur son ton suffisant, il reprit sa route, et revint aux abords du village, quand il entendit un hurlement de loup ou de chien briser le calme du matin, une fois de plus. Il s'empressa alors de courir vers la source du son, et s'étonna à peine de voir ses confrères sur le pied de guerre. "Serait-ce... l'anomalie...?" pensa-t-il.

     

    Prenant les devants de la troupe, il se mit à parler:"- Attendez. Regardez-la ! Elle était sur l'autel, donc celui qui l'accompagne est forcément un esprit ! Jamais ce genre de chien supporterait la vie sauvage dans nos contrés... Il s'agit donc forcément de Lunol: l'enfant de la Lune."

    "- Ce n'est pas une raison !! Elle a beau avoir la bénédiction des esprits, elle vient profaner notre village de sa présence ! Son aura est... est..." s'insurgea père.

    "- Je vois ce que tu veux dire... Je ressens la même chose. Mais n'est-ce pas étrange qu'elle apparaisse pendant que les dieux s'affrontent là-haut ?" poursuivais-je. J'essayais de rejoindre mes soupçons à la situation. Se pouvait-il qu'il s'agisse vraiment de ce dont m'a parlé Adsis...?

    "- Fils, je ne suis pas certain qu'il s'agisse d'une élue. Elle n'a rien qui nous prouve qu'elle est liée à tout ça !" continua père. Mais je me persuadais du contraire. Elle l'était forcément. Après tout, je ne trouve rien de familier en elle, excepté cette aura particulière.

    "- Et que dirait Adsis si nous ne lui rapportons que nous avons laissé échapper une potentielle élue ? Faisons-là prisonnière. Il s'occupera d'elle bien mieux que nous." ajouta Oggas. La menace divine faisait toujours son petit effet sur mon père.

    "- Qu'est-ce que tu peux être borné Oggas..." soupira le chef du village. "Mais c'est d'accord. Attrapez-la!!!" ordonna mon père. Toujours aussi autoritaire, les hommes ne se firent pas prier pour obéir.

    Tout en me lançant dans le conflit, j'essayais d'analyser celle que je suspectais être l'objet de ma quête.

     

    Là. Pourquoi semblait-elle si distante depuis tout à l'heure ? Si muette, impassible... Et puis, tous ces bandages, d'où sortent-ils ? Et pourquoi ce clébard la protège-t-il ?! C'est tellement agaçant de ne rien comprendre !! Argh... et quelle force !

    Je me fis violemment repousser par le chien enragé, alors que j'observais la fille avec un étrange sentiment d'admiration. Comment peut-elle... être si forte...? Et si... s'il s'agissait vraiment d'une élue...? De l'élue...?? Son visage... il...

    En regardant en détail le visage de la jeune fille balafré et recouverte d'un rien par ce froid, un vague souvenir me revint soudainement en mémoire.

    "Serait-ce... E-Ethelle ???" me demandais-je pensivement, sans pour autant marquer cette idée de la moindre expression faciale qui pourrait me trahir.

    Soudain, la mystérieuse fille parla:"Dites-moi... Que me vaut l'honneur de cette attaque ? Je ne suis pas sûre de saisir."

    Puis, déterminé à trouver le fin mot de l'histoire, je me relevai rapidement, et la toisai tout en réfléchissant. Sa voix... Cette voix... Aucun doute. C'est elle ! Mais je croyais... qu'elle n'était plus... A moins que... non. Aurait-elle survécue ? Impossible. Alors serait-ce... l'Originale ? la huitième ? Vraiment, là, devant moi !? J-je... J'en tombe des nues... Mais pourquoi ? Pourquoi n'apparait-elle que maintenant ? Et puis...

    Je repris mes esprits pour parler à mon tour:"Toi... pourquoi es-tu ici ? Et pourquoi Lunol prend-il ta défense ? Il a toujours été des nôtres!"

    L'animal fusilla le jeune homme du regard, et lui répondit:"Je ne l'ai jamais été. Tu te méprends. Je ne suis pas avec Adsis, moi."

     

    Un silence lourd de sens s'imposa alors. Elle... elle a l'air étonnée, et confuse. A cause de son nouvel allié sûrement. Tss... peu importe. Qu'il s'agisse d'un traitre ou non, ce n'est pas lui qui m'intéresse. Je me demande ce qui peut bien lui passer par la tête... Ethelle... Cela faisait tellement longtemps que je n'avais plus songer à tout ça. Un siècle que ton nom évoquait une souffrance endormie. Et maintenant, te voilà de retour comme une fleur, dans une nouvelle vie... Tout ça est tellement perturbant.

    Mon père s'était relevé pendant ma longue réflexion. Cent ans... Dire que cela faisait déjà cent ans qu'elle n'avait plus foulé ces terres me paraissait surréaliste. Et pourtant, c'était elle. Les blessures que cachent ses bandages, si ce n'était pas moi qui les lui avaient infligés, alors qui ? Qui lui aurait fait du mal ?

    Soudain, père me fit à demi sursauter de sa voix imposante:"Qu'importe. Il ne nous offrait rien de toute façon. Reste concentré sur l'objectif, fils."

    En voyant père prendre l'offensive, j'entrepris de retenir la bestiole qui m'avait donné tant de mal quelques instants avant. L'effet de surprise avait marché à merveille, c'en était presque trop facile pour ne pas être un piège, mais apparemment, aucun d'eux ne riposta.

