• *Nhyr et Laow

    Arrivera ici prochainement une histoire principalement dessinée, que je m'attèlerai à refaire en vidéo plus tard, dans une toute autre histoire, pour donner un "aperçu" de ce que pourrai devenir "le projet" L'Histoire de Draniolon dans quelques années par exemples... Vous l'aurez compris je pense, mais ici, vous trouverez prochainement une toute nouvelle histoire, dans un contexte tout autre, avec de nouveaux personnages, un scénar' tout neuf, et j'en passe et des meilleurs...

    *Nhyr et Laow

    "...  =3" Nhyr avait hâte que le récit de ses aventures vous soit conté.

    "... ^w^" L'être hybride semble satisfait que sa pensée profonde est pu vous être transmise.

    "... ?" Nhyr est étonné, cette dernière appellation l'a sûrement... choqué ? Interpelé ? Dérangé ?

    "... T_T" Je crois qu'il n'apprécie pas les énumérations d'adjectifs en tout genre...

    "... u_u" Il acquiesça, puis vous sourit de nouveau:"...^w^!"

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    Chapitre 2 - Nhyr, un être béni par l'Originel

     

    La nuit passa et l'insouciance semblait régner au-dessus des jeunes dragons et des deux frères de sang. Cependant, au sein de la Terre des Cieux, un long débat prenait place. Le dragon qui avait fait fuir Nhyr et Phyl lors de l'épreuve du Saut de l'Ange s'était enfin décidé, après de plus amples réflexions, à faire part de la proposition de Phyl au Conseil des Sages. Bien entendu, la question fait débat, et le père de Nhyr est le premier à voter contre.

    "- Jamais ! Vous m'entendez ? Jamais je ne laisserai mon fils unique perdre la vie, seul dans la forêt !! Ce... Phyl-là, ce petit être qui vous a ordonné une telle bêtise mériterait de faire parti des Déchus, comme tous les autres ! Alors pourquoi avoir laissé passer ça, Sayrhi !?"

    « En tant que humble professeur de l'Assemblée des Étoiles et membre tierce de ce Conseil d'Administration, je m'estime raisonnable de prendre les décisions qui concernent votre fils. Ainsi, malgré votre statut de Sage, Waros, vous n'êtes pas seul à prendre les mesures qui nous concernent tous.

    Ensuite, sachez que Nhyr est grandement attaché à Phyl, et de ce que j'en ai vu, ils étaient prêts à se protéger l'un l'autre. Vous serez sûrement ravi d'apprendre que je ne me fais pas de souci quant à leur survie commune.

    Hélas, Phyl a voulu prendre cette décision pour retarder la guerre qui s'annonce. Nous avons reçu également les dernières nouvelles de nos émissaires en dernière année, et La Meute du Silence se rassemblerait de plus en plus souvent. Le ton risque de monter bientôt si nous n'agissons pas vite ! »

    "- Ah! Cessez donc tout ceci ! Écoutez-moi, toi aussi Waros, Sayrhi. En tant que stratège, nous nous devons de faire avec les moyens à notre disposition. Cette opportunité sera la clé ! Il ne faut pas qu'on la laisse nous échapper." argumenta la mère de Nhyr.

    "- Armys... Tu ne t'inquiètes donc pas pour Nhyr ?" demanda Waros, d'une voix suppliante. "Notre fils et son ami pourraient bien ne pas suffire... Ils ne sont pas de la chair à canon !"

    "- C'est pourtant dans ce but que l'Assemblée des Étoiles a été constituée tu te rappelles ? « Faire de nos enfants de vaillants soldats prêt à défendre nos terres » ; voilà la promesse qui nous a été donné de croire. Aujourd'hui, ils doivent faire leurs preuves. La guerre est pour bientôt, il faut être prêt." finit Armys, malgré tout soucieuse de la santé de Nhyr.

    « Combien sont pour, et combien contre ? »

    Le vote parlait de lui-même. Les anciens préféraient largement protéger le plus de vies possibles et retarder la guerre à moindre mesure plutôt que de se soucier de la vie de deux jeunes êtres. Sur la quinzaine de sages et la dizaine de stratèges présents lors de cette Assemblée, seul Waros pensait à la santé de son fils. Même la mère du petit, Armys, avait fait le choix de faire confiance en son enfant pour l'aider, elle et ses troupes, à gagner la guerre.

    Au petit matin, Sayrhi trouva un oiseau assez dégourdi pour retrouver le duo dans la forêt sombre et profonde de la Terre des Ombres. Un message manuscrit placé dans le sac à dos de celui-ci, l'animal prit son envol dans la lueur de l'aube. Il faisait encore sombre dans la forêt de feuilles rouges, mais l'oiseau nocturne n'eut aucun mal à s'orienter. Méthodique, il suivit le sentier et après quelques très longues minutes, il aperçut enfin au cœur des arbres vêtus d'automne, une clairière où des sapins trônaient en rois. Il survola le socle de pierre, et remarqua les silhouettes proches de quelques individus. Alors sûr de sa découverte, le hibou à présent fatigué alla se poser sur la cime de l'arbre sous lequel le petit groupe s'était assoupi.

                                                                            ***

    Plongé dans un sommeil profond, Nhyr rêvait de ses anciens souvenirs... Il songeait à son "chez-lui", cette petite île dans le ciel, couverte d'une végétation certes banale, mais abondante. Ces quelques grands arbres qui menaient à l'entrée d'une grotte douillette où il habitait avec ses parents pendant ses premiers mois. Ses parents n'étaient que très rarement là tous les deux en même temps, et il arrivait souvent que le jeune griffon s'endorme avec l'un d'eux et se retrouve avec l'autre au réveil.

    Il repensait à leur apparence. Sa mère était d'une grande beauté selon lui : elle avait de grandes plumes qui lui courait le long du cou et deux fines queues agrandissaient sa silhouette élégante. Cinq griffes pour les pattes avant réparties comme les siennes : trois devants et deux derrières ; pour trois griffes aux pattes arrières : deux devants et une derrière. A ce niveau-là, on peut dire qu'il tenait surtout d'elle. Il ne connaissait pas vraiment leur nom, il s'en souvenait à peine. Mais il avait une technique pour s'en souvenir : sa mère était stratège, elle dirigeait vaillamment les armées vers la victoire. Armys. Tandis que son père était un grand sage qui avait vécu lui-aussi cette première guerre. Ses cicatrices sur son front sont une preuve de son courage, Waros est un ancien commandant de guerre.

    Pour sa part, Waros avait légué à son fils ses cornes. Une paire trônait fièrement au sommet de son crâne, formant une sorte de "S" quand on les regardait de face. Les deux autres duos qui sortaient de ses joues se recourbaient davantage vers l'avant. Cependant, Nhyr ne se rappelait plus vraiment de chaque détails. Son souvenir devenait flou. Il se souvenait juste des immenses ailes de son père, du symbole sous ses yeux d'un bleu luisant, prouvant qu'il provenait bien du pouvoir de Noylan, mais aussi, d'une espèce de tracé immaculé de blanc qui partait de sa mâchoire, en passant par sa gorge, et qui se finissait vers la queue du géant aux écailles rouges et noires partout sur le reste de son corps.

    Chapitre 2

    En y repensant, Nhyr se souvenait des symboles sous les yeux délicats qu'étaient ceux de sa tendre mère. Ils ressortaient non seulement à cause de leurs couleurs rouges-orangées, mais aussi par leurs iris blanches. Quand il essayait de se remémorer la couleur de son plumage, un doute le prenait. Peut-être était-ce une sorte de jaune-beige, peut-être cela tenait-il plus d'une couleur dorée ? Il ne savait plus. Puis, son souvenir dévia, son rêve reprenait peu à peu le dessus. Il chercha à mettre le doigt dans son esprit sur la forme des ailes de sa mère. Des ailes pareilles, on ne les inventes pas... se disait-il. Quand il s'en souvint enfin, il en vit enfin le véritable portrait. Ses ailes avaient l'apparence et la douceur des aigrettes qui encadraient le haut de sa tête. D'une teinte passant du blanc sur la longueur à l'or sur les pointes, il se rappelait voir de petites perles rouges sur le bout de celles-ci, créant ainsi une sorte de grande voûte tout autour d'elle.

    Chapitre 2

     

    Son bec fin laissa lentement place dans l'esprit du jeune griffon, à un museau de dragon tandis qu'un cristal prit place sur le front de la silhouette. Les longues plumes de son torse rapetissaient, et certaines changèrent même de sens, pointant à présent vers le ciel. Un cristal sur son torse fut mis au jour, tandis que les aigrettes de sa tête laissèrent place à quelque chose de plus similaire à ses ailes, avec cette même perle rouge qui apparut soudain.

    Cette transformation n'était pas réelle, c'était le fruit de son imagination... pourtant, tout cela se déroulait sous ses yeux. Ce n'était plus sa mère devant lui, mais quelqu'un d'autre... un être plus divin. Des rayures comme celle des tigres apparurent tout le long de son corps, trois anneaux de métal gris s'accrochèrent à son cou qui s'étendait de plus en plus. Les marques sous ses yeux disparurent complètement, et ses yeux devinrent unis d'un perçant jaune-orangé.

    D'autres anneaux de métal s'accrochèrent sur chacune de ses pattes tandis que d'autres parties virent pousser ce qui ressemblait à ces divines aigrettes serties de perles de rubis, comme derrière ses coudes ou ses genoux, ainsi que tout le long de sa nuque. Les deux queues séparées s'unifièrent en une seule, et le duvet de celles-ci se décalèrent tout au bout de l'unique et élégante excroissance rectiligne. Cette dernière aigrette formait une sorte de palme d'un blanc magnifique et immaculé.

    Qui était cet individu, s'étonna Nhyr. Puis, l'être suprême lui adressa quelques mots.

    Chapitre 2

     

    "- Toi... Jeune être emplit de courage... Je lis en toi tes craintes et tes fiertés... Avec ton ami, je vous accorde ma confiance. Je te confie la protection de ces terres sacrées... Gardes-les loin des ingrats qui oseraient la détruire ou se l'approprier... Cependant..."

    "- Qui... Qui êtes-vous ?"

    "- Tu ne me reconnais pas...? Si je te montre ceci, sauras-tu le deviner ?"

    L'être divin fit alors apparaitre comme par magie cinq orbes... Des orbes desquelles semble émaner une puissance incommensurable... Elles luisaient toutes d'une couleur noire et violacée qu'il semblait reconnaître. Un endroit lui vient alors en tête, puis les mots de son ami... Les Orbes de Néant, c'étaient elles ! pensa-t-il, choqué par sa découverte.

    "- Je vois que tu sembles comprendre... Je suis l'Originel, mais appelle-moi Noylan. Tu dois sûrement te demander pourquoi je me sers de tes rêves pour communiquer... je me trompe ?"

    "- Que me voulez-vous...? Je ne suis pas sûr de comprendre..." demanda Nhyr, un peu perdu.

    "- Comme tu le sais, un conflit de taille se prépare en silence. J'ai créé ces terres avec mes camarades, je tiens à ce qu'elles restent intactes... et pour se faire, j'ai besoin de braves héros comme toi. Tu tiendras une part importante dans le prochain conflit... Rend ton peuple fier, devient une légende, et je ferais en sorte de garder ton âme sauve..." affirma le dragon suprême en avançant de quelques pas. Il tend une main vers lui, un sourire chaleureux aux lèvres. "Acceptes-tu ton destin ?"

    Interdit, Nhyr ne savait quoi penser. Moi ? une légende ? je suis trop jeune, pensa-t-il peu sûr de lui-même.

    "N'aie crainte. L'âge ne fait ni la force, ni la foi... Ma bénédiction te donnera la puissance nécessaire pour faire face à ce combat qui marquera l'histoire. Tu es né pour défendre ce monde, Nhyr... combat à mes côtés..."

                                                                   ***

    Le hibou, perché sur son sapin, pouvait entendre quelqu'un s'agiter au pied de son arbre. Il était encore en train de récupérer de son long vol du matin-même. Le soleil se levait lentement sur la clairière orangée à cette heure de la journée. Personne n'était encore réveillé parmi le groupe d'amis, et rien ne semblait pouvoir troubler le sommeil de trois d'entre eux. Pourtant, la boule jaune murmurait des paroles qui semblaient être des questions. Il s'agitait un peu, prit d'un doute insoutenable. Puis, un petit cri étouffé, les sens en alerte, et voilà Nhyr réveillé en sursaut, haletant. Qu'est-ce que c'était que ça !? se dit-il tout bas, encore sous le coup de l'émotion.

    Pour reprendre contenance, Nhyr choisit de marcher un peu. Mais, à peine fit-il quelques pas qu'un étrange hululement vint perturber ses pensées. Il s'arrêta net, et observa avec précaution les alentours. Les cris du hibou n'arrêtaient pas, ils étaient aussi légers qu'un murmure, mais par ce silence, on ne percevait que ça. Le jeune griffon leva alors la tête au ciel, et trouva perché haut sur le sapin sous lequel il avait dormi, l'origine de ces soufflements presque effrayants. Le rapace nocturne daigna alors le rejoindre sans ne plus faire un bruit. Il donnait l'impression de glisser sur le vent. L'animal paraissait très jeune lui aussi. Le hibou posa pattes à terre puis se mit à sautiller vers la boule jaune avant de lever l'aile pour attraper le message soigneusement placé dans son sac avant de le lui tendre.

    Intrigué, Nhyr n'osa d'abord pas prendre le mot car il se demandait s'il s'agissait encore d'un rêve, ou d'une mauvaise blague que lui jouait son esprit anesthésié par la nuit. Après quelques longues secondes, il s'empara enfin avec une certaine douceur du bout de papier. Il l'ouvrit à plat sur le sol, et en lu le contenu. Il n'en crut pas ses yeux.

     

    « Si tu lis ce message, c'est qu'il t'est parvenu en main propre. Nhyr, c'est moi, ton père qui écrit ce message. En temps normal, Sayrhi, ton professeur, s'en serait chargé mais... j'avais bien trop à te dire.

    Nhyr, en tant que père, j'étais contre l'idée déraisonnable de ton ami. Et à ce titre, j'ai refusé sa proposition pendant l'Assemblée qui s'est tenue dernièrement, parce que je tiens à toi, mon grand. Depuis combien de temps ne t'a-t-on plus vu ailleurs que chez nous, en train de dormir ? Pas que tu es paresseux, bien au contraire... tu disparais toujours pendant ton temps libre avec ton ami. Et j'en suis très heureux pour toi.

    On m'a rapporté que vous étiez comme des frères, de vrais inséparables tous les deux ! Si tu savais comme je suis fier de toi, mon grand. Tu n'es plus la petite boule jaune à papa... Non, loin de là. Je ne sais pas ce qu'en pense ta mère, elle me donne parfois l'impression qu'elle fait passer ses devoirs avant sa famille, mais sache tout de même qu'au fond d'elle, elle t'aime et tient à toi si fort...

