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    Chapitre 1:

    Partie 4: Vers le domaine de glace

     

    ... Me voici à présent avec un inconnu et un chien dans un arbre dans un monde que je ne connais pas... N'est-ce pas merveilleux de se dire qu'on a strictement aucune idée de comment on a fait pour arriver à un point où l'irréalisme devient réel...? Aujourd'hui, ce ne fut pas des plus simples. Et puis, je repense à ce... dragon enragé que j'ai aperçu. Pourquoi me semblait-il si familier...? Et... cette présence tout à l'heure. Était-ce vraiment lui...? Vay... qu'est-ce qui m'a pris de n'en faire qu'à ma tête aussi... J'aurai dû attendre qu'il me donne quelques éléments de réponses avant d'accepter naïvement d'être embarquée dans une quête aussi longue que ma propre vie... Heureusement, je le vois cette nuit. D'ailleurs, cet aigle qui m'a donné la lettre... lui aussi me rappelait quelque chose. Mais... quoi ? J'ai l'impression d'avoir déjà vu certaines personnes ici, sans pour autant avoir la certitude qu'il s'agisse bien d'eux. Ha... Vay, j'ai cru que tu n'avais pas tenu la promesse que tu m'avais faite. J'espère que tu as une explication... J'ai tellement de questions à te poser, c'est insupportable. J'arriverai pas à fermer l'œil si je continue à me torturer avec...! Concentre-toi. Ne pense plus à rien, et laisse le froid engourdir ton corps. ...

    Je ne savais depuis combien de temps je dormais quand quelque chose vint effleurer ma joue. Ce contact léger m'était un peu désagréable. De plus, son insistance me forçait à ouvrir les yeux pour voir d'où provenait la gêne... En me redressant, je vis une créature étrangement familière m'observer avec un grand sourire. Puis, je sentis dans mon poing quelque chose me piquer la paume. En y jetant un œil, je me souvins d'un coup. Vay. Il était là, quelque part, et m'attendais. Il était précisé qu'un certain Nayru viendrait me donner le signal. C'était forcément cette boule de poil jaune et blanche, sertie d'un ruban brun qui lui seyait à merveille. En cherchant à travers l'obscurité et les feuillages, j'aperçus l'oiseau de tout à l'heure, accompagné de celui que je voulais tant voir. J'imagine avoir le plus grand mal à retenir mon impatience... j'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne l'ai plus vu ! Dans la plus grande discrétion possible, je me mis à descendre prudemment le tronc de l'arbre sur lequel mes camarades d'un jour se reposaient. Une fois au sol, je vis ce fameux Nayru descendre avec grâce les branches que je venais moi-même d'emprunter. A présent, il était temps d'obtenir des réponses tangibles. M'avançant d'un pas tranquille, je laissai la petite bête jaune me guider. Je le vis grimper en quelques bonds une paroi rocheuse assez simple à gravir, je suivis donc le pas. Enfin arrivé là-haut, je me retrouvai nez à nez avec l'oiseau de tout à l'heure. J'avais l'occasion de l'observer à nouveau, et je ne m'étais pas trompée la première fois. Il avait bien de la glace sur le corps...

    Soudain, l'apparition d'une ombre plutôt imposante derrière le volatile me rappela que je n'étais pas seule. Sans vraiment comprendre ce qui m'avait brusquement poussé à agir si... impulsivement, je me vis sauter dans les bras de Vay... littéralement. J'avais beau me dire que j'abusai, je n'arrivai pas à me convaincre de lâcher prise. Apparemment, ça ne semblait pas déranger plus que ça le jeune homme que je câlinais sans vraiment le comprendre... et je le sentis même renforcer légèrement cette étreinte en enroulant timidement ses bras dans mon dos. Je crois qu'il m'a vraiment manqué... c'est la seule explication logique à ce que je viens de faire. Pourtant... j'ai encore cette sensation de vide qui persiste... Comment la faire partir ? Le pourrai-je seulement...? Finalement, je me décidai à le libérer, et j'avais à présent l'impression de ne plus rien contrôler complètement. Ce qui me paraissait absolument impensable au premier abord, je me permettais de le faire, et il ne me repoussait pas. J'avais un peu de mal à saisir, là encore... mais j'acceptais les faits, et essayait de rester concentrée malgré tout. Il commença alors, dans un murmure, à entamer la conversation:"- ... Je suis désolé si je t'ai inquiété... J-je ne voulais pas... enfin, je ne pouvais pas te voir avant maintenant. Tu ne m'en veux pas...?";

    "- ... "; Je lui souris gentiment. "Non, pas tant que tu as une excuse." continuai-je en rendant mon sourire un peu plus narquois. Il sourit à son tour.