    Sans relâcher mon étreinte, père et moi-même nous attelèrent à amener ces deux-là dans ma chambre , soit la seule chambre verrouillable de la petite maison boisée. Puis, je choisi de rester quelques instants à côté de la porte, pour percevoir la réaction d'Ethelle. Je ne fus pas déçu d'entendre la voix de ma prisonnière - voix que je me surpris à apprécier. Mais, en entendant le silence s'installer après un moment, je sortis prendre un peu l'air.

     

    Les cheveux noirs au vent, j'allais me poser à quelques centaines de mètres de la maison, et pris place sur un rocher en regardant la mer, l'esprit ailleurs. Que faire... Après tout, je ne sais pas s'il s'agit de l'une ou de l'autre Ethelle... Dans un cas, elle aurait dû me reconnaître, à moins d'être devenue amnésique... Dans l'autre, elle vient d'ailleurs.

    Dans les deux cas, si elle s'est retrouvée dans un autre monde avant celui-là, et qu'elle considère le nôtre comme étranger, alors il me sera impossible de connaître la vérité... Je devrais sûrement demander conseil à Adsis, mais je ne pourrai lui parler avant ce soir. Il ne m'attend pas avant. ... Haaa... Que dire de plus ? ... Que... qu'elle m'a... manqué...? Peut-être un peu...? Mais... ce n'est pas comme si je devais avoir des remords.

    Il était trop tard. Elle était corrompue, je n'avais d'autres choix que de l'achever, pour le bien de tous. Même si... ça me fend le cœur de l'avouer mais... j'aurai aimé n'avoir jamais eu à lui faire subir ça. Et puis, ce n'est pas comme si c'était la première fois... Je veux dire... Pour que Draniolon ait eu sept élues jusqu'à maintenant, et sachant qu'il est extrêmement sélectif et prévoyant, il s'agissait forcément de clones, ou de pâles copies...? Mais... comment s'y serait-il pris pour se faire ?

    Je... attends... Les orbes. C'est ça, le pouvoir des orbes est incommensurable ! Et... non. Nooon, il n'aurait pas osé... si...? Et si... Et s'il voulait posséder toutes les orbes ?? Ça concorderait ! Mais ça va trop loin !!! Il va faire pire que détruire Drania si on le laisse faire !! Absolument tout va... j-je...-

    "- Alors, fiston. Tu rêvasses ? Au fait, que faisais-tu dehors de si bonne heure ce matin ?" demanda amicalement mon père.

    "- Hein ? J-je... oui. Enfin non... Et... j-je... Je peux te parler d'un truc...?"; Je le regardai avec une mine dépitée, ce qui était loin d'être chose courante chez moi.

    "- Holà mon grand, ça a pas l'air d'être la super forme. Qu'est-ce qui te tracasse ?"; Il s'assit à mes côtés, prêt à m'écouter.

    Je lui racontais donc mes soupçons, en m'appuyant sur les propos d'Adsis lors de notre conversation le matin-même, sans préciser de quand datait les propos rapportés pour ne pas alerter mon père. S'il apprenait que je sortais la nuit sans son accord, je serai mort depuis des années déjà. Je m'en veux un peu de lui mentir... D'autant que...

    "- Ah, et... il faudra aussi que je te parle d'un truc..." continuai-je.

    "- Vas-y tout de suite, comme ça s'est plié !" dit-il, enthousiaste. "T'es amoureux c'est ça !? Hahahaha! Tu peux tout me dire mon garçon !"; Vu la mine réjouie qu'il abordait, je me gardais bien de la lui arracher avec cette terrible vérité.

    "- Hahaha, ne désespère pas, père, ça viendra ! Mais non. Comme tu le sais, c'est bientôt mon 19ième anniversaire, et..."

    "- Hep hep hep! Je te vois venir avec tes gros sabots ! Tu veux un truc dur à obtenir, ou qui est hors de mes moyens, c'est ça ?"

    "- Hahahaha !! Non, ne t'en fais pas, mais laisse moi finir. Donc, pour l'occasion... Je me suis dit qu'il serait temps que je t'avoue quelque chose. Quelque chose qui te parait peut-être inattendu, mais il s'agit pourtant de la vérité..."

    "- Ha... Bah, si c'est une annonce de ce type, ça attendra le jour de la fête ! Tu ne penses pas que ce serait plus approprié ?"

    "- ... Si tu le dis." répondis-je froidement. Je doute qu'il préfère entendre ça un jour de fête.

    "- Tu as l'air de te morfondre... C'est le coup de ce matin qui te met dans cet état ?"

    "- J-je... je ne sais pas. J'ai des remords je crois."

    "- Et pourquoi ? Tu n'as rien à te reprocher pourtant ! Tu es mon fils, et je suis fier de compter parmi les miens quelqu'un d'aussi doué que toi !"

    "- Hm... Merci."; S'il savait... Si seulement il savait... Il ne serait pas si confiant.

    "- D'ailleurs, je te suggère de faire prendre un peu l'air à nos deux prisonniers. Je doute qu'ils supportent l'obscurité, la solitude et le renfermé trop longtemps, haha."