     

    Mon fils, j'ai tant de choses à te dire, mais je n'ai hélas pas la place de tout mettre... Alors je vais passer à l'essentiel.

    Le hibou qui t'a porté ce message sera notre intermédiaire. Il se nomme Laow. (Le jeu de mot n'est pas de moi, rassure-toi...) Ce petit être sera un précieux allié. Il te permettra de nous envoyer tes rapports de missions sur le terrain, nous transmettre l'évolution de la situation avec la Meute du Silence qui conspire dans le secret, et enfin, de me parler si ça ne va pas... Je suis ton père avant d'être un sage, rappelles t'en toujours. Je suis là pour toi, d'accord ?

    Ensuite, saches que la haine qui anime les êtres que tu vas côtoyer pendant quelques temps est ancrée dans leur vie. La dernière bataille à laquelle nous avons été confronté a fait de nombreuses victimes, et beaucoup ont été dégradé de Membres de la Terre des Aigles à un statut de déchu, condamné à vivre sur ces terres impitoyables.

    Connaissant les faits récents te concernant, ton courage pour avoir tenu devant Sayrhi un discours comme le tien, et ta décision quand à ta détermination à aider ces êtres qui, pour la plupart, ont sombré avec d'autres membres de leur famille qui eux n'étaient pas en tort, contrairement à ceux-là, je me dis que j'ai de quoi être fier. Mon fils se bat pour la justice, comme nous. Mais nous, nous sommes obligés de subir l'accord d'Assemblées... qui, semble-t-il, n'y comprennent pas toujours grand chose à la valeur d'une vie.

     

    J'ai confiance en toi, mon grand... Mon fils... dire que j'ai l'impression de ne pas t'avoir vu grandir... Tu es encore si jeune, et tu pars presque seul et sans expérience concrète te faire la main sur le terrain. Je prie tous les jours Noylan pour qu'il ne t'arrive rien de grave, et que tu vives de grandes choses. Je ne serai pas surpris de le voir apparaître dans mes rêves bientôt, haha !

    Au fait, si jamais cela t'arrive, sache qu'il s'agit vraiment de l'Originel en personne. Ne doute pas de ses paroles, c'est quelqu'un en qui tu peux avoir confiance. Comme toi, il est droit et son seul désir est de sauver ce monde et sa vie dans toutes ses formes. Il n'a aucun intérêt à voir une guerre se produire une fois de plus... mais celle-ci sera peut-être inévitable. Je compte sur toi pour nous aider à retarder ces scélérats qui ne désirent que destruction. De notre côté, nous ferons notre maximum pour éviter les effusions de sang.

    Tu n'es pas seul dans ce combat, et tu nous mèneras tous vers la victoire, Nhyr. Fais-toi autant d'alliés que possible là où tu es, nous sommes avec toi.

     

    Waros, ancien commandant de l'armée de la Terre des Aigles, et père qui te souhaite de vivre cette expérience dans les meilleures conditions possibles.

    PS : Laow a beau être jeune, c'est un excellent facteur même s'il pourrait aussi t'être utile pour d'autres choses... (comme l'espionnage par exemple). Sinon, écrit-moi autant que tu veux, je serai toujours toute-ouïe. »

     

    Nhyr était bouleversé. Il n'avait jamais entendu son père lui accorder autant d'affection, ils ne s'étaient jamais dit qu'ils s'aimaient l'un et l'autre. Sa mère avait beau le lui dire par le regard, aucun mot n'avait jusqu'à lors été posé pour qualifier la nature de leurs relations. Le jeune griffon ne pouvait retenir ses larmes face aux espoirs, aux doutes et aux aveux de son père qu'il pouvait deviner en peine par son absence prématurée. Pourtant, Waros était fier de lui... peut-être Armys l'était aussi ? Il aimerait à cet instant revoir sa mère et son père, oublier tous ces enjeux pour quelques heures et vivre ensemble, tout simplement. Profiter de l'insouciance d'une vie ordinaire, dans la paix et l'amour familial. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait plus senti cela...

    Puis, il repensa à son rêve cette nuit. Il ruminait ce qu'il avait vu. Sa mère, Armys, avait peu à peu laissé place à Noylan, l'être Originel. Et ce dieu vivant qui lui était apparut dans ses rêves lui a clairement signifié de croire en ses capacités, en plus de lui accorder sa confiance et sa bénédiction. Nhyr était presque sûr que s'il parlait de ça à qui que ce soit, même à son ami, il ne serait pris au sérieux par personne. Enfin, personne excepté son propre père qui aurait lui aussi eut des apparitions de Noylan. Il ne savait pas encore si c'était une bonne idée d'en parler par message, mais comme personne d'autre que lui n'était encore levé, il avait un peu de temps devant lui...

     

    Pendant le temps où Nhyr réfléchissait sans prêter attention au reste du monde, Laow s'empara du bout du bec d'un papier et d'un bâtonnet de carbone qui servait aux créatures sans doigts alors incapables de tenir un simple crayon, d'écrire malgré tout. Le hibou plaça le matériel au sol et reprit la lettre de Waros en la roulant aussi délicatement que la première fois du bout de ses ailes habiles.

    "- Hou ! Voilà de quoi écrire, cher Nhyr !"

    "- Ah ! Q-qui ?? Qui parle ?" lança Nhyr, surpris d'entendre autre chose que le hululement du rapace nocturne.

    "- Hou ! Laow, monsieur. Voulez-vous laisser quelque chose à votre père ?"

    Nhyr replongea dans ses pensées un court instant, avant de reprendre:

    "- Oui... je crois que je vais lui répondre..."

    "- Alors voici pour vous. Prenez-en tant qu'il vous en faut, hou ! Je ferai au plus vite pour retourner lui porter votre message." l'oiseau indiqua le matériel qu'il avait préalablement posé au sol du bout de l'aile.

    "- ...Laow, c'est bien ça ?"

    "- Oui, monsieur. Tout à fait cela, hou !" répondit le hibou avec respect.

    "- Appelle-moi simplement Nhyr je te prie. Je suis encore trop jeune pour mériter le titre de... "monsieur". Et puis, on risque de passer un certain temps ensemble tous les deux, donc autant être familier l'un envers l'autre... Tu ne penses pas ?"

    "- Comme vous voudrez, Nhyr. Je suis là pour vous aider, donc n'hésitez pas si vous avez besoin de quoi que ce soit..."

    Le griffon doré sous la lumière ascendante du jour saisit le bâtonnet de carbone du bout du bec, et plaça le bout de papier entre ses pattes. Une fois bien positionné pour rédiger, il se mit à réfléchir au contenu de sa lettre. Au fil de la plume, l'être hybride organisa ses idées comme elles lui venaient. Il parla de l'émotion qu'il avait ressentit en lisant la lettre, de ses impressions, de ses joies, de ses peines, de ses doutes, et enfin...du rêve qu'il avait fait et qui lui parut si étrange. Il en profita pour lui demander son avis sur la proposition, et sa position actuelle face à celle-ci. Il n'avait aucune raison de refuser le destin que lui avait choisit un dieu, si c'était pour défendre une cause juste.

    "- ...Fini ! Voilà pour toi, Laow. Ne te presse pas en chemin, je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit en route, donc fait attention d'accord ?" dit Nhyr, un peu inquiet pour le frêle volatile.

    "- Ne vous inquiétez pas, Nhyr. Je ferai plus attention que d'habitude parce que vous me le demandez, mais je sais qu'il ne m'arrivera rien. J'ai tendance à ne voyager que par des endroits où je peux me camoufler si danger il y a. Donc votre message arrivera à destination ce soir, je vous le promets."

    "- Merci beaucoup, Laow."

    Le hibou récupéra le bâtonnet de carbone et le plaça dans une poche avant de ranger le message dans ce même sac qu'il avait dans le dos. C'était un peu disproportionné vu sa petite taille, mais il restait ajusté à sa corpulence. Le jeune oiseau de proie s'apprêtait alors à se mettre en route, mais Nhyr l'interpela.

    "- Tu pars déjà ?"

    "- Oui, dit-il en se retournant. Si je pars maintenant, je pourrai faire escale à mi-chemin afin de me reposer, et je repartirai une fois remis sur pattes pour rejoindre les îles les plus hautes."

    "- ... Tu as souvent fait ce type de voyages ?" interrogea Nhyr, se posant des milliers de questions sur son compte.

    "- Disons que du peu que j'ai pu en faire, c'est la deuxième fois que je me rends par ici. La dernière fois, j'étais épuisé alors que j'essayais d'atteindre d'une seule traite les îles après avoir volé pendant plusieurs heures. Bien sûr, j'ai dû renoncer et trouver un endroit pour me remettre avant de retenter la montée. Depuis, j'ai retenu la leçon, et je pars tôt pour avoir plus de marge de manœuvre sur le plan de la fatigue, vous comprenez ?"

    "- ...J'ai aussi remarqué que... tu ne hulules plus depuis tout à l'heure."

    "- Ah ? J-je... Je n'avais pas fait attention, désolé. J'ai l'étrange habitude d'émettre ces petits cris la nuit, quand je cherche à alerter ou juste quand je me sens à l'aise. Mais maintenant que le jour est levé, ça a dû s'arrêter tout seul..."

    "- ...Je... vois..." dit Nhyr, perplexe face à ses explications alambiquées. "Tu as de la route à faire... je ne te retiens pas plus longtemps."

    "- Pour ma part, ce fut un plaisir de vous rencontrer, Nhyr. Je m'en vais de ce pas délivrer votre message à votre père. Attendez-vous à me revoir d'ici demain, dans la soirée."

    "- ... Il sera peut-être déjà trop tard..." murmure Nhyr, pensif.

     

    Intrigué, Laow lui lança un regard inquisiteur, puis abandonna l'idée de comprendre le sens de ces mots. Et à peine s'élança-t-il dans le ciel que Phyl vint rejoindre Nhyr, encore concentré sur le petit messager.

    "- Bonjour Nhyr. C'était qui ça ?"

    "- ...Un ami."

    Nhyr ne savait que dire de plus à son sujet sans éveiller plus de questions chez lui. Cependant, Phyl savait pertinemment qu'il n'avait que lui pour connaissance parmi les plus jeunes de leur terre natale, et encore moins parmi les autres espèces. Mais, ne voulant pas importuner son ami, il préféra ne pas lui poser de questions.

     

    "- Yo ! Comment vous allez ce matin ?" demanda Tyhor, d'une apparente bonne humeur.

    "- Bonjour, bien dormi ?" demanda à son tour Hamel, qui avait l'air d'être plus heureux qu'hier.

    "- On ne peut mieux... Et toi Nhyr ?" renchérit Phyl.

    "- ...Sans plus." lâcha Nhyr, encore à moitié plongé dans ses pensées.

    Les trois autres se regardent tous, s'interrogeant l'un l'autre sur la cause de son état, mais personne n'avait les moyens d'y répondre en l'état.

    "- Tu sais Nhyr, si ça va pas, on peut t'aider tu sais ?"

    "- ... Tu es la troisième personne qui me dit ça aujourd'hui... Mais merci Hamel, ça ira." poursuivit Nhyr, les yeux dans le vague. Puis, il se secoua un coup pour reprendre contenance avant d'afficher son plus grand sourire. "Bon, on se met en route ? Il ne faudrait pas que l'on prenne du retard sur nos objectifs. Vous venez ?"

    Phyl, Hamel et Tyhor se jetèrent des regards interloquées devant l'étrange comportement de Nhyr, mais ils se décidèrent malgré tout à le suivre sans poser de questions.

     

    "- Aujourd'hui, on doit se rendre près du Pic de Roche. C'est un complexe organisé où se retrouvent la plupart des gens comme nous" commença Hamel. "C'est une sorte de squat si on veut, mais on devrait trouver pas mal d’adhérents à vos idées là-bas."

    "- Oui, Zyn n'y va jamais par peur de la foule d'après lui, mais on sait tous que tous ceux qui vivent au Pic de Roche renient ceux de la Meute du Silence." renchérit Tyhor. "J'ai d'ailleurs quelques connaissances que je n'ai plus vu depuis des années qui traînent avec leurs familles. Ils peuvent paraître assez sinistre d'aspect, mais ils sont très chaleureux, ne vous en faîtes pas."

    "- Sinistre ? Pourquoi sinistre ?" demanda Phyl, un peu inquiet.

    "- La guerre a causé des blessures que même le temps ne sait refermer. Leur apparence bestiale est dû à leurs cicatrices, et ils seront toujours un peu sur la défensive tant qu'ils ne savent pas vraiment qui vous êtes." répondit Hamel, d'une voix grave.

    "- M'enfin, l'apparence ne fait pas tout !" s'exclama Nhyr, sûr de lui. "Je suis sûr que ce n'est qu'une façade. Ils doivent probablement se servir de la méfiance comme d'une sécurité face à la Meute du Silence, vous ne pensez pas ?"

    "- Si, forcément d'ailleurs. C'est cette colonne de pierre là-bas, derrière la forêt." indiqua Tyhor.

    "- Elle a un nom officiel cette forêt pour le moins... particulière ?"

    "- Oui. Son étrange feuillage rouge lui a valut de nombreux surnoms bien sûr, mais l'officiel reste inévitablement celui du Bois Dakalis. Mais qui était Dakalis me demanderez-vous..." annonça Hamel.

    "- Laisse-moi leur raconter frangin. Dakalis était le fier combattant du peuple vivant sur ces terres autrefois. Faisant parti de ceux que l'on nomme encore aujourd'hui les "originels", à cause de leur naissance dû aux pouvoirs directs de l'être Originel, Dakalis a vaillamment combattu pendant la guerre. Il était respecté de tous, et avait des mœurs qui prônaient la paix entre les peuples. Ce fut d'ailleurs le premier à refuser la guerre, mais une fois engagée pour de bon, il se battit sans faillir pour nous tous. Nous menons le même combat que lui aujourd'hui, les amis !" commença Tyhor, enthousiaste.

    "- Oui, un brave type et un meneur digne de nous gouverner. Hélas... il est mort ici, dans cette forêt où se déroula le conflit destructeur qui prit place il y a de ça quelques décennies. Il ne fut pas le premier à verser son sang, loin de là, mais sa mort marqua la fin du chaos. C'est Konrhad, l'ancien grand commandant de l'armée de la Terre des Aigles, et son allié des Terres Abyssales, Loyd, le second de l'Assemblée du Torrent, qui ont achevé ensemble la vie de ce brave guerrier." poursuivit Hamel. "Ces deux-là, je ne les porte pas vraiment dans mon cœur. S'ils avaient choisi, avec leurs sous-fifres surnommés "sages", d'accorder un peu de leurs terres à notre peuple, nous n'en serions pas là maintenant." finit-il, grave.