    "- ... Dans ce cas, je vais faire court. En fait, c'est juste que je ne suis pas censé interférer dans... ce que tu vis en ce moment... pour des raisons qui tiennent du secret... professionnel disons." dit-il d'une voix nuancée. Je sentais son malaise sur le sujet, mais je ne pouvais pas rester dans le flou. Je voulais savoir.

    "- De quel genre de registre professionnel s'agit-il...?" demandais-je sur un ton plutôt ferme.

    "- ... Le même que toi, en l'occurrence..." hasarda-t-il. Je voyais bien qu'il n'était pas disposé à m'en dire davantage sur le sujet.

    "- Je ne vois pas de quoi tu parles. Tu es si mystérieux..." commençais-je en le regardant pensivement. "J'ai cru que tu n'avais pas tenu ta promesse tout à l'heure... mais si tu n'es pas intervenu... c'est uniquement parce que tu n'en avais pas l'autorisation...?" poursuivais-je, essayant de lui arracher les infos qui pourraient me permettre d'en savoir un peu plus.

    "- C'est ça... A vrai dire, si ça n'avait tenu qu'à moi, je te serais sûrement venu en aide... même s'il m'est très fortement conseillé de te laisser expérimenter seule pendant un temps. Je ne devrais d'ailleurs intervenir que si tu es en danger immédiat à caractère mortel..." ajouta-t-il d'une voix triste.

    "- Hé beh, que de réjouissances dis-moi ! J'ai presque envie de revenir sur ma décision... Je n'aurai pas dû te dire si vite que tu pouvais m'envoyer ici, comme ça... J'ai répondu sans réfléchir...";

    "- ... "; Il me regarde la mine sombre. J'espère qu'il ne va pas me dire que c'est irrémédiable ou quelque chose du genre... "Et bien... c'est problématique.";

    "- Et... pourquoi ça ?" demandai-je naïvement. Pitié, pitié, pitié...

    "- Il est trop tard pour faire marche arrière..."; J'aurai dû le parier. Je m'attendais à quoi aussi ?? "Nous aurons besoin de toi prochainement. Et je dois d'ailleurs te mettre en garde."; Il marque une pose. Il me regarde dans les yeux pour y desceller quelque chose, qu'il ne sembla pas trouver.

    "- Me mettre en garde par rapport à quoi exactement ?" poursuivis-je avec une pointe d'ironie.

    "- Déjà, de la menace que représente Draniolon. Je pense que, rien qu'aujourd'hui, tu as eu le temps d'entendre parler de lui... et à vrai dire, tu es bien loin d'en avoir fini avec ça..." dit-il d'un ton solennel. Il feignit me laisser poser ma question, mais n'attendit finalement pas que je l'énonce pour y répondre. "Tout ça parce que tu es destinée à être son élue."; Misère et stupéfaction... bizarrement, je m'attendais à ce type de nouvelle.

    "- Très bien... et alors ?" demandais-je avec un intérêt amoindrit par l'annonce. Il semble apparemment surpris par ma réaction. Mais il reste concentré, et continue ses explications.

    "- ... Et bien, il faut savoir que Draniolon a perdu, il y a de ça un siècle, celle qui occupait cette place avant toi. Pensant dès lors qu'il s'agissait de la dernière encore en vie, le dragon s'est mis en tête de gérer son pouvoir à lui seul. Hélas, la situation n'est aujourd'hui plus aussi stable qu'avant, et la puissance qu'il renferme a commencé à le rendre fou. Nous avons donc fait en sorte de trouver la dernière personne capable de raisonner ce Dieu enragé... et il s'agit de toi." dit-il en termes simples.

    "- Je vois l'idée... mais qu'ai-je à avoir à faire dans cette histoire...? Je ne comprends pas..." répondis-je, un peu perdue par tant d'informations d'un coup.

    "- En fait, nous ne savons pas exactement ni comment, ni pourquoi... mais il semblerait que Draniolon est prévu sept copies de toi pour lui permettre de subvenir à ses besoins sans à avoir à passer par toi pendant tout ce temps... Mais, n'ayant maintenant plus d'élue de substitutions, il s'est avéré préférable de lui amener l'originale. Donc, toi." affirma-t-il, apparemment plongé dans son récit.

    "- ... D'acc-ord... Donc, pour résumer... Un dragon s'est servi de mes clones pour ne pas m'utiliser moi en tant que son élue avant aujourd'hui. Et pour quelles raisons mes remplaçantes ne sont-elles plus là exactement...?" résumais-je, intriguée.

    "- Soit parce qu'elles ont péri... Soit parce qu'elles ont été corrompues." dit-il sobrement.

    "- ... Comment ça, corrompues...?" demandai-je, me laissant doucement imprégner par l'inquiétude.