    "- Ouais... ouais. J'y vais du coup... A toute."; Mon père me salua à son tour, et je me rendis lentement vers ma maison.

     

    Sur le trajet qui me parut une éternité, je me remis à penser. Qu'espère-t-il de moi...? Ce n'est même pas mon père... Un anniversaire ? Tu parles. Un anniversaire chez eux, c'est une fois par an... Moi, c'est une fois par siècle. Comment peut-il espérer que je sois son véritable fils ? Comment réagira-t-il quand il saura que je suis... l'élu d'Adsis...?

    ...J'ai beau faire ce que je peux, rien ne dis qu'il m'acceptera ensuite... Et si c'est pour me faire jeter comme l'a fait son arrière-arrière-grand-daron il y a de ça un siècle, non merci... D'autant que lui a su pour Ethelle... Et lui m'en a voulu au point de me bannir. Dire que nous étions si proche avant ça... C'est regrettable.

    Arrivé devant ma propre chambre, j'ouvris doucement la porte pour voir les deux êtres profondément endormis. Lunol était là, la tête posée sur les jambes de la jeune fille. Ethelle, quant à elle, avait l'air paisible, malgré sa posture qui la faisait ressembler à une marionnette inerte.

    Tous ses bandages, ça me fend le cœur. Mais tout n'est pas de moi. Seule une ou deux blessures correspondent vraiment à ce que j'avais pu lui infliger par le passé... Donc ce n'est pas celle que j'avais connue. C'est sûr à présent. J'ai donc une Ethelle toute neuve devant moi. ...Étrange...

    Je suis partagé... D'un côté, ça me rassure d'avoir une nouvelle chance avec elle, mais en même temps, ma conscience me pèse. Je ne sais pas si j'arriverai à un résultat ou à un autre à la fin... j'ai un peu de mal à choisir...

     

    Puis, je renonçai à la réveiller maintenant. A part lui accorder une semi-liberté pour lui faire prendre l'air, je n'avais aucune raison d'aller la voir. Je choisis donc de me mettre aux fourneaux, et préparer aux deux un petit quelque chose qui leur permettrait de tenir la journée.

    En passant dans le salon, je retrouvais ma chère camarade à plumes. Elle semblait intriguée par mes actions du jour, au point d'en avoir oublié de me dire bonjour en rentrant. Pour rattraper notre oubli mutuel, je me remis en quête de condiments, pour les donner à Naya, ma douce colombe.

    Elle était là, à m'observer, mais je ne rechignais pas. En la faisant monter sur ma main, je tendis les graines à l'animal qui s'en saisit volontiers. Tout en caressant sa robe nacrée, je lui murmurai:"Alors, tu te sens prête à revoir une vieille amie ? Laisse-moi le temps de lui préparer quelque chose et tu pourras la voir."

    Ma colombe roucoula soudain, et retourna se poser sur son perchoir adoré, me laissant ainsi libre de mes mains. Après un moment, tout était fin prêt à être servi, et avant d'oser retourner dans la chambre. Naya vint se poser sur mon épaule, tandis que je tenais un plateau de nourriture dont j'avais le secret.

    A peine entre-baillai-je la porte que je vis se poser sur moi les yeux à moitié fermés de la jeune fille. Elle était si belle ainsi... et pourtant si vulnérable. Le clebs, lui, m'observait d'un air mauvais. Malheureusement pour lui, cette fois, je n'avais pas l'intention de leur nuire.

    Naya, en reconnaissant le visage familier de la demoiselle, vint d'elle-même à sa rencontre. Tout en roucoulant, la colombe se posa sur le genou d'Ethelle, et passa à quelques centimètres de l'esprit de chien à ses côtés sans sourciller.

    "- Je crois qu'elle t'aime bien, haha." dis-je d'un ton amical.

    Je me mis à sa hauteur pour mieux l'observer. Elle était concentrée sur le volatile blanc, la voir ainsi intriguée me rendit un peu nostalgique. Pourquoi ai-je été obligé de... le faire une fois de plus...? Me rapprocher, pour mieux se quitter... Pourquoi toujours le même schéma ? Son regard se déporta vers moi:"- Elle t'appartient ?"

    "- O-oui. C'est Naya, ma colombe. Elle est toujours avec moi quand je vagabonde ou que je patrouille d'habitude."; Pris un peu au dépourvu, j'eus un peu de mal à trouver mes mots au début.

    "- Je vois... Hm...?"; Elle me regarde intensément. Je dois sûrement tirer une de ces têtes ! Vite, trouve quelque chose à dire... On va pas se regarder des heures dans le blanc des yeux non plus !

    "- J-je... je vous ai apporter ça." dis-je en tendant le plateau vers elle. "Il peut se servir aussi si il a faim." continuai-je en désignant le chien d'un mouvement de tête. Dans un geste lent, elle caressa avec douceur la tête de l'animal, et lui demander ensuite s'il en voulait, mais il déclina.

    "- Je vois." répondit-elle à la bestiole. Puis elle se tourna à nouveau vers moi:"Me permets-tu...?"

    "- Sers-toi, je t'en prie. Je les ai fait spécialement pour vous après tout." poursuivais-je, en lui servant mon plus beau sourire. Elle s'empara de l'une des victuailles avec délicatesse, et semblait hésiter. Manger devant moi la dérangeait-elle ?