    "- Mais... A quoi ressemblait Dakalis ?" demanda Phyl, captivé par cette figure de héros.

    "- Ça, je ne sais pas. Il faudrait demander aux anciens qui résident toujours au Pic de Roche... Eux, ils l'ont connus, ils seront bien plus à même de répondre à vos questions si le sujet vous intéresse."

    "...Le Bois Dakalis, hein...? Lui, c'était un héros, à présent devenu légende... C'est donc ça, Noylan ? C'est à quelqu'un comme lui que je dois ressembler...?" pensa Nhyr, perturbé par ses nombreuses pensées.

    "- Nous y voilà ! L'entrée du complexe est juste devant nous... Restez bien calmes et groupés. Nous devons leur montrer que nous sommes ici en paix." affirma Hamel, rassurant.

                                                                            ***

    De son côté, Laow poursuivait tranquillement sa route à travers cette forêt rougeoyante. Il n'avait fait aucune mauvaise rencontre en chemin jusqu'à présent, et pouvait désormais apercevoir clairement sa destination finale.

    "Je ferai peut-être mieux de trouver un endroit où me poser... Si je continue comme ça, je vais m'évanouir au-dessus de l'eau... Un si grand soleil dès le matin, avec une chaleur pareille en vol intense au-dessus d'océans infinis... j'ai toutes les chances d'être perdu à jamais. Là ! oui, là. Ce serait pas trop mal..." se murmura-t-il machinalement avant de rejoindre l'endroit indiqué.

    Une fois installé, il alla fouiller dans son sac pour prendre un peu des rations qu'il avait pris soin d'emporter avec lui. Il sortit donc un bâtonnet plein de graines nutritives, accompagné d'un petit bout de viande qu'il avait réussi à grappiller en chemin.

    En prenant le temps de manger sa pitance, il repensa à ce matin : "Nhyr... Quel étrange jeune griffon. Hm... J'y repense, mais qu'a bien pu lui écrire son père pour qu'il soit si ému...? Et qu'a-t-il bien pu lui répondre...? Non, je n'ai pas le droit de regarder... ce ne serait pas juste de m'occuper de ce qui ne me regarde pas... Enfin... après, personne n'en saura rien et... j'ai les deux lettres avec moi... Un peu de lecture pour passer le temps... ça peut passer non ?"

     

    Le petit hibou hésitait énormément. Personne ne lui avait jamais précisé qu'il n'avait pas vraiment le droit de lire les lettres qu'il transportait, pourtant son esprit innocent lui dictait de ne pas céder. Pourtant, la curiosité était trop forte, et puis... il n'avait rien de mieux à faire. Alors, il sortit tout d'abord la lettre de Waros.

    "... Hm... Sayrhi ? C'est lui qui aurait dû s'en charger ? ... Ah, cette nostalgie me donnerait presque la larme à l’œil... Et cette amitié dont il parle... elle a l'air si parfaite... J'aimerai tellement avoir des amis moi aussi... Si seulement... on ne m'avait pas arraché du nid de mes parents... Et pour faire quoi hein ? Un vulgaire facteur ? ...

    Hein ? Comment ça mon nom est un jeu de mot ?? Et puis quoi encore, dit-il offusqué. ... Mais... que... C'est quoi cette histoire ? Une guerre ? La Meute du Silence ? Et le conflit qui se prépare en secret...? Pourquoi je ne suis au courant de rien !? Pourquoi....? Je... pleure...? Ses mots... ont tellement d'impact... Non, non... il faut que je me ressaisisse, allez, arrête de pleurer Laow, soit fort ! ...

    Ah ! Il me fend le cœur avec sa nostalgie, cet amour parental... Je n'arrive plus à retenir mes larmes... Waros... je ne te pensais pas un cœur si attentionné pour ton fils... Je comprends mieux ses états d'âmes de ce matin à présent... Il a simplement... trouvé les mots justes ? Hein ? Pourquoi... fait-il mention de l'Originel ? Il... rêve de lui ? Vraiment de LUI ??? Mai-mai-mais....? Est-ce seulement possible...? ... Quoique... Nhyr semblait d'autant plus intrigué par la fin...

    ...Hou ! ...Hou !! J-je-je... je n'en crois pas mes yeux... J'arrive plus à lire avec toute cette eau qui brouille ma vue... Waros... W-Waros... Merci. Merci beaucoup, ça me va droit au cœur..."

     

    Laow était plus chamboulé encore que Nhyr devant ce même texte. Le petit oiseau qui se pensait oublié, laissé de côté dans le cœur des gens qu'il côtoyait tous les jours, venait de réaliser qu'il existait bien des individus qui le considéraient pour ce qu'il était vraiment, et ce qu'il était capable de faire. Flatté, les yeux humides, le jeune hibou roula la lettre une nouvelle fois sur elle-même avant se s'affaler contre le tronc sur lequel il était adossé, la lettre serrée tout contre lui. Perché du haut de sa branche, il regardait le ciel la tête pleine de milles pensées. Lui aussi avait ce sentiment particulier et pourtant si agréable qui lui réchauffait le cœur pour la première fois... l'espoir d'être aimé.

    Bercé par l'allégresse et le bonheur, Laow laissa son esprit rejoindre lentement les bras de Morphée. Il passa quelques heures encore ici, à dormir et reprendre des forces.

                                                                            ***

    Le petit groupe se trouvait enfin à l'endroit tant désiré. Les choses devaient se dérouler selon le plan établit la veille : Tyhor partait devant pour reprendre contact avec d'anciennes connaissances tandis que Hamel se chargeait de faire visiter à Nhyr et Phyl l'endroit, en plus de leur expliquer l'origine de ce lieu sacré pour ce peuple.

    "- Tout d'abord, vous ne trouverez que peu de monde à l'extérieur du complexe. Ce peuple composé d'innocents ne recherchent que la paix, et n'oseront donc pas sortir s'ils repèrent le moindre danger. C'est pour cela que nous ne rentrerons que quand Tyhor nous aura rapporté la confiance des habitants quant à notre bienveillance." commença Hamel, d'une voix solennelle.

    "- Tu sembles plus calme qu'hier, Hamel... C'est cet endroit qui t'apaise ?" remarqua Nhyr.

    "- Oui, on peut dire ça comme ça j'imagine..." répondit-il. "Pour tout vous dire, cet endroit est comme une relique pour nous tous ici-bas. Le Pic de Roche a été érigé en l'honneur de tous ceux qui ont péri dans les deux camps. Tous ces vaillants guerriers qui ne savait, pour la plupart, pas pourquoi ils s'affrontaient... ils sont ici, et nous prions pour que leur âme trouve la paix. La mémoire de tous ces gens est précieuse, nous nous devons de vivre avec nos erreurs, et d'aller de l'avant en gardant notre passé en tête. C'est un sanctuaire sur lequel est gravé le nom de tout un chacun aillant prouvé sa bravoure au combat et aillant trouvé la mort sur ces terres recouvertes par le sang."

    "- Je me demandais... pourquoi cette endroit semble si unique...?" interrogea Phyl en observant le zénith caché derrière le gigantesque monolithe levé vers les cieux et entouré par la forêt d'arbres aux feuilles d'automne.

    "- A cause de nous. Pour chaque être qui a perdu la vie sur ces terres qui autrefois n'étaient plus que des cendres, les anciens ont choisi d'y planter autant d'arbres qu'il y a eu de pertes, et c'est ainsi que le Bois Dakalis a vu le jour. Ce monolithe, nous l'avons dressé grâce à l'aide des autres peuples en gage d'une paix plus durable. Cela dit, je ne suis pas sûr que la variété qui a été planté à l'origine avait pour prédestination d'avoir le tronc noir et les feuilles aussi écarlates que le sang. Mais ensemble, nous avons donné à ce lieu les graines pour qu'aujourd'hui sa beauté éclose enfin. " poursuivit Hamel, admirant le menhir avec tendresse.

    "- ... Et... Ces bruits de bois qui s'entrechoquent... je le perçois depuis tout à l'heure... d'où provient-il ?" s'inquiéta un peu Nhyr, intrigué par ce son inhabituel pour lui.

    "- De ces bouts de bois là-haut. Tu vois les cordes qui nous surplombent ça et là ? Ces petits artéfacts font fuir les animaux sauvages comme ceux qui vivent sur la terre convoitée par la Meute du Silence. C'est un lieu de recueillement et de respect, nous ne voulons pas qu'un conflit d'usage ne pose problème, donc nous faisons fuir les gêneurs grâce à ces plaques. Après, d'un certain côté, je trouve que ça a quelque chose d'apaisant... J'aime vraiment cet endroit." continua Hamel, un plus large sourire aux lèvres.

     

    Un silence s'imposa de lui-même tandis que le trio contemplait avec plénitude ce havre de paix. Nhyr observait attentivement chaque recoin de cette place calme. De part et d'autre d'eux s'écoulaient deux petits cours d'eau qui semblaient provenir de la structure. C'était une eau d'un bleu-vert cristallin, comme celle de leur planque sous l'Assemblée des Étoiles. Se pouvait-il qu'une deuxième Orbe du Néant repose ici ? se demanda le jeune griffon. De sa hauteur, le menhir qui devait bien faire vingt mètres de haut voyait son ombre arriver derrière le trio ce qui donnait l'impression que le sommet de celui-ci émettait la lumière du soleil et qu'il les en préservait.

    Ensuite, ses yeux descendirent jusqu'au complexe. Le Pic de Roche couvert de gravures reposait en fait sur un monticule de plaques de pierres brunes qui devaient bien faire cinq mètres de diamètre sur deux mètres d'épaisseur. Entassées les une sur les autres, ces roches plates étaient pour la plupart érigées sur les côtés, pointant en diagonale par rapport au sol. Des arbres avaient poussés eux aussi, maintenant la structure en l'état et la rendant plus belle encore.

    Ces arbres n'étaient pas tous rouges. Certes, leur tronc était noir, mais leur feuillage penchaient pour un dégradé passant du pourpre sombre à un jaune d'or, jusqu'à arriver à des teintes bleues pour certains. Une explosion de couleur qui ravissait quiconque la regardait. Deux petites cascades semblaient d'ailleurs débuter à leurs racines. Les petits cours d'eau formaient deux sillons en forme de "S" qui passaient de part et d'autres du petit chemin menant à l'intérieur avant de bifurquer chacun de leur côté pour créer deux points d'eau distincts.

    Au dessus de ceci, les fameuses cordes qui s'étendaient là, accrochées comme elles le pouvaient aux environs, maintenaient de nombreuses plaques de bois qui, grâce au vent, émettaient ce son relaxant. D'autres plantes jonchaient le sol, remplaçant le sol noir de cendres par un terrain plus verdoyant. L'herbe avait repoussé, du lierre grimpait sur les arbres, et des plantes inconnues encore à ce jour pour le petit dragon doré apportaient un charme sans égale à l'endroit. C'était bien la première fois qu'il visitait un lieu aussi serein et pur.

    Chapitre 2

     

    Enfin, Tyhor rejoignit le groupe pour leur annoncer la possibilité d'entrer dans le complexe. L'entrée se faisait sous l'agglomérat de roches plates. C'était un complexe de galeries souterraines en fait, pensa Nhyr. Une fois à l'intérieur, lui et Phyl furent étonnés de voir la taille des chemins. On avait la place d'y faire entrer le plus grand dragon de la Terre des Aigles sans problème.

    Les tunnels étaient éclairés d'une étrange manière tout le long du chemin qui ne cessait de descendre en profondeur : Ils possédaient des lampes à lucioles. Et ces lucioles, au lieu d'éclairer avec une lueur jaune tirant sur le vert, créaient des mélanges de couleur. Un coup, une lampe n'émettait que du jaune-orangé, un coup une lampe éclairait d'un bleu-vert scintillant, un coup une lampe éclairait rouge et violet. Quel endroit surprenant, s'extasia Nhyr à mesure qu'il avançait.

    "- Aller, venez par ici, je vous fait visiter..." commença Tyhor, menant les devants. Le groupe de quatre prit la première à droite au premier embranchement qu'ils croisèrent. "Voilà. Arrêtez-vous deux minutes, que l'on vous explique. Hamel, tu commences ?"

    "- Ouais, si tu veux. Donc ici, c'est la salle des visiteurs. Étant la première salle accessible de tout le complexe, il paraît logique que ce soit celle-ci et non une autre. Comme vous pourrez le remarquer, il fait assez sombre dans les souterrains, donc les habitants de ce lieu ont choisi de recourir à ce type de lampes particulières que vous avez pu voir précédemment tout le long du couloir."

    "- Ce sont des lampes à lucioles n'est-ce pas ? Alors pourquoi sont-elles de toutes les couleurs...?" demanda Nhyr, avec intérêt.

    "- Ça, c'est la particularité des lucioles du coin. Chez nous, les lucioles émettent des couleurs différentes selon leur âge. Ainsi, les plus jeunes luisent d'un jaune-orangé qui n'éclaire que faiblement, puis une fois un peu plus âgées, elles s'approprient une teinte bleue-verte plus puissante... Et quand elles arrivent en fin de vie, elles prennent une couleur violette d'abord, puis rouge. Il arrive que les plus jeunes se retrouvent mélangés à d'autres lucioles, mais nous les élevons de manière à ce qu'elles puissent créer un cycle perpétuel qui nous permette de ne pas nous en soucier plus que ça." répondit Hamel calmement.

    "- Et sinon, à part accueillir les invités, à quoi sert cette pièce ?" lança Phyl, intrigué.

    "- Tout d'abord, c'est ici que nous passerons la nuit pendant notre séjour ici. Il y a des lits individuels qui sont à votre disposition, de quoi vous laver, et une table taillée à même la pierre juste là pour écrire, ou autre..." répondit Tyhor. "Si vous voulez manger quelque chose, il faudra descendre au garde manger qui est un peu plus bas encore."

    "- ...Et combien de salles et de galeries y a-t-il en tout dans ce complexe ?" poursuivit Nhyr, passant outre la question de son ami.

    "- ...Je ne sais pas exactement. Il faudrait que je retrouve une carte de l'endroit pour te le dire... Mais en comptant tous les chemins par lesquels je suis passé, je dirais que j'en ai fait qu'une petite partie... Peut-être un tiers ? Donc... une quinzaine de salles et moitié moins de tunnels, multiplié par trois ou plus..." hasarda Tyhor, un peu confus.

    "- Nan, il y en a bien plus que quarante... Au moins une soixantaine de salles sans compter les chambres des habitants. Donc tout ce qui est pièces communes, on peut dire qu'il y a de quoi faire." affirma Hamel, plus confiant que son jumeau sur le sujet.

     

    Malgré ses innombrables questions en tête, Nhyr n'eut pas l'occasion d'en poser davantage pour le moment car il se fit interrompre par une inconnue.

    "- ...Bonjour... C'est bien vous, les visiteurs qui ont quelque chose à dire à tous les habitants du Pic ? demanda timidement ce qui ressemblait à un petit cerf avec des rayures de tigre le long de son corps. On ne voyait que sa tête, son cou et ses pattes avant dépasser de l'entrée pour l'instant."

    "- Oui, c'est bien nous. Vous êtes...?" dit Phyl, inquisiteur.

    "- J-je... je ne pense pas que connaitre mon nom vous apporte grand chose... Nous sommes en train d'informer tout le monde, ils seront tous dans la Grande Salle d'ici quelques minutes... Finissez de vous préparer et suivez-moi je vous prie..." poursuivit l'inconnue.

    "- Nous sommes prêts, pas vrai ? Alors allons-y." finit Hamel.

    Ainsi, le groupe d'amis se remis en route avec une inconnue qui les guidait vers leur destination. En sortant, Nhyr put mieux voir cette étrange personne, et remarqua les ailes tigrés de celle-ci et ses sabots fendus en deux comme ceux des chèvres. Une crinière somptueuse lui courrait le long du dos, tandis que son corps se finissait par une courte queue de cerf. Quel étrange mélange, pensa-t-il, avant de retenir un rire face à l'ironie de sa remarque. Après tout, lui aussi tenait d'un drôle de mélange inter-espèces.

    Chapitre 2

     

     

    Le tunnel qu'il empruntait n'était qu'une gigantesque ligne droite pentue sur la plus longue partie du trajet. Puis, à un moment, ils firent face à un large virage dont la pente était plus douce, jusqu'à redevenir complètement plat. Ils arrivaient enfin dans le cœur du complexe. Ils arrivèrent dans une large salle pourvue de nombreux piliers. Elle était sur la route, et représentait sûrement un lieu de rencontre important.

    "- Nous voici dans la salle des gardes. C'est ici que la nuit, certains habitants passe leur nuit à alterner entre se rendre à l'extérieur pour monter la garde et attendre ici afin d'être prêt à protéger les autres." informa Hamel en s'appuyant sur ses connaissances.

    "- Allons, ne traînons pas. S'il n'y a plus personne ici, c'est qu'ils nous attendent déjà. Pressons, voulez-vous...?" insista l'inconnue d'une voix douce mais toujours aussi nerveuse.

    Ils sortirent de la salle pour enchainer avec le couloir suivant. Cette partie du tunnel comprenait énormément d'embranchements. Nhyr, avait peur de s'y perdre avec ces allures de labyrinthe géant.

    "- Ici, c'est les dortoirs secondaires. L'infirmerie se trouve tout au bout du corridor." affirma Tyhor, fier de ce qu'il sait.

    "- A quoi servent-elles, c'est chambre ?" demanda Phyl, impassible.

    "- C'est là où l'on ramène les blessés quand il y en a. Les autres dortoirs sont plus loin et bien moins accessibles pour les soigneurs, donc c'est juste plus simple d'amener les blessé ou les malades dans ces pièces pour qu'on prenne soin d'eux sans oublier personne." confirma Hamel.

    Tyhor quant à lui semblait dégoûté. Il n'avait pas su quoi répondre à la question.

     

    Alors qu'ils avançaient dans ce couloir, un petit oiseau avec trois pointes à l'arrière du crâne et des symboles étranges sous les yeux, vint nous rejoindre précipitamment. Il venait d'en face, et semblait crier le nom de quelqu'un.

    "- Krocs !! Krocs !! Dépêchez-vous un peu, tout le monde s'impatiente dans la Grande Salle..."

    "- Ah ! C'est toi Gnion ! Nous y sommes presque, tu le vois bien. Va les prévenir que nous arrivons immédiatement je te prie." rétorque notre guide d'une voix plus assurée que tout à l'heure.

    "- Compris, j'y vais de ce pas."

    Sans plus attendre, le petit oiseau s'envola en quatrième vitesse pour rejoindre une salle un peu plus loin. Les cinq autres commençaient déjà à percevoir la foule par le bruit qu'elle faisait.

    "- Ils ont l'air agités..." remarqua Nhyr, un peu inquiet.

    "- Ne vous en faîtes pas, dîtes leur juste ce que vous êtes venus leur dire et ils se calmeront d'un coup." répliqua Krocs d'une voix rassurante.

     

    Le groupe passa devant l'infirmerie, puis s'aventura dans un plus large couloir encore. Plus ils avançaient, plus ils sentaient que la foule n'était pas là pour rigoler. Phyl avait le trac, il redoutait énormément la réaction des gens d'ici. Peut-être allaient-ils le prendre pour un éberlué ? Un vendeur de bonne parole ? Il avait peur, et l'angoisse qui le prenait devenait de plus en plus insoutenable pour lui. Pourtant, il fait mine de pouvoir faire face. Il essaye de maîtriser ses craintes, de comprendre ses faiblesse et de les surmonter... Nhyr l'avait vu, et lui accordait un sourire bienveillant.

    "- Voilà, nous y sommes." lança leur guide, les menant jusqu'à une sorte de de socle de pierre face à la foule. "Montez là dessus, et expliquez-leur ce que vous voulez de nous." finit la timide Krocs qui avait du mal à se faire entendre avec tant d'agitation autour d'eux.

    Enfin, Phyl se trouvait confronté à son heure de gloire. Son discours saura-t-il convaincre du monde ? Ou cela finira-t-il plus mal que ça n'a commencé ?


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    Chapitre 1 - Chapitre 1 - La Terre des Ombres, une terre marquée par le sang

     

    Chapitre 1

    Au cœur de la forêt vivent deux frères. L'un s'appelle Hamel, le jumeau de celui se nommant Tyhor. Tout deux sont des loups nés sur la Terre maudite qu'est la Terre des Ombres, et survivent ensemble sur ce terrain hostile. Aujourd'hui est une journée banale, comme les autres pour ce duo-là. Tyhor se réveille, se dresse sur ses deux pattes arrières, comme à son habitude, et part vers le socle de pierre au milieu de la clairière entourée de forêt dans laquelle ils vivent. Son frère, dormant encore sous son sapin d'épines d'un bleu ardoise, ouvre lentement les paupières. Les rayons du soleil l'éblouissent un peu, et le poussent à se lever sur ses quatre pattes.

    Rejoignant son frère, il se sent confiant pour la partie de chasse du jour.

    "- Ah! encore une belle journée en perspective ! Tu comptes partir chasser où aujourd'hui frérot ? demande Hamel.

    - En fait, je pensais me rendre au lac, j'ai envie de poisson pour changer...

    - A-Attends... tu es sûr de toi ? Mais tu vas perdre la chasse du jour ! Et tu sais très bien comme il peut être violent avec les perdants...

    - Ouais, tu parles de ce tyran de Zyn ? T'inquiète, je me fais pas de souci... Et puis, pour une fois que tu gagnes, plains-toi ! Je vais subir le courroux de sa haine, son déshonneur face à ma performance, et alors ? C'est de sa faute si on est là, parmi les déchus, les bannis et les damnés... Lui-même a été incapable de conserver ses pulsions meurtrières depuis des années... regarde, nos corps en porte les cicatrices, et à chaque fois qu'il vient, c'est la même histoire... T'en as pas ras-le-bol toi ?

    - ... C'est vrai que me faire battre à grands coups de griffes à chaque fois que je perds... c'est à dire tout le temps, presque... c'est éreintant. Pourtant, j'ai le sentiment de devenir plus fort.

    - Mais à quoi bon ? C'est pas comme si nous, on mouillait avec ceux de la Meute du Silence... enfin, à part avec Zyn, mais c'est tout. Ta force ici ne te sert qu'à la survie, mon frère ! Et tu es déjà bien assez débrouillard pour continuer à supporter la haine que nous voue ce bon à rien de damné.

    - Bon... c'est pas tout ça, mais si je reviens les pattes vides, je risque quand même de perdre la chasse. Donc... à toute à l'heure, frangin.

    - Oui, et bon courage."

    Chapitre 1

    Ainsi, ils s'échangèrent un dernier regard. Hamel se mit en route vers le petit lac à quelques kilomètres de là en longeant un simple sentier qui l'emmène à longer un cours d'eau, tandis que Tyhor part chasser dans la forêt aux feuilles couleur sang.

     

    En solitaire, Tyhor arpente les bois, à l'écoute du moindre son durant bien des heures. Un craquement de branche fit alors écho, et les croisements parcourant habituellement les lieux tels des soupirs, explosèrent tout d'un coup, avant de disparaître en une foule de battements d'ailes. Qu'avait bien pu provoquer ce bruit ? se demanda le loup.

    Intrigué, il s'approcha de la source du bruit : une foule de petits dragons qui atterrissaient par vagues de cinq. C'est quoi ça, encore ? s'interrogea de nouveau Tyhor. Dans le doute, il se cacha dans un buisson et assista aux premiers vols, mais il se lassa bien vite pour retourner chasser un peu plus loin.

    Là ! Un cerf ! pensa-t-il en détectant une silhouette avec des bois dans les profondeurs obscures de la forêt éternellement automnale. Il s'avança à pas de loup en optant pour passer par les buissons. Une fois assez proche de sa proie, il bondit et planta ses crocs dans la nuque de la pauvre bête. Enfin une belle prise ! pensa-t-il, fier de lui.

    Soudain, des voix commencèrent à éclater au loin, brisant la satisfaction du prédateur. Partagé entre la curiosité et la sécurité, il préféra se dépêcher de retourner à la clairière.

    Chapitre 1

     

    De son côté, Hamel rejoint enfin le lac. Comme prévu, il y trouve une faune foisonnante. Ainsi, il se contenta de quelques spécimens seulement, et repartit avec un saumon et deux, trois carpes. Mais il eut un étrange sentiment... celui d'être observé. Inquiet par cette sensation désagréable, il tend l'oreille en se dressant sur ses deux pattes, le poisson encore entre les griffes, et il se met à humer l'air. Cette odeur... serait-ce...? pensa-t-il, surpris.

    "- Zyn ! C'est pas drôle, sort de là !

    Un silence pesant prit place. Pas un bruit, pas un oiseau à l'horizon pour gazouiller tristement dans la forêt des rejetés, puis soudain, un rire. Un rire malsain, reconnaissable entre mille. J'avais raison, pensa-t-il encore.

    - Hin hin, salut mon garçon... La chasse avance ?

    - T'occupe, je chasse pas aujourd'hui.

    - ... ? Pardon ? Et on peut savoir pourquoi, mon poulain ?

    - Je t'interdis de m'appeler ainsi... rétorqua Hamel, exaspéré. Je sais que tu me considères comme meilleur que mon frère, mais nous sommes égaux, saches-le.

    - ...Hin hin hin, raisonnement étrange ! Pourtant, le tableau des scores ne ment pas, lui ! Et pour preuve, ton sapin a bien plus de marques que celui de ce bon à rien de Tyhor... Tu vois ! C'est toi le meilleur ! Tu ne voudrais pas subir le même sort que lui tout de même... finit-il d'une voix à la fois mielleuse et provocatrice.

    - ... Écoute, je n'ai que faire de ton petit jeu ! C'est toi l'imbécile dans l'histoire, alors arrête de reporter ta frustration sur nous, père indigne !

    - Comment oses-tu !! Hamel ! RAAAAAHH !!! Tu es prévenu, ce soir, si tu ne bats pas ton frère, tu périras ! Je n'ai que faire d'un fils qui se prend pour un chef ! Et pire encore, je ferai mon rapport à la Meute, et tu subiras les conséquences de ton échec.

    Chapitre 1

    - Et alors ? Qu'est-ce que ça peut bien faire que je perde ? Qu'est-ce que ça peut bien te faire d'avoir honte de ton soi-disant "meilleur fils", sachant que celui qui me fait honte ici, c'est bien toi, Zyn ! Ose venir ce soir, et c'est la mort qui t'attends, cher père. Je serai sans pitié ! Œil pour œil, dent pour dent, tu subiras ma haine de plein fouet ce soir, si tu oses pointer le bout de ta truffe décrépie. Je ne veux plus te voir, je ne veux plus t'écouter, je n'arrive plus à te supporter, et de fait, je te somme de partir sur le champ. Rejoint donc tes amis, ta Meute, les autres damnés comme toi ! Tu ne vaux plus rien à mes yeux depuis ce jour... si tu savais. Si tu savais ce que tu nous as fait, à nous, à maman, à tes propres fils !J'espère sincèrement ne plus te revoir... Sur ce, adieu."

    Sans un mot, Hamel enserre les poissons dans ses pattes avants, et se mets à marcher sur le chemin du retour. Zyn, quant à lui, le regarde partir, le visage impassible, mais la haine dans l'âme. Il a passé ses dernières années à faire vivre la pire des tyrannies à ses propres enfants, et à présent, il veut bien plus que simplement les faire souffrir. Il veut les torturer, les faire payer leur rébellion, qu'ils souffrent autant qu'il a souffert, et qu'ils découvrent enfin quel type de folie le ronge : la culpabilité. Il est coupable d'avoir tué, il le sait, mais ne le reconnait pas. Il le nie du plus profond de son âme, il reporte la faute sur ses fils, et leur jeune âge au moment des faits. Tout ça, à cause d'eux... pensa-t-il, fou de rage.

    Chapitre 1

    Hamel était déjà loin, mais Zyn voulait qu'il entende ce dernier murmure et cri du cœur : "Hamel, je ne viendrais pas ce soir. Non, pas ce soir. Mais bientôt, oh oui, très bientôt, tu mourras avec moi. Une guerre qui nous opposera, moi et la Meute contre toi et ces crétins de dragons. Je leur ferai la peau, à tous !! Hahahahaha !! HAHAHAHAHAHAHAHA!!!"

    Dans cet élan de folie, les yeux élargis par la haine et la soif de vengeance, il s'en retourne rejoindre les siens, ceux qu'il considère comme sa vraie famille.

     

    De retour chez lui, Hamel trouve Tyhor assis sur le socle de pierre, à observer les étoiles du ciel laissant tranquillement place à la nuit. En entendant son frère approcher, il accourt vers lui, fou de joie.

    "- Hey! Hey! Regarde un peu sur quoi je suis tombé ! Belle bête, pas vrai ?

    - Wow !! Je crois n'avoir encore jamais vu un cerf si imposant de ma vie ! Tu l'as trouvé où ?

    - Oh! euh... Il me semble que c'était pas trop loin de la frontière, à l'ouest. Y'avait pas que ça d'ailleurs, je crois que des petits dragons passaient leur baptême...