    Puis, elle se résigna à gouter ce qu'elle avait prit avec une certaine précaution. La mine réjouie qu'elle arborait alors me permit de deviner ce qu'elle comptait me dire ensuite:"- Je... je dois bien avouer que j'ai rarement mangé quelque chose... d'aussi surprenant. Je ne crois pas avoir été habitué à ce type de saveurs... Tu les as fait avec quoi ?"

    "- Oh, rien de bien méchant. Juste une part infime des récoltes du village, et quelques herbes aromatiques du coin. Tu aimes ?"; Elle me souriait sincèrement, et j'en eus presque un pincement au cœur, même si je ne pus m'empêcher de sourire bêtement malgré tout. Pourquoi mes sentiments me dominent-ils...? Je ne me comprends pas...

    Ethelle hocha la tête positivement en guise de réponse. Je ne savais pas si elle était vraiment ouverte au dialogue, ou si elle préférait le silence, mais si tant est qu'elle préfère rester muette, je ne vais tout de même pas rester planté là pour elle.

    Je lui propose donc:"- Mon père sait ô combien c'est angoissant de rester dans une pièce confinée et sombre trop longtemps. Ça te dit de prendre l'air un instant ?"

    Suite à ma question, je la vis se fermer sous mes yeux. Et d'un ton bien plus glaçant, elle me demanda en échange:"- ... Serait-ce un piège...?"

    "- N-non ! Pourquoi penses-tu ça ?"

    "- Peut-être parce que vous nous avez capturez, vous ne nous ligotez même pas, et vous avez comme simple sécurité anti-évasion un verrou sur une porte en bois. Je trouve ça... léger, comme restrictions. C'est tout..." finit-elle sur un ton plutôt froid, tout en soutenant mon regard avec cet air déterminé que je lui ai si souvent vu par le passé.

    "- ... Je n'ai aucun intérêt à ce que tu partes. Donc j'essaye de ne pas te donner de motif de fuite." dis-je d'instinct. Mais quel crétin ! Que va-t-elle penser de moi après ??

    "- ... Étrange. ... C'est effectivement un point de vue intéressant... mais peu commun." rétorqua-t-elle, en adoucissant son expression, le doute perçant toujours son cœur.

    "- Et puis, prendre soin de tout le monde, c'est aussi prendre soin de nos prisonnier, n'est-ce pas ?" renchéris-je avec un sourire timide. "Vous venez ?"

    La jeune fille se redressa en un geste après avoir demandé à Lunol de sortir de sa torpeur sans ne plus adresser un mot. Naya, quant à elle, retourna se placer sur ma main, et je retournai à la cuisine déposer le plateau avec encore une grande partie de la nourriture laissée de côté.

    Je sentais le regard pesant d'Ethelle me suivre à chaque instant. Elle s'était appuyée contre un mur, tout en m'observant le temps que je finisse de ranger. Puis, quand je revins vers elle, elle fit demi-tour vers l'accès à la place du village.

    Me postant à ses côtés, et accompagné de ce cher Lunol, je l'emmenai du côté de la plage. Là même où je me lamentais quelques instants auparavant. Dans un silence de mort, je la laissai prendre place sur la plage, et je fis en sorte de rester en retrait pour l'observer.

    Son regard plongea dans les vagues, et je me demandais à quoi pouvait-elle bien penser, ainsi adossée à un arbre, le regard rivé vers l'horizon. L'incarnation de l'enfant de la Lune, lui, s'était confortablement mis en boule à ses pieds, et fermait paisiblement les yeux. Moi-même, devant ce spectacle, je me retrouvais songeur, une fois de plus.

    ...Une brise légère, c'est bien agréable par ce temps. Dire que le monde menace de s'effondrer, et nous restons là, tranquillement plongés dans nos rêveries... Ethelle... Quel destin t'attend par-delà le temps...? Et s'il s'avère que tu es bien l'élue de Draniolon... se pourrait-il que je te perde à nouveau... comme à chaque fois...?

    Hm... Juste pour qu'enfin une fois, tout se passe bien, j'ai envie de prier. De prier Noylan, et la promesse de son éveil prochain pour que tu sois sauvée. Tu ne mérites pas de disparaître, contrairement à d'autres... comme moi."; Je soupirai à chaque pensée fataliste qui concernait cette fille.

    "- Dis-moi... Que sais-tu de tout ça...? ..." demandais-je maladroitement, avant de reprendre suite à une absence de réponse. "E-enfin... que sais-tu à propos des évènements récents qui nous frappent...?"; ... Silence... M'écoute-t-elle au moins ?

    "- ... Je n'ai rien à savoir. Ça ne me concerne pas... Si...?"; Mince... que dire ou que faire pour ne pas qu'elle se doute de quoi que ce soit...? Je suis coincé, nan...?

    "- ... j-je... hm..."; Je suis incapable de lui dire quoi que ce soit... Misérable ! Je suis pitoyable...

    "- ..."; Apparemment intriguée par mon silence, elle me jeta un regard franc du coin de l'œil, les mains dans le dos, les cheveux et bandelettes flottant sous la brise salée. J'étais sans voix. Je ne sais s'il s'agit d'une peur, ou d'une réaction à la vision enchanteresse devant moi... J'étais... charmé.

    "Hm..."; Émit-elle avant de replonger son regard vide vers la mer, détournant son attention de moi en apparence. "Tu sais... si tu as quelque chose sur le cœur, dis-le. Tu seras libéré de tes sombres pensées comme ça."

    "- ... J-je... je ne sais juste pas si..." hésitai-je.

    "- Si...?" insista-t-elle sans porter son regard vers moi pour autant.

    "- ... S'il est vraiment nécessaire que je t'en parle." hasardai-je, m'essayant une fois de plus au tact, en vain. Sans crier gare, elle se braqua alors instantanément.

    "- A ce moment-là, ne dis rien." fini-t-elle sur un ton dur à entendre pour moi.

    Quel violence dans ses mots... J'avais oublié le tranchant de sa médisance... Mais aussi, c'est quoi ces tentatives foireuses ?? Je fais n'importe quoi depuis tout à l'heure et... J'essaye... mais sans succès. Suis-je vraiment méprisable à ce point...? pensai-je, déprimé par ce coup de poignard.

     

    Puis, sans que je m'en aperçoive tout de suite, je perçus sa mélodieuse voix marmonner un air. C'était... le parfait reflet de ce que je ressentais, j'étais pétrifié. Une voix si harmonieuse qui interprète mon humeur en chanson sans même en savoir l'origine, je suis béa.

    Je la vois, je me concentre sur elle et sur rien d'autre. Elle ferme les yeux, et se laisse emporter par la musique, dans un air mélancolique mais magnifique. Comment résister...?

    Je me laissais emporter à mon tour par l'air d'Ethelle, fermant les yeux. Je ne sentais plus l'air frais autour de moi, ni même mon corps en contact avec la roche gelée. Elle captivait mon esprit, et s'emparait de toutes mes pensées. Comment fait-elle ?

    Je laissai malgré moi échapper quelques mots:"- Tu as une voix magnifique..."; Elle s'arrêta instantanément. Pourquoi ai-je parlé !? J'aurai mieux fait de me taire... Je rouvris les yeux, et je vis qu'elle m'observait d'un œil mauvais.

    "- ... Merci ? Je suppose..."

    Son regard transperçait mon âme de part en part. J'étais pétrifié... et je n'avais aucun moyen pour arrêter ça. Mais pourquoi arrêter après tout ?

    "Dis-moi..." reprit-elle, et pivotant légèrement vers moi pour me faire face.

    "- ...Hm...?"; continuai-je, pour lui faire signe de mon attention à son égard.

    "- Qui es-tu dans tout ça ?"; Son expression était neutre, et sa posture assez... simple. Bras croisés, pied droit contre l'arbre derrière elle, l'autre jambe tendue. La longue mèche blonde devant son œil gauche la rendait plus mystérieuse encore qu'elle ne l'était déjà. Était-ce dans une volonté d'être fui par les autres, ou juste un choix artistique ?

    "- Explique-toi..."; Suite à ma requête, elle soupira puis leva les yeux aux ciel.

    "- Et bien... Quel rôle joues-tu vraiment dans tout ça ? Pour dire les choses simplement, es-tu un ennemi, ou un allié ?"; Une fois sa phrase terminée, elle me toisa à nouveau, et son regard perçant me mis mal à l'aise. C'est vrai ça... Étais-je de son côté, ou pas du tout...?

    "- ... J'avoue que... tout dépendra des évènements à venir..."

    "- Comment ça ?" demanda-t-elle, visiblement étonnée. Son visage, sous le coup de la surprise était enfin à découvert, et ses yeux d'un brun profond appuyaient cette impression.

    "- Je suis ravi de voir que tu n'es pas si fermée..." dis-je pensivement. Me rendant vite compte de mon erreur, je me mis à regretter mes mots, et elle le comprit bien vite...

    "- ... Je... hm..."; Ethelle détourna le regard, et semblait embarrassée. A quoi pensai-t-elle ? Je donnerai tellement pour le savoir...

    "- A quoi tu penses ?" demandais-je, déterminé à obtenir ce que je voulais. Sur le coup, elle leva à nouveau les yeux vers moi une seconde, pour regarder une fois de plus le sable en se tenant le bras, la mine sombre. "Quelque chose ne va pas...?" continuais-je plus gentiment. L'avais-je blessée...?

    "- Non, ça va... Je repensai juste à... à..." balbutia-t-elle. Pourquoi semblait-elle si torturée ? Elle qui était si assurée tout à l'heure ! Pourquoi ce changement si soudain...? Puis, après un soupir, elle se redressa pour à nouveau me faire face, apparemment gêné. "T-tu dois me trouver tellement étrange... tu t'inquiètes pour moi, c'est ça ?"

    J'acquiesce d'un vague mouvement de tête. La voir si morose me torture, je ne comprends pas ce qu'elle vit, et ça m'agace ! Mais j'hésitais à le lui montrer. Si seulement je pouvais l'aider d'une quelconque manière... "- Je n'aime pas te voir si tris...-"; elle m'interrompt.

    "- Ne dis pas de bêtise... Ton visage trahit tes sentiments. Je ne suis pas certaine de bien saisir à quel jeu tu joues, mais... tu ne m'as pas l'air d'être le geôlier que tu t'es vu devenir ce matin même. Alors, pourquoi nous avoir capturé ? Pour cette histoire d'élu ?? Ou alors d'Adsis ? ... Et au fait, quel rapport entretiens-tu avec ce... dragon ?" rétorqua-t-elle. Certains de ses mots sonnaient faux venant d'elle, je savais qu'elle n'avait pas pleinement connaissance de ce à quoi renvoyait tout ce qu'elle disait... pourtant.