    - Moi aussi, j'ai fait une rencontre aujourd'hui... dit-il, le sourire maussade.

    - Tu l'as croisé, pas vrai...? demande-t-il, se doutant de l'issue de la conversation.

    - Oui. On est monté dans les tours, il m'a menacé, je l'ai menacé en retour, et bref... le connaissant, il ne viendra pas. Les lâches n'affrontent pas la mort en face, finit-il, d'un ton catégorique.

    - Je te savais pas comme ça... D'habitude, c'est moi qui perds mon sang froid ! Et donc... il ne viendra pas ce soir ?

    - ... Qui sait... peut-être pas ce soir, mais mieux vaut rester sur nos gardes cette nuit, et les prochains jours. J'ai pas envie d'être achevé par un crevard comme lui, poursuit-il, acerbe.

    - Bon, du coup, on s'fait une bouffe ? J'ai une faim de loup ! Pas toi ?

    - ... Non, je n'ai pas vraiment le cœur à manger ce soir, mais si tu veux, on peut passer un peu de temps ensemble pour changer ! T'en penses quoi ?

    - Cool !! Mais viens quand même manger un morceau... ce serait dommage que tu manques d'énergie, surtout s'il décide d'attaquer.

    Tyhor sourit à son frère avec tendresse, et Hamel fait de même. Une chaleur emplit son cœur de joie face au soutien de son frère. Il a bien grandit, lui aussi, pensa-t-il avec nostalgie.

    Chapitre 1

     

    Sur le socle de pierre, les deux loups s'installent et se mettent à manger. Une récompense pour la journée de chasse, et une victoire pour Tyhor qui dévore littéralement son trophée de chasse avec délectation.

    "- Au fait, même s'il ne vient pas ce soir, je t'accorde la victoire frérot ! Tu l'as bien mérité. Hahaha !! Regarde-toi, tu t'en mets partout ! lança Hamel sur une note bonne enfant.

    - Hééééééé ! J'y peux rien moi, si sa carcasse est gigantesque, à ce cerf ! 'Pas d'ma faute, d'accord ? Et... t'es sûr de toi...?

    - Héhé, j'ai pas dit le contraire. Et oui bien sûr frérot, va donc mettre une barre de plus sur ton tronc avant que je change d'avis ! poursuit-il, joueur.

    - Ok ! Ok, laisse-moi deux secondes...

    - Un... Deux...

    - Voilà ! T'aurais au moins pu me laisser finir avant !! Mais bon... merci frangin, merci beaucoup..."

    C'est avec beaucoup d'émotion que les deux loups échangèrent un regard. L'un est fier de l'autre, et l'autre est reconnaissant envers le premier.

    Puis, c'est sur la proposition d'Hamel que le duo passa le début de la soirée à jouer, à se raconter des histoires, et à ressasser le passé avec mélancolie avant de s'endormir sous le même arbre pour une fois.

     

    ***

     

    Voilà maintenant des heures que le jeune duo de dragons s'avance sur la Terre des Ombres. Depuis leur altercation avec leur enseignant, Phyl mène le pas en suivant le sentier droit devant lui. Nhyr le suit, encore hésitant et soucieux du sort qui pourrait les attendre. Aucun des deux ne parlent, et l'ambiance oppressante et froide de la forêt pesait sur la conscience du jeune griffon. Il en profita cela dit pour détailler la végétation : Les arbres avaient tous des troncs sombres, presque noirs, tandis que leur feuillage était d'un splendide rouge. Les branches penchaient lourdement vers le sol, créant une voûte feuillue au-dessus du binôme. Le sentier était couvert de cendres couleur charbon, et le croisement d'animaux hantait les lieux. Rien de très rassurant, pensa-t-il.

    "- Phyl..., interpella le jeune griffon. Tu sais ce que tu fais...?

    Phyl s'arrêta, se retourna vers son ami, et le regarda de ses yeux perçants. Son œil émeraude scintillait sous la lueur rougeâtre des feuilles, tandis que son œil jaune avait pris une couleur ambre. Le bleu resplendissant de ses ailes donnaient l'illusion d'un violet cristallin, tandis que sa fourrure blanche avait pris des teintes roses pâles. Par contre, le vert de ses écailles était devenu plus terne sous la lumière de ces bois. Il ferait presque peur s'il n'avait pas sa gueule d'ange... pensa-t-il encore.

    - Je pense savoir. Tu me fais confiance, Nhyr ?

    - B-Bien sûr ! Nous sommes comme des frères, pas vrai ? finit-il avec réticence.

    - Je suis heureux que tu me considères comme tel, lui sourit-il, et il en est de même pour moi. Pourtant, nous ne pourrons plus retourner à ma planque avant un petit moment. J'espère que tu en es conscient. Nous devrons nous débrouiller par nous-même, pour défendre les êtres qui peuplent ces terres dans la contrainte.

    - Je sais... répondit Nhyr timidement. Je suis avec toi. Mais... quel est ton plan ?

    Phyl semblait réfléchir un moment, en le fixant du regard. Puis, il se retourna vers le sentier.

    - Tout d'abord, commençons par nous rendre au cœur de la forêt. Avec un peu de chance, nous trouverons bien des gens avec qui discuter, et en apprendre plus. Tu viens ? demanda-t-il, d'un sourire confiant vers son ami."

    Il n'en fallut pas plus à Nhyr pour reprendre la route d'un pas plus décidé. Néanmoins, une peur se creusait encore un peu plus dans son esprit. Qui comptaient-ils sauver ? Qui sont ces êtres, et pour quelles raisons ont-ils bien pu avoir été envoyés ici ? La crainte de croiser des bêtes assoiffées de sang ou de pouvoir le terrifiait, mais il voulait savoir, et il savait cette idée partagée avec Phyl.

     

    A mesure qu'ils avançaient dans ces bois ténébreux, la lumière laissait place à la nuit et le sentier s'ouvrait peu à peu sur une immense clairière. Quelques majestueux sapins trônaient en son centre, encerclant une espèce de socle de pierre. La lune y déposait ses délicats rayons bleutés, tandis que le duo s'approchait lentement.

    "- On est arrivés tu penses ? murmure Nhyr à l'oreille de son ami.

    - J'en ai bien l'impression... mais on est pas tout seuls. Regarde, marmonne Phyl d'un ton calme et assuré.

    - ...! Un... U-un, un loup !! s'esclaffe Nhyr de stupeur avant de se faire taire par la patte de son ami.

    - Moins fort... tu vas les réveiller. Allons nous poser dans un coin, nous irons leur parler au lever du jour.

    - Compris."

    Nhyr et Phyl choisirent donc le pied d'un des sapins pour s'installer pour la nuit. Sans un mot, ils s'endormirent, épuisés par leur journée.

     

    Le lendemain, Nhyr ouvrit les yeux aux premières lueurs de l'aube. Avec fatigue, il détendit ses muscles avant de trouver la force de se lever. Un silence apaisant règne sur la clairière chaleureuse au milieu des bois sanglants. Un vrai paradis au cœur des enfers, se dit-il avec amusement.

    Phyl dormait encore, sûrement achevé par la marche d'hier. Le jeune griffon choisit de faire un tour, pas trop loin d'ici, histoire de repérer le coin. Le soleil se levait à l'Est, et le ciel avait emprunté du rouge à la forêt, devenue écarlate par le contre-jour. Les nuages étaient dorés, comme la fourrure du petit observateur sous les splendides lumières du matin.

    Nhyr se perdit un instant à admirer la vue, avant d'analyser le reste. Eux, étaient venus du sentier menant vers l'Ouest. On avait le soleil dans le dos, se remémore le griffon doré. Il continua de tourner sur lui-même, avant de voir au Nord un large chemin. Les arbres formaient une rangée de part et d'autre d'une ligne d'herbe verte, parcourue par de féériques petites fleurs de cotons. D'autres variétés, comme des plantes à larges feuilles rondes et aux fleurs rouges dont les pétales forment de fines lamelles longeaient la petite route champêtre. Un ciel d'un bleu d'azur se dressait au loin, avec une montagne un peu particulière. Des arbres qui semblaient comme palmés par des feuilles en éventail se dressaient majestueusement, déséquilibrés par les éléments et leur jeune âge.

    Puis, il remarqua de petits êtres au loin, qui se déplaçaient. Il ne les avait pas vus au premier abord à cause de leur apparence qui se fond à merveille dans ce décor hors du commun. C'est donc ça, la fameuse terre convoitée j'imagine...? supposa Nhyr, dubitatif.

     

    "- Hey! toi ! Qui es-tu ? interroge une voix modulée derrière lui.

    Par peur de savoir qui l'interpelait ainsi, il hésitait à se retourner. Un deuxième rappel le convint de s'exécuter malgré son angoisse croissante.

    - Alors p'tit gars... tu traînes par ici avec ton pote ? Vous savez que c'est interdit au moins...? continue un loup à l'air revêche et aux nombreuses cicatrices. Il est à quatre pattes, tout comme lui, et des balafres passent sur ses deux yeux.

    - ... Je suis désolé si nous vous importunons... Nous sommes-là pour une mission spéciale pour la Terre des Aigles...

    - Pour la Terre des Aigles ? Ah... si jeunes, et déjà si braves. Hélas, je doute que vous soyez les bienvenus ici. Rentrez chez vous avant que vos parents ne vous pensent portés-disparus.

    - ... E-En fait, nous ne pouvons pas rentrer... Pas maintenant.

    - ...? Ha ? et on peut savoir pourquoi ? interroge avec intérêt le loup.

    - Si nous échouons dans notre tâche, cela reviendra au même que si nous n'avions pas bougés, parce que nous serions envoyés ici de nouveau... en tant que "déchus".

    Tyhor reste sans voix. Deux petits dragons, déchus pour un simple "échec" ? c'était impensable pour lui. Pourtant, le jeune griffon semblait sincère, il n'aurait aucune raison de mentir non plus... Alors pourquoi exactement ?

    - ... Je... vois. Tu pourrais m'en dire plus ? demande-t-il d'une voix plus douce."

     

    Nhyr ne voulait pas s'étendre davantage sur des actes aussi récents qu'il a tant de mal à assumer, mais il força son courage à répondre à cet inconnu.

    "- En fait, hier... Phyl et moi-même avons eut un... accrochage avec l'un de nos enseignant. Et, je ne sais trop s'il s'agissait d'un coup de tête ou d'un acte réfléchit, mais Phyl s'est mis en tête d'empêcher, ou du moins, de retarder la guerre à venir... Vous savez ? celle qui concerne cette terre là-bas.

    - Ouais... L'Eden comme Zyn la surnomme. Je vois très bien de quoi tu parles, petit. La Meute du Silence désire soi-disant ces terres pour "avoir plus de place" pour tout le monde... Cela dit, regarde un peu autour de toi ! C'est désert sur trois kilomètres ! Personne, à part Hamel et moi-même. Personne d'autre que nous, et Zyn, qui s'est peut-être résigné à ne plus venir... Tu crois qu'ils veulent vraiment plus de place pour héberger tout le monde ?

    - ... Maintenant que tu le dis... C'est vraiment nécessaire...? Enfin, si ce n'est pas pour cette raison-là... alors pourquoi...?

    - ... La nature des êtres qui vivent ici-bas est impardonnables pour certains, mais d'autres n'ont pas demandés cette vie. Mon frère et moi-même sommes victimes de notre naissance. Nous avons pour père un irresponsable, et hélas, nous sommes nés sur ces terres. Autrefois, nous aurions fait partis de ceux qui vivent en paix, au loin, sur cette montagne... Mais... Voilà. Mon père est devenu fou, assoiffé de sang, et à tuer notre mère. J'ai réussi à lui pardonner ses actes, sa folie, et sa solitude au fond... mais Hamel, lui, n'y arrive plus.

    - Zyn... C'est ça ?

    - Oui. Un damné, qui se plait à confondre sa soif de vengeance avec un but dans la vie... Il est pas seul dans ce cas-là. Il fait partit de la Meute du Silence. Et eux, c'qu'ils veulent vraiment, c'est décimer tous les dragons de la Terre des Aigles... par vengeance. Personne ne sait encore
    quand ça va dégénérer, mais pour être franc, je n'aimerai pas revivre les conséquences d'une autre guerre.

    - U-Une... autre guerre ?

    - Nhyr !! Recule !! Vite !!! hurla Phyl, en accourant pour servir de bouclier
    face à la menace présumée.

    - Hey! Qu'est-ce qu'il se passe ici exactement...? Pourquoi tout ce chahut, dès le matin ? demanda Hamel, se joignant au trio.

    - Rien de bien méchant, frangin. Je discutais tranquillement avec le petit griffon doré.

    - V-Vous êtes...? se risqua Phyl, pour comprendre la situation.

    - Moi ? C'est Hamel, et lui c'est mon frère. Tyhor !

    - Lui, c'est Phyl ! Et moi, c'est Nhyr ! enchaîna le petit griffon."

     

    Nhyr prit un instant pour détailler le nouveau loup. Celui-ci à l'air plus gentil que le premier d'apparence, malgré ses cicatrices certes moins nombreuses que celles de son frère. Il se tient debout sur ses pattes arrières, ses griffes sont larges et ses oreilles sont partiellement déchiquetés. Et, sur son oreille droite, deux piercings du même bois que celui des arbres alentours se superposent. Ils sont à la fois intimidants, et rassurants, pensa Nhyr.

    "- Où en étions-nous cela dit ? poursuit Tyhor, dans ses pensées.

    - Vous mentionniez une autre guerre, non ? répliqua Nhyr

    - Ah, oui... cette guerre... lâcha Hamel avec amertume. Version courte ou version longue ?

    - Frangin, ils sont jeunes... Pas besoin de les accabler avec des détails.

    - Ouais... si tu le dis, frérot, répliqua Hamel. Bon, en clair, c'est une guerre qui opposait déjà la Meute du Silence au Conseil des Sages... L'Assemblée du Torrent n'étant qu'un simple "rempart" à l'époque. C'était une guerre meurtrière et peu glorieuse pour les "gentils" qui vous gouvernent, les enfants. C'est d'ailleurs pour ça que vous n'en avez jamais entendu parler.

    - Il y a cent ans, quand les Dieux ont choisis de nous laisser la possibilité de faire justice par "nous-même", certains ont pris le pouvoir et se sont alliés par "espèces". Cela créa ainsi trois clans, qui sont ceux-là même encore aujourd'hui ! enchaîna Tyhor.

    - Nos parents ont fait la guerre eux-aussi, continua Hamel. Zyn, et... mère voulaient obtenir les mêmes droits de manière pacifiste à la base. Mais... hélas, les anciens dragons ont préféré employer la force pour imposer le respect. L'Assemblée du Torrent aillant opté pour la "grandeur" du Conseil des Sages, la Meute du Silence a répondu à la provocation. Cette terre que nous foulons aujourd'hui a été spectatrice d'un véritable massacre. Il ne reste de nos jours plus que quelques êtres originels, et il y a nous... Nous qui sommes nés sur ces terres en temps d'après-guerre. Nous nous sommes habitués à ce mode de vie, mais pendant longtemps, ça a été dur. Très dur, moralement et physiquement pour tout le monde.

    - Notre père, Zyn, a sombré dans la folie, il a tué notre mère après une engueulade sanglante... Et depuis, Zyn nous accuse de l'avoir poussé à l'acte... mais... je ne sais même plus à cause de quoi ils se sont montés l'un contre l'autre cette fois-là, conclut Tyhor, défaitiste.

    - ...Il n'y a pas eu que chez vous... qu'il y a eu des morts... ajouta Phyl, les yeux dans le vague. Mes parents, eux-aussi... ils sont morts ici. Ma mère aurait dû, après cette guerre, être envoyés ici, parmi vous-autres, en tant qu'être déchus. Mais, n'ayant pas survécu à l'affrontement, et mon père ayant redoré son blason pendant le combat, nous avons pu rester sur la Terre des Aigles... Mais il tomba rapidement malade, et ne fut plus capable de m'élever seul. Quand je fus confié à l'Assemblée des Étoiles, ce fus la dernière fois que je l'aperçus vivant. On a tous un passé, pas vrai...?" finit-il, avec émotion.

     

    Nhyr n'avait plus les mots. Ses parents à lui, ne lui avaient jamais parlé de cette guerre. Ce conflit ne les avaient peut-être pas tant touché en fin de compte ? Après tout, sa mère a un rôle de stratège au sein du Conseil, et son père est un sage. Peut-être n'ont-ils perçus cette guerre comme un massacre dans lequel ils ne se sont pas salit les mains ? pensa le jeune griffon.

    "- Au fait, pourquoi êtes-vous les jeunes ? demanda Hamel, retournant à l'essentiel.

    - Nous sommes là pour aider des gens comme vous. Notre mission officielle est d'étudier la faune et la flore de la terre que vous convoitez.

    - Non, Phyl. C'est la Meute du Silence qui convoite cette terre, rectifia Nhyr avec douceur.

    - Heu... oui, pardon. Mais dans les faits, c'est un prétexte pour vous aider, vous, et tous ceux dans votre cas, à regagner vos libertés. Je ne sais pas ce que valent les êtres qui ont été envoyés et confinés ici pour leur prétendus pêchés impardonnables... Mais je sais que les injustices se doivent d'être réparées. Je me battrais jusqu'au bout pour que vous puissiez échapper à un sort que j'ai pu éviter de peu. Si moi j'ai eu cette chance, vous la méritez aussi.

    - Ahah !! Tu as de l'espoir, gamin... Comment comptes-tu t'y prendre, sans déclencher une autre guerre ? poursuit Tyhor, en écoutant se réponse avec attention.

    - A vrai dire, je pensais déjà apporter une forme d'espoir aux êtres de ces terres. Leur dire que nous ne sommes pas tous comme eux, là-haut. Et vous faire renoncer à vous battre de manière violente... pour opter pour quelque chose de plus pacifiste. Convaincre un maximum de monde parmi vous, et mettre des bâtons dans les roues de ceux qui s'évertuent à vouloir une autre hécatombe. La vie n'est pas un jeu, et je tiens à vous aider à vivre dans les mêmes conditions de conforts que nous, et vivre en paix si possible... Voilà ce que je compte faire.

    - C'est une vision très utopiste, mais je suis. Si tes convictions venaient à se réaliser, nous serions enfin débarrassés de tout ça... T'es pas d'accord frangin ? demanda Tyhor.

    - Bien sûr, frérot ! Voilà un petit qui vend du rêve, ça c'est sûr. On est avec vous." finit Hamel, le sourire aux lèvres et l'espoir qui emplit son cœur pourtant si meurtri.

     

    Le nouveau groupe passa le reste de la journée à s'organiser pour savoir par où ils allaient commencer pour poursuivre le plan. Ils partagèrent un repas ensemble, et s'endormir finalement un peu plus tard dans la soirée. Un message comme celui de Phyl sera-t-il accepté facilement par les habitants de la Terre des Ombres ? ou seront-ils contraints de passer par la manière forte, malgré leur conviction ? Après tout, leurs efforts n'aboutirons qu'au bout de combien de temps ? Temps de questions Nhyr se posait, encore et encore, avec l'espoir d'y répondre le plus tôt possible.


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    Prologue - Nhyr et Phyl, une amitié intemporelle

     

    « Il y a bien longtemps, un être naquit sous une forme divine. Fort de la puissance originelle, Noylan rassembla ses pouvoirs pour créer une terre. Une terre encore sauvage et inachevée. Il alla y vivre un temps. Cet endroit, c'est Lamezia. Une planète déserte qui l'ennuyait. Las de sa solitude, il prit la décision de créer des êtres à son image. Il divisa sa force en cinq gemmes de pouvoir, les Orbes du Néants. Ainsi, il répartit l'équilibre de ce monde afin de maintenir sa création stable.

    Virent alors quatre dragons. Le premier, D.Univers, maîtrise la foudre, et garde la paix. Dréleste, le deuxième, contrôle la météo et garde un œil sur l'équilibre des forces. Adsis, lui, est un être maîtrisant le feu et s'est octroyé le droit de châtier les criminels. Et enfin, Draniolon est un dragon de glace, d'une grande sagesse, ce qui lui permet de faire justice.

    Dans sa soif de création, Noylan créa également des êtres de chairs et de sangs qui s'associent à l'environnement imaginé par ce Dieu vivant. Tout semblait pouvoir aller de lui-même. Pourtant, les quatre dragons se mirent à se battre, en cherchant à obtenir la place de l'Originel. Dans cette lutte acharnée, le monde qu'il venait de créer était redevenu poussière. La colère le prit, et le courroux dont il fit montre donna naissance à un premier Fléau. Cette entité sera nommée "Unlucky".

    L'ombre du dragon originel se détacha de lui, ce Fléau prit la fuite, et le premier combat de dragons eut lieu. Cette guerre sera nommée le Conflit Primaire. Une fois la paix revenue, ils s'efforcèrent de bâtir un monde en associant leurs forces, plutôt que de s'opposer pour tout détruire. Ainsi, deux nouvelles terres virent le jour.

    La première était Drania. Ils s'y mirent ensemble pour créer une terre pour les dieux primitifs qu'ils étaient encore, en plus d'y expérimenter les premières espèces dans trois milieux distincts: L'eau, l'air et la terre recouverte d'environnements diverses. L'autre terre naquit en secret, selon la volonté de Noylan. Il voulait savoir si cette dernière pouvait subsister sans dieux. Il y instaura tout de même des êtres élémentaires.

    En revenant sur Drania, il découvrit les expériences de ses adjoints, et trouva qu'ils n'avaient pas leur place sur cette terre pour l'instant. Il prit donc la décision d'installer les quatre dragons, ainsi que lui-même sous terre, là où ils ne dérangeraient pas. Les Dieux-dragons avaient cependant à leur charge une puissance trop grande à supporter pour eux-même. Et Noylan eut recourt à une espèce qu'il a vu se développer sous ses yeux. Des hommes.

    Il en sélectionna quelques uns, et les présenta à ses sbires. Ainsi qualifiés d'élus, ils sont aujourd'hui en formation auprès de leur dragon associés. N'oubliez pas que l'histoire dont je vous fais part aujourd'hui ne remonte pas à plus de trois cents ans. Et la fin de mon récit est toujours d'actualité. Vous devez considérer, chers élèves, que notre planète est jeune, et qu'il nous reste encore beaucoup à découvrir. Nos investigations ne nous ont pas menés plus loin que ce que je vous ai déjà dit.

    Et ce sera sur cette note que le cours d'histoire se finira aujourd'hui : La paix peut se résumer à peu de chose, donc il sera de votre devoir de découvrir la vérité, et d'agir de la manière la plus juste possible. A présent, Je vous laisse, à moins que vous n'ayez des questions. »

     

    C'était un jour particulier pour un jeune élève. Nhyr, le produit d'un croisement d'un griffon et d'un dragon, venait d'assister à son premier cours à l'Assemblée des Étoiles. Une institution qui élève les plus petits dans leurs jeunes années. Nhyr était encore frêle, sortit de l'œuf il y a à peine quelques années, alors que ses parents étaient le produit direct des pouvoirs de Noylan. Il se disait pourtant que les évènements qu'il venait d'entendre étaient si lointains... Deux cents, trois cents ans, cela ne représentait rien pour l'innocent esprit du jeune griffon.

    Il ignorait presque tout de cet endroit, il n'en connaissait que le nom et l'importance qu'y accordaient ses parents pour qu'il y aille. Et le voici donc. Une petite boule jaune aux ailes atrophiées, et au bec fin en présence des anciens. Sa fourrure est plutôt fine sur son corps, et deux petites cornes lui sortent du sommet du crâne et des joues. Des cornes de la même matière que ses serres. En observant ses camarades, il se sentait si différent... et pourtant, tout le monde n'avait tellement rien à avoir les uns avec les autres que finalement, il y trouvait sa place.

    Nhyr observait son professeur avec attention. Il ne savait vraiment le décrire, il y avait bien trop à dire. Des couleurs plutôt sobres, mais passant par toutes les nuances, des yeux perçants mais chaleureux, des ailes abimées mais magnifiques... Et cette prestance, cette carrure caractéristique que les créatures invoqués par les Dieux possédaient naturellement l'intimidait.

     

    Prologue

     

    En le voyant partir sans un mot de plus, il se sentit soudain observé. Sur lui se posait en fait le regard d'un jeune dragon, un peu différent des autres. Il devait avoir quelles semaines de plus que lui. Il pouvait le décrire assez facilement. Deux petites aigrettes proéminentes lui sortaient du crâne, et c'était la même chose pour le reste. Une fourrure fine et longue commençait à se recourber sur le coin de ses joues. Il avait de grands yeux, un vert et un jaune, en plus d'un petit museau et des touffes de poils blancs réparties par endroit. Une espèce de crête plate lui courait le long du dos, et ses ailes étaient cachées par le fin duvet. La couleur globale du petit dragon était un vert nuancé d'un bleu aux reflets enchanteurs. Quand il se mit à parler, Nhyr se concentra plus à décrire sa voix qu'à écouter ce qu'il lui disait. Ainsi, il la trouva plutôt aiguë, même si son âge le lui excusait. C'était la boule de poils jaune avec la boule d'écailles verte, pensa-t-il.

    "-...Hey, tu m'écoutes ? demanda le jeune dragon vert.

    - Hein ? Ah! euh... que disais-tu ? Je pensais à autre chose...

    - J'ai eu peur que tu m'ignores encore un moment... T'es nouveau ici, pas vrai ?

    - ... C'est si évident que ça...?

    - Disons que ça fait quelque temps que je suis ici en fait. Tu t'appelles comment ?

    - Nhyr. Et toi ?

    - Phyl. Tu sais comment ça se passe ici ?

    - Non, pas vraiment. Tu peux m'en dire plus ?

    - Bah, c'est pas hyper compliqué en fait! Déjà, faut que tu saches qu'ici, tu peux être toi-même. T'as le droit de t'exprimer, de poser des questions, et demander à éclaircir des sujets un peu flous pour toi. Après, faudra aussi que tu t'habitues à voir plein de profs différents... On a rarement deux fois le même en une semaine. Tu suis jusque là ?

    - Ouais, ouais, je comprends... Mais, ils nous enseignent quoi les profs ?

    - Un peu de tout. Pour le coup, l'histoire que tu viens d'entendre, ça faisait deux mois que j'en avais plus entendu parler. Pourtant, ils font plein de recherches dessus ! Et aussi, ils nous font des cours théo-... théorie... euh... C'était quoi déjà...? Théoriques...? Ouais, je crois. Chuis pas sûr. Bref, ils nous parlent du fonctionnement de quequ'chose et on pratique pas si tu veux.

    - Ah ! ouais, je vois.

    - Bon, par contre, vu que le vieux est déjà parti, on a quartier libre jusqu'au prochain cours. Tu viens ?"

    Le petit dragon vert fondit brusquement vers la sortie, toutes griffes dehors. Nhyr s'empressa de le rejoindre, pris d'une soudaine envie de le suivre. Le duo se retrouva dans les couloirs du bâtiment désert. A cette heure, personne ne passait par là apparemment. Phyl était en tête, et le jeune griffon jaune s'efforçait de le rattraper, mais ils étaient aussi rapides l'un que l'autre en fin de compte.

     

    En passant la porte en pierre de l'immense bâtisse, Nhyr s'arrêta à côté de son nouvel ami qui semblait chercher quelque chose. Il l'observa avec intérêt. Phyl prenait d'abord une vue d'ensemble, et abaissa son regard jusqu'à ses pieds. Des torches encadraient la place autour du château, et une tranchée pleine d'eau encerclait l'endroit avant de se déverser dans une mare. Le pont sur lequel se trouvait le duo permettait de traverse les douves. Le jeune dragon vert paraissait contrarié, quelque chose n'allait pas ?

    "- Hey Nhyr, dis-moi... tu sais garder les secrets ?"

    - Les... secrets ? Pourquoi me demandes-tu une chose pareille ?

    - Je veux que tu me jures que tu diras rien à personne. Promis ?

    - ... Promis.

    - Viens, suis-moi."

    Phyl s'empara d'une clé qu'il avait dû suspendre au bord du pont de bois pour la dissimuler. Le dragon vert se dirigea ensuite furtivement vers un rocher un peu plus loin. En y regardant de plus près, Nhyr y vit une sorte de petit trou. Intrigué, le griffon jaune observa attentivement les gestes de son ami. Ainsi, Phyl plaça la clé qu'il tenait à pleine bouche dans la serrure, la tourna un coup vers la droite.

    CLIC

    Un bruit sourd se fit entendre, puis vint un faible tremblement. Que se passait-il ? Le rocher se déplaça de quelques mètres, ce qui révéla un escalier en plus du mécanisme sophistiqué qui a permis une telle chose. Depuis quand les rochers bougent sur commandes ? se demanda naïvement Nhyr. Voyant Phyl s'engouffrer dans la pénombre du passage, le jeune griffon suivit le pas. Un autre tremblement lui indiqua que le mécanisme les avait enfermés à l'intérieur.

    "- Hein!? ... Hey, Phyl... c'est normal qu'on soit enfermé là-dedans...?

    - Ouais t'inquiète. C'est pour pas se faire chopper par les vieux.

    - Les... vieux ? De qui tu parles à la fin...?"