    "- ... Je ne peux rien te dire. Je ne sais moi-même pas ce qu'Adsis pourrait faire de toi, et encore moins si c'est vraiment toi qu'il recherche. Par contre, je peux te dire que oui, j'ai effectivement un lien avec Adsis. Sinon, pourquoi aurai-je prétendu t'avoir capturé pour t'amener à lui si je n'avais aucun moyen de le rejoindre ?" argumentais-je avec appréhension. Tout ne tenait qu'à la confiance qu'elle voulait bien m'accorder. Si elle ne veut pas de ma présence, elle profitera de cette excuse pour fuir, je le sais.

    "- ... Ça se tient..." se résigna-t-elle.

    "- C-comment ??"

    "- Je ne pense pas avoir dit quelque chose d'aberrant pourtant... Je dis juste que ton argument se tient." dit-elle placidement. Puis, elle se laissa glisser le long du tronc pour s'asseoir sur le sable frais, le vent de face. En tailleur, elle posa ses coudes sur ses genoux, et en courbant un peu le dos, elle vint poser son menton sur ses poings. Elle ferma les yeux, et après une grande respiration, elle me lança un regard assez... touchant. "Au fait... que sais-tu sur... Lunol ?";

    "- ... euh... P-pas grand chose en faite... Nous avons pour coutume dans le village de vénérer un esprit qui répond au nom de Lunol, et lors de ses apparitions pendant ses entretiens avec l'Oracle, il se présente sous la forme d'un chien de fumée... On nous rabâche les oreilles depuis des siècles que les esprits sont des âmes qui renferment un important pouvoir, et de nombreuses légendes font part de leurs apparitions sous forme physique peu commune, ou encore, de miracle dut à leur bonne grâce..." répondis-je.

    "- Et tu crois à ces mythes ?" poursuivit-elle.

    "- Non. Pas le moins du monde. Mais je ne saurai dire pourquoi j'en suis si persuadé, aux vues des nombreuses preuves qui auraient dû me convaincre du contraire..." finis-je froidement.

    "- Tu ne l'aimes pas, pas vrai...?" continua-t-elle cyniquement, avec un sourire narquois aux lèvres, et un regard qui renforçait le tout.

    "- ...Non. Comment le pourrais-je ? Il n'est même pas reconnu par les Dieux, alors dire qu'un esprit est à l'égal d'un Dieu, ça ne passe pas pour moi." répondis-je presque férocement. Ethelle se décomposa sous mes yeux. Clairement abasourdie par ma réponse, elle ne dit plus mot, et semblait me jauger des yeux. C'était presque plaisant de savoir que je l'intriguai. "A mon tour d'être mystérieux, hein ?"

    "- ...? ... J-je..." marmonna-t-elle rapidement. Son regard devint d'un coup faussement agacé. "Mystérieux, hein...? Tu te crois intéressant peut-être ?" rétorqua-t-elle d'un ton provocateur. ... Un point pour elle.

    "- Haha... peut-être, qui sait..." dis-je, pris de court.

    "- Bah toi ! Qui d'autre ?" dit-elle d'un air victorieux, avant de rire comme une enfant à une simple blague. Je souris à cette idée. Après tout, Ethelle aussi était un peu réservée et mystérieuse... mais elle, a ce petit truc en plus qui me fait sourire. D'ailleurs, j'y pense mais...

    "- Au fait, tu ne m'as même pas dis ton nom..." dis-je sans transitions. Elle sembla réfléchir une seconde, puis enchaîna avec ce même sourire moqueur.

    "- Pourquoi ? C'est nécessaire ?"; Elle se mit à rire plus vivement encore, et me regarda ensuite d'un œil attendrit. "Toi, c'est Oggas, c'est bien ça ?"; Choqué, j'en perdis mes mots. Elle avait retenu mon nom, alors que j'étais encore un inconnu pour elle ! J'étais... soufflé. Littéralement.

    "- ... J-j'ai du mal à croire que...-" balbutiais-je, mais elle m'interrompit pour finir ma phrase à ma place...

    "- J'ai retenu ton nom... Comme si c'était compliqué de retenir les rares noms que j'ai pu entendre aujourd'hui ! J'ai beau avoir des défauts de mémoire, je ne suis pas handicapée non plus !" souriait-elle, radieuse. Je ne pus retenir un rire suite à cette satire cynique.

    "- Tu ne réponds pas à la question..." ajoutai-je en me laissant tenter par son jeu.

    "- Haha, c'est vrai. Et c'est sûrement l'un de mes pires défauts vu le nombre de fois où on a dut me le faire remarquer !"

    "- A ce point, vraiment ?"; Elle acquiesça le sourire aux lèvres.

     

    Néanmoins, ce moment de complicité se finit assez brusquement. En effet, un violent cri résonna au large, et des explosions se mirent à résonner. Intrigués, nous cherchions l'origine de ces bruits, et il sembla qu'elle en trouva la source avant moi.