    - Bah, tu sais bien... les profs, les darons, les membres du conseil, tout le monde quoi ! Allez, ramène-toi un peu par ici que je te montre un truc cool. Tu vas pas en revenir !

    - ... " ; Pour l'instant, tout ce que je vois, c'est du noir... T___T , pensa-t-il, désespéré.

     

    Après un petit instant de marche à tâtons, le duo se retrouva submergé par une lueur bleuâtre luminescente. En effet, ils étaient dans une salle un peu particulière. Au centre de l'endroit se trouvait un piédestal où trônait un sphère contenant une sorte de force magique oscillant entre le noir et le violet. De quoi pouvait-il s'agit ?

    "- Alors, elle est-y pas cool ma cachette secrète ??

    - ...Et bien... j'avoue que je ne m'attendais à tomber sur un truc pareil ici... Tu l'as découvert quand ?

    - Bah, c'était y'a pas hyper longtemps, gars... Disons simplement que j'ai entendu la rumeur selon quoi une Orbe du Néant reposait sous l'école.

    - L'école ?

    - Là où on était tout à l'heure, imbécile...

    - Et alors, t'as fait quoi après ça ?!

    - C'est pas difficile à deviner. J'ai fait mes petites recherches dans le coin. Dès que j'avais un moment de libre, j'ai inspecté tout le bâtiment et la cour extérieure. J'ai même cherché dans l'eau des douves ! C'est d'ailleurs là où j'ai trouvé cette clé.

    - La clé que tu as récupéré tout à l'heure j'imagine...

    - Exact ! Une fois en ma possession, j'ai commencé à chercher la serrure correspondante... Et quelques jours après, c'est là que je l'ai trouvé. J'avais toujours su que ce rocher était bizarre !! Et comme je suis le premier à en avoir découvert l'existence, c'est devenu mon refuge... un peu comme ma deuxième maison si on veut...

    - ...? Pourquoi cet air triste tout d'un coup ?

    - ...En fait... je repensais à un truc, mais oublie ça."

    Intrigué par le changement soudain d'humeur de son camarade, le jeune griffon observa son ami sans savoir quoi faire. Il le vit laisser échapper une larme avant de secouer la tête et de reprendre l'air joyeux qu'il arborait depuis ce matin.

    "- Au fait, t'es le premier à qui je montre cet endroit. Tu m'as promis que tu dirais rien... et par la même occasion, tu as promis d'être mon ami... pas vrai...?

    - ...! Hey, j'ai jamais dit ça...! Mais... tu n'as pas tord. Effectivement, je t'en ai fais la promesse. Et si tu veux bien de moi comme ami, alors c'est avec joie que tu en seras un pour moi !"

    Le sourire qu'offrit le griffon au jeune dragon réconfortait Phyl. Enfin, il n'était plus seul. Il avait un ami, quelqu'un sur qui compter, et avec qui partager des choses. Il espérait cette amitié solide, il la voulait éternelle. Et c'est ce jour qui marqua l'amitié de ces deux êtres à jamais.

     

    ***

     

    Quelques semaines passèrent, et ces deux amis étaient devenus indissociables. Jamais l'un n'était vu sans l'autre. Ce duo inséparable se préparait aujourd'hui à passer une première épreuve. L'épreuve du Saut de l'Ange. Rien de bien compliqué pour les vétérans, habitués depuis dans siècles à parcourir le ciel, mais pour des bleuets comme les élèves de l'Assemblé des Étoiles, c'était une toute autre histoire.

    "- Tu stresses pas trop Nhyr ?

    - T'en fais pas pour moi Phyl, je me suis entraîné ces derniers jours. Mes ailes sont prêtes pour leur véritable premier vol !

    - Haha ! tu as l'air bien sûr de toi tout d'un coup. Tu crois vraiment que j'ai pas fait de même ?

    - ...! J'ai pas dit le contraire tu sais. Tu te sens prêt, toi ?

    - Évidemment ! Tu me prends pour qui ? Tu vas voir, je vais les impressionner moi, ces vieux schnocks !

    - Hé beh, tu t'améliores pas hein ? Toi et les vétérans, c'est une vraie guerre de position.

    - Une guerre de position !? Qu'est-ce que tu me sors ?

    - Haha, rien, rien. Laisse tomber.

    - ... T'es pas cool, mec. Si tu crois pouvoir me retourner le cerveau avant l'épreuve, tu peux toujours courir. Je vaincrais ! Foi de Phyl !

    - Tss... On verra ça à l'arrivée."

    Les jeunes étaient amassés en troupeau sur la place, dans un vacarme monstrueux que les anciens avaient bien du mal à étouffer. Cependant, quand l'heure des consignes arriva, un silence de mort s'abattit sur le groupe. Le même dragon qui avait fait cours à la classe quelques semaines avant s'avança. De sa voix cérémoniale, il fit face aux élèves pour leur donner des explications sur ce qui les attendaient.

     

    « - Aujourd'hui, vous allez faire votre premier baptême. Cet exercice a pour but de retirer l'appréhension que vous avez sur le fait de voler. En fait, la première étape du vol est le planage. Je vous demanderai donc de jeter un œil sur le bout de terre que vous voyez au loin.

    D'ici, sachant que vous aurez le vent de dos, vous glisserez aisément jusqu'à la berge. Ce n'est pas une compétition, mais un exercice. Il est donc recommandé de ne pas pas vous lancer à plus de cinq en même temps, et d'attendre que ceux devant vous aient pu atterrir en toute sécurité afin de vous lancer à vôtre tour.

    Si un incident venait à survenir, la séance de vol sera temporairement retardée. Aucun vol ne sera autorisé tant que l'un de vous se trouvera en difficulté. Si vous avez un problème, n'hésitez surtout à pas à le signaler. L'océan se trouve en-dessous de nous, donc si l'un de vous venait à chuter, nous aurions à vous repêcher immédiatement.

    Prévenez-nous impérativement s'il y a le moindre danger. Me suis-je bien fait comprendre ? »

     

    Ce même silence fut significatif. Tout le monde acquiesça sans prononcer un mot. Puis, le groupe vint se tasser au bord de l'îlot flottant pour se préparer à faire le grand saut. A l'annonce du départ, cinq individus s'élancèrent ensemble. Les adultes avaient beau avoir répété maintes fois que ce n'était en rien une course, les élèves confrontaient leur expérience à celle des autres. C'était vraiment à celui qui atterrirait le premier.

    De leur côté, Nhyr et Phyl s'étaient bien gardés d'aller devant. Ils ne voulaient passer que tout les deux, ensemble, entre bons amis. En attendant que la foule passe, ils échangeaient quelques mots encore un peu.

    "- Tu penses qu'on va réussir à ne passer qu'à deux ? J'ai comme un doute...

    - T'inquiètes pas Phyl, y'a juste le compte. Après tout, le groupe de vol d'aujourd'hui est composé de quarante-sept élèves, ce qui fait qu'en y allant cinq par cinq, il restera forcément un dernier groupe de deux à faire passer. Rassuré ?

    - Pff, arrête donc avec ton sourire d'enfant, ce n'est pas une blague Nhyr ! Tu sais très bien que je préfère qu'on y aille que tout les deux plutôt que de se risquer à passer avec les autres. Ils sont bien trop imprévisibles à mon goût...

    - ... Qu'est-ce que tu sous-entend exactement ? Moi, prévisible ? Tu crois ne pas l'être peut-être ? A ton avis, pourquoi ai-je fais en sorte de savoir exactement combien nous serions aujourd'hui ?

    - ... Haha, bien vu. Tu m'as eu sur ce coup-là. Bref, voyons comment s'en sortent les autres.

    - ... Pas la peine.

    - Hein ?

    - ... Ce n'est pas nécessaire. Tu sais mieux que moi qu'ils sont aussi peu doués que nous. Et puis, si l'un d'eux tombe à l'eau, on aura mieux à faire que de le regarder se faire sauver par un prof.

    - ... Si tu le dis, mais tu veux faire quoi dans ce cas ? Qu'as-tu encore derrière la tête Phyl...?

    - Je pensais que nous pourrions nous poser près des douves un moment... et discuter.

    - ...?

    - Viens. Et puis, on aura toujours un œil sur les autres comme ça."

    Ainsi, le duo se rendit près des douves. Les adultes étaient trop occuper à garder un œil sur le déroulement de l'exercice que sur le reste des élèves. Leur éloignement par rapport au reste passa donc inaperçu.

     

    Que Phyl pouvait-il bien avoir sur le cœur ? De quoi voulait-il parler ? Nhyr suivit son ami sans réponse à ces questions sur le moment. L'heure de l'épreuve approchait, mais il semblait préoccupé par autre chose. Quelque chose de plus important. Une fois les deux installés, Phyl se garda de parler un instant. Nhyr se décida donc à parler le premier.

    "- ... Alors, de quoi veux-tu me parler ? Quelque chose ne va pas ?

    - ...Nan, ce n'est pas ça. En soi tout va, mais j'aimerai te parler de quelque chose qui me pèse depuis un moment déjà.

    - ...?

    - ...De mes parents.

    - ...! C'est vrai que tu n'en as jamais fait mention jusqu'à maintenant. Je dois savoir quoi à leur sujet...?

    - ...Ils sont... ils sont... m-morts.

    - ... Oh, Phyl... je ne savais pas...

    - ...Enfin, je ne veux pas que tu t'en fasses à mon sujet. Pas à cause d'eux.

    - ...Alors quoi...?

    - ...Je veux que tu saches que... avant de te rencontrer, j'étais seul. Seul depuis un long moment. Tu es le premier "nouveau" de la classe depuis leur fin prématurée, et tu étais le seul à pouvoir devenir un ami.

    - ...Comment ça "le seul" ? Pourquoi ?

    - ...Les autres m'ont ignoré. Ils s'intéressent tous aux autres, eux et leurs grandes familles... Je suis le premier fils de ma "lignée", le premier "né" de ma famille en d'autres termes. Eux, ils sont tous la troisième, voire la quatrième génération de la leur... Ils me méprisent pour ce que je suis, et ils font pareils pour toi, mais... Tu ne le savais pas, pas vrai ?

    - Comment voulais-tu que je le sache ? Je ne les connais même pas !

    - ...Et c'est bien normal. Est-ce qu'il n'y en a eu juste qu'un pour oser te parler et faire connaissance quand je n'étais pas avec toi ?

    - ...Non. Mais je n'ai jamais été vraiment seul, tu sais.

    - ...!

    - Depuis que je suis ici, je suis toujours resté avec toi. Et avec ce que tu viens de me dire, je viens aussi de comprendre une chose... Si tu tenais à ce point à ce qu'on ne passe que tout les deux aujourd'hui, c'est parce que tu ne désires pas la présence des autres, et vice-versa. N'est-ce pas ?

    - ...Exact. Je veux que cette épreuve, on la relève ensemble. Comme des frères. Je veux que ce jour, tout comme celui de notre rencontre, reste à jamais gravé dans nos mémoires. Je veux que l'avenir nous permette de rester amis, de rester ensemble, comme le duo que nous formons maintenant... Nhyr, tu es ma seule famille à présent. J'espère pouvoir toujours te compter parmi les miens.

    - ...Phyl... si tu n'as plus de parents, où vis-tu ? Tu peux venir chez nous si tu veux !

    - ...Haha, tu n'as pas l'air de comprendre Nhyr.

    - ...?

    - Tout être est voué à disparaître. Tes parents iront rejoindre les miens un jour, et ce bien plus tôt que tu n'as l'air de le penser. Mais en attendant, je dors dans la planque dont je garde précieusement la clé. C'est comme la relique qui protège mon foyer si tu veux. Et cet endroit, tu y seras toujours le bienvenu.

    - Phyl... je peux te dire un truc...?

    - ...?

    - Tu as raison. Mes parents sont le produit de Noylan, alors que nous sommes le fruit de plusieurs êtres. Si tes parents sont morts, les miens s'en iront bientôt aussi. Je les vois tous les soirs, mais je ne fais jamais rien avec eux. J'ai presque l'impression de te connaître mieux que je ne les connais ! Alors je voulais te demander... Tu crois qu'ils l'ont voulu ainsi...?

    - ... Peut-être, qui sait ? Peut-être qu'ils voulaient que tu t'attaches à d'autres personnes pour ne pas que tu souffres de leur disparition future ? Pour ne pas que tu subisses la même chose que moi... T'éviter la solitude.

    - ...Oui. A présent, j'en suis convaincu. Phyl ! Nous devons oublier le passé, ne prend compte que du présent, et tournons-nous ensemble vers le futur. Notre futur !

    - ...Oui. Tu as raison Nhyr.

    - Viens, je pense que ça va être à nous. Profitons de ce premier vol, et faisons-en un souvenir commun à chérir, d'accord ?"

    Le dragon vert acquiesça à cette dernière remarque, poussé par un regain d'espoir. La mort de ses parents l'avait beaucoup affecté par le passé, mais devant l'enthousiasme de Nhyr face à leur amitié, il ne pouvait se résoudre à ne pas sourire. Cependant, il se demandait encore comment son ami pourrait réagir à la mort de ses propres parents. L'abandonnera-t-il quelque temps, ou choisira-t-il de rester avec lui ? Seul l'avenir a la réponse.

     

    En rejoignant le groupe, le duo se rendit compte que le dernier groupe de cinq s'apprêtait à entamer le départ. Soudain, ils s'élancèrent ensemble dans un cri de joie. Ils étaient aux anges, c'était clair. Nhyr s'arma d'assurance face à la distance plutôt raisonnable qu'ils avaient à parcourir au-dessus de l'eau. Trois cents mètres à franchir en plané pour descendre d'une quarantaine de mètres de hauteur était facilement faisable même pour lui et son jeune âge.

    Après tout, récemment, les dernières plumes de ses ailes avaient fini par pousser, ce qui fait qu'il ne serait pas pénalisé. Quant à Phyl, le fin duvet de ses ailes était parti pour laisser place à de splendides plumes vertes tirant vers le bleu sur les extrémités. Le temps de faire ce constat, le groupe précédent eut le temps d'atterrir sain et sauf sur la berge. Le duo attendit qu'il se décale un peu pour se lancer. C'était enfin l'heure.

     

    Prologue

     

    Nhyr et Phyl sautèrent dans les airs, les ailes déployées et les griffes en avant. Une seconde leur suffit pour se stabiliser et placer leurs pattes de la manière la plus confortable et stable possible pour planer. Nhyr essaya même quelques virages et battements d'ailes pour avoir la sensation concrète de maîtriser la chute. Phyl de son côté, profitait de la brise salée qui effleurait son visage. Le vent faisait frémir ses plumes sous le poids de la gravité, mais il maintenait une trajectoire volontairement droite.

    "- Tes virages t'amusent Nhyr ?

    - Tu trouves ça drôle toi, d'aller tout droit ?

    - Pas que ça me fasse rire, mais je me concentre sur la sensation de chute. Le vent qui me freine, mon poids qui m'attire à la terre, et la brise marine qui confuse mes sens... J'essaye de les maîtriser.

    - Perso, j'essaye d'avoir la sensation de gérer un minimum ma trajectoire. Je suis pas fan de la ligne droite. Mais rien ne t'empêche d'y aller "tout-schuss" si tu le voulais.

    - Mais je ne peux pas.

    - Et pourquoi ça ?

    - Parce que tu m'en empêches !! On la fait ensemble cette descente oui ou non ? Haha! si tu me dis que non, je t'étripe, gare à toi Nhyr !

    - Hé, mollo quand même! Haha!

    - Aller, viens te placer à côté de moi et ferme les yeux.

    - ...

    - Alors, qu'est-ce que tu ressens ?

    - ... Quelque chose d'étrange... Je me sens léger et inconscient, mais en même temps, j'ai la vague sensation de pouvoir ne rien faire, c'est comme si le temps était figé sans l'être... Je qualifierai même ça comme une sensation de... liberté.

    - Ouvre les yeux avant de voir cette liberté te passer sous le nez parce que t'as mal atterrit ! Regarde.

    - ...? Ha!"

    Nhyr freina en urgence à grand recours de battements d'ailes. Encore un peu et il fonçait sur les autres un peu plus loin. Phyl atterrit tout aussi précipitamment. Ils n'avaient pas idée de fermer les yeux en plein vol pour un premier essai. Suite à ce plutôt bon moment, ils rirent tous les deux un moment. Assez longtemps pour laisser les adultes rejoindre le groupe de jeunes. Le même, encore et toujours, se mit à les féliciter d'abord, puis à préciser les points à améliorer en passant par les qualités de quelques uns. Puis, il se mit à parler d'autre chose, de plus intriguant:

     

    « ... Néanmoins chers élèves, n'oubliez pas que ce n'est que la première étape pour devenir des gardiens de la paix. Rappelez-vous qu'ici, c'est à nous de faire la loi. Le Conseil prend les décisions, et quand vous serez assez grands, vous commencerez votre service dans l'escadron de la Terre des Aigles. Nous comptons sur vous pour nous remplacer quand nous ne serons plus en mesure de le faire. »

    - Attendez Monsieur, commenta un des élèves, on voudrait tous savoir... Qu'est-ce qui se passe entre notre domaine et les autres ?

    « Je vois que vous vous intéressez à des choses importantes. En fait, pour vous dire, nous sommes dans une situation pour le moins ambiguë. Notre conseil entretient une relation étroite avec l'Assemblé du Torrent. Cependant, il se trame quelques petites choses du côté de la Terre de Ombres. Cet endroit est le lieu où se retrouvent tous les êtres exilés pour faute grave de nos deux domaines. Mais il reste un lieu sur cette terre qui n'a pas de titre d'appartenance. Nous ne la revendiquons pas, nous autres venants des cieux et des océans. Mais ces autres êtres la réclament et risquent d'user de la force pour se l'approprier dans le cas où ils refuseraient notre verdict. Du fait qu'ils nous demandent notre aval, nous allons au devant d'un éclatement planétaire. Ceci va probablement nous mener à une guerre qualifiable de "mondiale". Hélas, les anciens ne peuvent combattre, ils sont fins stratèges mais affaiblis par l'âge. Vous serez donc nos forces armés dans ce combat pour rétablir la paix. Vous comprenez ? »

    - N'est-ce pas aux Dieux de s'occuper de ça ? Ils font quoi d'ailleurs !? s'insurgea un autre élève.

    « Les dieux demeurent sous la terre sur laquelle nous venons de poser pied. Je vous souhaite la bienvenue en Terre des Ombres les enfants. Si vous suivez ce sentier, vous arriverez au cœur d'un milieu hostile et inhospitalier pour des êtres comme vous et moi. Pour le moment, nous nous évertuons à vous enseigner notre savoir, et à vous entraîner physiquement pour le rôle qu'il vous a été assigné de part votre naissance. Vôtre devoir en tant que membres de notre belle contrée est de servir l'Assemblée des Sages aux noms de la Justice et de la Vérité. Les dieux ne suivent que leurs propres règles. Ils nous ont donné la possibilité de faire régner la paix par nous-même, alors nous devons l'appliquer. »

    - De quel droit vous choisissez si un territoire particulier appartient à untel ou un autre ? N'est-ce pas là un abus de pouvoir ? Pourquoi rechercher la conquête de territoire si leur premier est suffisant ? demanda Nhyr avec conviction.

    « ... Là est la raison, mon cher. La Terre des Ombres accueille tous les êtres déchus, bannis, et rejetés par nos sociétés. Ils sont plus du double de nous sur notre domaine, ce qui est considérable pour une terre aussi petite que la leur. Il serait donc logique de la leur léguer sans objections, cependant... Il réside sur la terre convoitée un environnement et des espèces uniques qui ont elles aussi droit à vivre sur le lieu qu'ils ont élu pour domicile. Ce serait sacrifier la beauté de la nature pour satisfaire les mécréants que nous avons rejetés. De même que pour vous, la naissance est importante... les lignés provenant d'êtres déchus ne valent pas mieux que leurs parents. Ils ne peuvent être des nôtres à présent, un point c'est tout. Il est donc inconcevable que nous puissions leur accorder la moindre de nos terres. Ce serait contraire à nos lois ! »

    - Tss... vos lois hein...? Celles établies par l'Assemblée et le Conseil...? On croit rêver... Monsieur, d'après vous, qui a raison ? Vous, et vos bannissements à vie et sans préavis ? Ou nous, qui sommes prêt à partager ? Je ne sais pas ce qui vous passe par la tête, vous, les anciens, mais je peux affirmer que vos cœurs sont fermés.

    « Il suffit ! Phyl, comment oses-tu me faire un tel affront ?! Ce n'est pas moi qui prend les décisions ici, ce ne sont que les membres du Conseil des Sages. L'Assemblée du Torrent accepte ou rejette leur jugement, et toutes les lois en vigueur ont été validés. Tu ne peux pas te révolter contre le jugement des anciens, tu es bien trop jeune pour comprendre nos raisons, et vous l'êtes tous d'ailleurs. Alors prenez votre mal en patience, et vous aurez vos réponses dans quelques années. »

    - Non !! Il n'est plus question d'attendre, nous devons agir ! Désirez-vous sincèrement voir une guerre éclater à cause de vos bêtises !? S'il vous plaît, je me refuse à laisser des êtres souffrir par votre faute. Ils ne le méritent pas.

    « ... Tu es Nhyr, c'est cela ? Tu es un brave petit. Mais tu es ignorant. Ils méritent ce qui leur arrive car ils ont été chassés pour leurs actes. S'ils sont là-bas, c'est qu'ils ont fait en sorte de s'y retrouver d'une manière ou d'une autre. Ce jugement est irréversible et inaliénable. Il est trop tard pour agir, Nhyr. »

    - C'est là que vous avez tord ! s'exclama Phyl, vous savez qu'il est encore temps ! J'ai d'ailleurs une idée. Cette terre convoitée, laissez-nous l'étudier. Si nous prétextons des recherches sur la faune et la flore, nous pourrions gagner un peu de temps, ne pensez-vous pas ?

    « Phyl... Phyl... Phyl... Tu ne changeras donc jamais ? têtu comme au premier jour. Mais tu as finalement peut-être raison sur un point. Nous pourrions prétendre à des investigations, mais il faudra d'abord que je suggère la chose aux membres du Conseil afin qu'ils en débattent, et s'ils acceptent, vous ne serez que vous deux à y aller ! Vous me faîtes perdre mon temps tout les deux. Phyl, tu as une mauvaise influence sur ce petit Nhyr... il se met à se révolter à son tour. Tu crois que je n'ai pas remarqué votre petit jeu ? Si vous échouez dans la tâche que vous vous êtes vous même infligés, vous irez rejoindre les déchus et vivrez leur peine avec eux. Il y a un temps pour tout. Un temps pour faire des erreurs, et un temps pour les réparer. C'est votre chance de vous rattraper, mais aussi l'occasion de vivre l'Enfer selon vos compétences à venir. M'entendez-vous bien là-dessus ? »

    - Je vous sommes de soumettre ma requête au Conseil au plus vite, Monsieur. Je vais vous faire ravaler vos menaces, et changer l'amertume à mon égard en admiration. Je deviendrai un héros ! Et à nous deux, Nhyr et moi-même, nous sauverons ceux que vous avez si lâchement abandonné ! Pas vrai Nhyr !?

    - ...Tu es sûr de toi, Phyl...?

    - ...Ce n'est plus le moment de douter. L'heure de vérité approche, et je vous démontrerai votre incompétence ! Un duo contre le reste du monde. Vous vous en mordrez tous les doigts, et vous excuserez de votre lâcheté à leur égard, ainsi que de votre jugement biaisé. Alors partez donc ! Plus tôt le Conseil aura accepté ma requête, et plus tôt vous serez débarrassés de nous. A présent Nhyr, viens. Nous n'avons plus rien à faire ici.

    « Attendez !! »

     

    Ce fut le dernier mot qu'il adressa au duo avant un long moment. Malgré cet appel, le dragon ne se lança pas à leur poursuite. Peut-être pensait-il qu'ils reviendraient d'eux-même ? Peut-être pensait-il pouvoir ne jamais les revoir ? Personne ne pouvait prétendre savoir ce qu'il se tramait dans la tête de l'ancien. Néanmoins, Nhyr pouvait affirmer qu'il allait défendre une cause noble et juste avec son ami.

    Sur qui allaient-ils tomber en s'aventurant sur la Terre des Ombres ? Et seront-ils assez conciliant pour leur céder l'accès au territoire qu'ils revendiquent ? Tout ce qu'il pensait à ce moment-là ne se résumait qu'à la seule pensée de Phyl. Aujourd'hui, il avait fait son premier coup d'éclat depuis l'arrivé de Nhyr, et il lui dévoilait peu à peu qui il est vraiment. Leur nouvel objectif les conduira-t-ils vers un avenir serein ou entaché d'un conflit sanglant ?


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  • Bonjour, bonsoir à tous^^! Aujourd'hui, je vous présente le portrait de notre cher ami: Nhyr! J'ai juste essayé de le refaire sur le pc, mais je le trouve plutôt ressemblant à l'original, donc on s'en contentera^w^! Voilà voilà x3!

    Nhyr, le dragon-griffon !

    En fait, la fourrure sur son torse qui ici, ressemble à ses ailes, devrait normalement ressembler davantage à la fourrure sur ses pattes, mais tant pis^^'... C'est tout pour l'instant... Je suis désolée de ne rien faire en ce moment, sauf que mes cours accaparent absolument tout mon temps, donc veuillez me pardonner; ça devrait bientôt se rétablir^w^! Alors patience, donc à une prochaine ;3!


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  • Bonjour, et bienvenue pour une nouvelle histoire, dont le personnage principal sera le suivant: Nhyr! Je vous laisse découvrir ce personnage dans ces quelques lignes de présentations, qui je l'espère, vous donneront envie de voir la suite^^!

     

    Nhyr, jeune créature de sang mêlée, croisement d'un dragon et d'un griffon, il est renfermé sur lui-même, déteste être dérangé, apprécie uniquement la compagnie de ceux qu'il connait vraiment bien, et qu'il fréquente depuis toujours, alors qu'il déteste toute personne au premier regard. Il est muet, comme tout personnage de cette histoire exclusivement animale, car comme vous le savez, les animaux ne parlent pas notre langue, et c'est ce qui va, en théorie, donner tout son charme à l'histoire... (en tout cas, je l'espère sincèrement, car seule la narration sera votre seule guide pour vous éclaircir cette histoire-ci...)

    On retrouve ainsi Nhyr dans une période calme, ou du moins, une période qui précède les événements qui vous seront prochainement contés. Cette créature unique vit dans sur un territoire nommé la Terre des Aigles. Ce lieu est le nid de tout être volant, possédant des ailes ou non, et vivent à l'abri de autres créatures qui peuples ce monde. On y retrouve notamment des Dragons, pour les plus anciens, des griffons, aigles, pygargues, oiseaux de proie, oiseaux de nuit, autre volatiles, ou être volants, des plus immenses aux plus insignifiants...

    Sur les autres "Terres" qui existent, deux autres font partis des plus puissantes de ce monde. L'une d'elle est la Terre des Ombres. Ce territoire-ci réuni d'une part toutes les créatures aussi bien incapable de voler, que de vivre dans l'eau, et vivent dans les profondeurs des forêts et des grottes - les lieux sinistres en somme - qui sont davantage fréquentés par les "bannis", "damnés" ou "déchus" selon qu'ils viennent de la Terre des Aigles, de la Terre des Ombres, ou des Terres Abyssales. Les êtres bannis sont les créatures des eaux congédiés pour un "massacre involontaire"; les damnés sont les créatures terrestres congédiés pour avoir trahis leur "meute" et se retrouve alors dans la Meute du Silence; et enfin, les êtres déchus sont les créatures des cieux qui sont dans l'incapacité de se battre, de défendre les leurs, ou qui ont commis un acte estimé monstrueux par le Conseil des Sages.

    Et enfin, il reste les Terres Abyssales qui est le territoire des créatures marines en tout genre, regroupant parfois les êtres les plus serviables du monde, comme les êtres les plus monstrueux et dévastateurs. Cet endroit est tellement immensément grand qu'il est absolument impossible que même le plus ancien des sages de ces eaux puisse connaitre personnellement absolument toute la population des ces eaux. L'organisation qui régit ces "Terres" est nommée L'Assemblé du Torrent, et comme tous les autres "groupes fondateurs", ils ne sont composés que des plus vieux et sages individus, existant depuis des siècles déjà.

     

    Voilà, c'est avec autant de noms à assimiler, et si peu d'explications que vous devrez attendre que je me décide à poursuivre le dessin de mes "planches" de BD (sur copies doubles x') pour enfin avoir un "aperçu" visuel de ce qui vous est conté^^! (déjà que y'a pas de dialogues, alors si y'a pas d'images en plus, vous comprendrez sûrement pas trop ce qui vous ait dit, et n'aurez jamais une idée "précise" de ce à quoi peuvent bien ressembler les différents personnages mis en scènes dans ces très courts chapitre^^! (oui, ça risque d'être bien moins long que les chapitres de "L'Histoire de Draniolon", mais globalement, les enjeux seront moins complexes, et le récit avancera plus vite x3! En tout cas, je vous souhaite de passer une bonne fin de week-end, et à bientôt pour 1- la suite de "l'Histoire" et 2- le début de cette parenthèse xD! Aller, ciao ;D! (enfin bientôt, faut le dire vite hein^^'...)


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