    "- Ça vient de là-bas. Attends... Qu'est-ce qu'il se passe ??" demanda-t-elle sur ses gardes. Elle s'était relevée d'un bond, et Lunol aussi par la même occasion. Naya, elle, était sortie de ma tête depuis trop longtemps pour que je sache si elle avait fuit pendant la conversation ou suite à l'intervention divine.

    "- Sûrement l'Alliance qui tente de retenir la bête... Et pour le coup je leur donne raison, si ça continu comme ça, à ce rythme-là, demain, Drania n'existe plus ! Donc si personne n'intervient, on court à notre perte..." dis-je d'un ton grave. Probablement surprise par mon discours, la jeune fille se retourna vers moi et me fusilla du regard. Je restai impassible... Pour une fois que ce n'était pas de ma faute !

    "- ... Vous avez tous l'air si serein... Pourtant, c'est bien un danger imminent là... Pourquoi sembles-tu si... détaché de ce qu'il se passe ?"

    "- Peut-être parce que je sais que certaines personnes vont ralentir la menace, jusqu'à la rendre complètement inoffensive. Pourquoi ? Ça te fais peur ?"; Je crois que je l'ai blessée, elle s'est énervée d'un coup, et ne dis plus rien à nouveau.

    Observant avec attention la scène, Ethelle se rapprocha un peu plus du rivage, accompagné par le clebs de tout à l'heure. Je pris sur moi sa réaction, j'aurai dû être plus fin... Je m'avance vers elle sans un bruit, elle ne remarque rien.

    Au loin, le combat est féroce. Tirs de glace et violentes ripostes de Draniolon face à l'assaut commun de l'Alliance. Même Yorys, Xyros, et Orysis - le trio qui se bat le moins du groupe - combattaient avec vélocité.

    Pour le coup, je remarquai l'absence de Phylasis, sûrement partit prévenir Dréleste... Et là-bas, Gimber venait d'arriver avec Adsis. Que complotaient-ils encore tout les deux...? Draniolon s'en sortait bien, et à lui tout seul, il combattait avec aisance et sans trop de difficultés, il réussit à maintenir le groupe à force égale, malgré l'infériorité en nombre de son côté.

    Devant moi, la jeune fille semblait vouer pour le dragon devenu obsidienne une certaine compassion. Elle voulait savoir ce qui le rongeait, et le rendait si violent. Peut-être se reconnait-elle en lui...? A moins qu'elle ne sente qu'un lien les unisse...? Peut-être.

    Les coups surpuissants des forces de la nature provoquaient des perturbations météorologiques, et de violentes bourrasques s'abattirent sur la berge pour nous frapper de plein fouet.

    Cette force, elle est pleine de haine... je le sens. A quel moment peut-on sombrer à ce point dans la folie, tout en gardant - j'en suis sûr - une part de bon sens...? Si je lui amène cette... fille, qui semble si similaire à Ethelle, peut-être aura-t-il une raison pour arrêter ce désastre...?

    Sans m'en être aperçut, la fille s'était retournée vers moi, et me toisait sévèrement. Encore en train de penser, je ne compris pas ce qu'elle me dit tout d'abord, et quand je saisi sur le fil ce qu'elle me dit, je n'en revins pas.

    "- ... Donc je vais te le dire... Je ne sais pas comment je m'appelle. Je ne sais même pas ce que je fais là, et je suis à la recherche de réponses... Tu penses pouvoir m'aider ?";

    "- Attends... T-t'aider ?? Mais pour faire quoi ??"; Visiblement agacée, elle se referma encore un peu plus, et d'un ton renfrogné, elle reprit...

    "- Pardonne-moi. Tu ne m'écoutais pas... Hm... Écoute. La seule chose que je te demande, c'est de m'aider à obtenir des réponses. Mais, à la seule condition que tu m'assures d'être de mon côté, et de ne pas retourner ta veste à la moindre complication. Compris ?"

    "- ... Et pourquoi t'aiderais-je ?" demandai-je naïvement.

    "- Tss... N'est-ce pas toi qui t'inquiétais pour moi il n'y a pas cinq minutes ?" rétorqua-t-elle, esquissant un faible sourire sarcastique.

    "- Haaa... On peut rien dire avec toi ! T'as vraiment l'art d'arranger les choses à ton avantage... je me trompe ?" répondis-je, défait par un manque cruel d'argument.

    "- Haha, j'en connais un qui ne sait pas dire non... C'est d'accord donc ?" finit-elle, déjà plus enthousiaste. Cependant, elle s'arrêta net, et se retourna brusquement vers le volcan et s'immobilisa visiblement à la recherche de quelque chose. En vain. Elle secoua la tête latéralement comme pour se convaincre qu'il n'y avait rien tout en se tournant vers moi de nouveau, et enchaîna. "Viens, allons-y.";

    Sans que je ne comprenne vraiment, elle se saisit de mon poignet et m'entraîna dans sa course. Lunol suivit le mouvement, sûrement par peur de la laisser seule. Mais, qu'est-ce qui avait attiré son attention là-haut ? C'est vrai que j'ai comme l'impression... d'être observé.

     

    Me faisant sortir de mes pensées, Naya nous rejoins à tire-d'ailes, sans que je ne comprenne pourquoi. En regardant tout autour de moi, je ne voyais personne dans le village. Où m'emmenait la fille ?? Que faisait-elle ? Pourquoi se rendre dans la forêt maintenant ?

    Il fera bientôt nuit, le danger n'est pas loin, mais que fait-elle...? ... Je... finalement, ce n'est pas si désagréable de se laisser guider... certes vers l'inconnu, avec une inconnue, mais ça reste agréable. Je sens sa délicate emprise autour de mon poignet.

    Ses bandelettes la ralentissent, le froid aussi sûrement. J'aurai bien la force de la freiner si je le voulais, mais je préférais que cet instant dure et reste gravé dans ma mémoire. C'était grisant... cela faisait tellement longtemps que je n'avais plus ressentit de chose similaire que ça m'arracherait le cœur que l'on interrompe cet instant.

     

    Ainsi, nous nous rendîmes en forêt, alors que le jour déclinait. Nous étions peut-être perdus, je ne reconnaissais pas ce coin. Peut-être le connaissait-elle...? Ou était-ce son instinct qui la guidait...?

    Je perdis la notion du temps, tout devenais flou à ses côtés, et je n'aurai pu dire combien de temps nous avions passé dans les bois, mais elle s'arrêta enfin de courir à l'approche d'un arbre au tronc gigantesque et à la cime indéterminable vu de sa base.

    Quand elle lâcha enfin mon bras, elle prit Lunol dans les siens, et se mit à gravir le tronc de branche en branche, tel une fille des bois. Une fois encore, j'étais impressionné par ses compétences. Forte et agile, elle gravissait l'arbre avec aisance, même avec le clébard sur son épaule.

    Je l'observais sans bouger, encore transi par l'instant d'avant. J'aurai pu rester des heures à la regardait ainsi faire, mais Naya me ramena à la réalité, une fois encore. La colombe frotta son corps frêle contre ma joue, et s'en alla se poser sur la deuxième branche en partant de la base du tronc pour m'inciter à la rejoindre.

    Je m'exécutai sans attendre. Une à une, je suivis le chemin tracé par Ethelle, et la rejoins après quelques minutes d'acharnement. J'avais beau m'être fait entrainer par père, j'étais toujours aussi doué pour l'escalade... c'est à dire, aussi gracieux qu'un Feather* de deux mois qui s'essaye à la tâche... Néanmoins, je parvins tout de même au bout du voyage.

    Une fois arrivé sur l'espace assez restreint que formait la séparation du tronc en branches, je trouvais Ethelle assoupie, Lunol une fois de plus endormis avec elle. C'était rageant de le voir si proche d'elle, mais je contins ma haine pour essayer de trouver le sommeil à mon tour. La nuit s'annonçait fraîche et mouvementée, malgré la distance prise avec les combats...

     

    J'espère que ça ira. Par contre, je ne sais toujours pas pourquoi elle m'a amené ici. Et tant qu'elle se repose, je ne me vois pas la réveiller pour une question si... évidente. Elle m'en parlera sûrement d'elle-même demain ! Enfin... si elle le veut bien.

    Je repensai ensuite à ces quelques moments passés il y a un siècle de cela avec l'autre Ethelle. Et surtout, la fin... quand elle était devenue d'une froideur sans nom envers tout le monde. Plus un sourire, plus la moindre gentillesse de sa part... elle renfermait en elle une force endormie qui n'aurait plus tarder à s'éveiller si nous n'avions rien fait.

    Dire qu'à ce moment-là, Draniolon était encore l'un des plus sages d'entre les Dieux... Tout ça parce qu'il ne craignait rien. Il en avait déjà perdu six avant elle, et jamais cela ne l'avait fait frémir. Il avait forcément tout prévu ! Mais quand la septième l'a laissé, là, il a moins fait le fier d'un seul coup... Quel hypocrite. Je suis sûr que s'il voit celle qui est devant moi, il ne sera même pas reconnaissant.

    J'hésite. Devrai-je plutôt la livrer à Adsis, comme il me l'a demandé, ou la laisser aux bons soins de Draniolon...? Et puis, n'y a-t-il pas une autre solution ?

    Je crois me souvenir d'une assemblée qui travaille sous la coupe de D.Univers quand Noloy en est incapable... Cela remonte à si longtemps maintenant... Peut-être la protégeront-ils mieux que moi ? Après... comment les contacter...? Là réside le problème. Je n'en ai pas les moyens...

    Je m'allongeai tranquillement sur une branche, et ferma les yeux tout en réfléchissant. Me confondant dans mes songes par la fatigue, je la laissai me gagner, enfin. J'attendais maintenant de voir demain.

     

    ---------------------------------------------------------------------------------------------

    *Voici ce à quoi ressemble un Feather


  • Commentaires

    1
    Dimanche 14 Janvier à 11:09

    J'ai pas trouvé beaucoup de fautes ici non plus x) :

    1 - "- Il s'est enfin décidé. Draniolon a commencé à devenir fou, et détruit tout sous le coup de la cplère.

    Serait-ce un nouveau mot ? xD

    2-T'as vraiment l'art d'arranger les choses à ton avantages

    Pas de –s x)

    Et ché tout ^^

    Je lirais la troisième partie un piti peu plus tard ^^'

      • Dimanche 14 Janvier à 11:21

        Ok, et bien merci de ton aide Fox*! Elles doivent faire partie des fautes de "re-correction" celles-là xD!

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