    "- ... Elles ont voulu obtenir plus, et ont fait comme ce que Draniolon nous fait aujourd'hui... En sommes, c'est plus ou moins Adsis qui incorpore dans le cœur des gens des idées noires, qui peuvent pousser à commettre des crimes, voire... mener à la folie. Ce Fléau, on l'a tous en nous, et c'est d'ailleurs ainsi qu'on l'appelle. Je t'invite donc à t'en méfier." finit-il l'air sévère. Je reste sans voix. Des centaines de questions affluèrent d'un coup dans ma tête comme une tempête si vaste que je ne pouvais plus réfléchir. Je remets les compteurs à zéro, et je replonge dans le bain.

    "- ... Wow. Si je m'attendais à ça..." dis-je, encore un peu sous le coup de la paralysie cérébrale. Une fois les idées à nouveau à peu près claires, tout redevint à peu près cohérent pour moi. "Mais, à voir ta tête, ce n'est pas la seule chose dont tu voudrais me prévenir, je me trompe ?"; Effectivement, je ne m'étais pas trompée. Il avait l'air pris dans un conflit intérieur.

    "- J-je... Tu vas peut-être me trouver égoïste, ou autre mais... Sache que je ne serai pas toujours là pour veiller sur toi. Ça peut paraître niais dit comme ça, mais c'est juste que... Il est prévu que pendant un temps, quelqu'un me remplace, et joue mon rôle. Ou du moins, jouera un autre rôle pour me remplacer. Je te demanderai de te méfier de lui. Tu ne t'en douteras peut-être pas... et te connaissant, tu auras déjà oublié cette mise en garde quand tu le croiseras... mais méfies-toi de lui. Il va sûrement te faire croire à des idioties sans nom. Prétendre avoir vécu un certain passé pour te mettre dans sa poche, mais remets toujours en question ses propos."; Dit-il, une rancœur visible dans l'âme.

    "- ... Et à quel nom répond cet ignorant...?" demandai-je, un peu surprise par l'implication de Vay dans cette mise en garde.

    "- ... Philias. Juste, Philias. Retiens ce nom, et tu éviteras de tomber dans le plus gros piège de l'épreuve à laquelle nous t'avons soumise.";

    "- A-attends... quelle épreuve ??";

    "- Celle-ci. D'autres questions...?"; Déconcertée, je le regardai avec des yeux ronds. Certes, j'avais eu des réponses... mais j'avais à présent la sensation d'être encore plus paumé qu'avant. Mon inconscience me manquait un peu...

    "- Que suis-je censé faire à partir de maintenant...?" demandai-je, avec un grand manque d'enthousiasme.

    "- Te rendre au glacier pour te confronter à Draniolon avec la tenue de l'élue. Tu la trouveras dans la caverne à la base de la montagne glacée. Si tu commences l'ascension sans elle, une fois là-haut, il te faudra tout redescendre... En aucun cas tu dois te présenter comme tu es maintenant. S'il voit dans ton apparence une trop grande ressemblance avec ses anciennes élues, il pourrait croire que tu es l'une d'elles, et te fera subir le même sort... J'aimerai éviter cette fin, si ça ne te dérange pas..." continua-t-il sur un ton presque suppliant. Finalement j'abdiquais, l'interrogatoire n'avais que trop duré, et plus d'infos encore aurait fait disparaître toutes les autres, même les plus importantes. Et puis, c'était mignon venant de lui, de s'inquiéter pour moi. Alors, je lui souris de compassion, et finis par parler.

    "- Je vois. Merci de vouloir me protéger, c'est adorable de ta part. Mais, si je ne vais pas me rendormir bientôt, je sens que la journée de demain sera très longue pour moi. Je te remercie d'être venu me voir pour... éclaircir certains points - tout en en assombrissant d'autres par la même occasion... Ça m'a fait plaisir de te revoir en tout cas, Vay. Alors... j'espère à bientôt." concluais-je avec regret. Il sembla hésiter, mais fit demi-tour. Puis, je sentis quelque chose retenir mon poignet. Quand je vis le ruban de Nayru fermement accroché, tandis que la petite boule jaune semblait fusiller Vay du regard, je compris ce qu'il voulait faire. Alors, je me mis à réfléchir rapidement pour satisfaire Nayru, en plus de moi-même, mais une fois encore, j'aurais peut-être dû y réfléchir à deux fois...

    De son côté, Lunol ouvrit l'œil encore ensommeillé et leva la tête. Il manquait quelque chose. Prenant un court instant pour étirer ses muscles endoloris par les branches inconfortables, l'enfant de la Lune réfléchit un instant. "Quel heure est-il...? Hm... il fait encore nuit apparemment. L'air est frais ce soir... hm...? Quel est cette odeur...? Serait-ce... du gibier ?" s'interrogea-t-il en salivant d'avance. "Il me tarde de voir qui rôde autour de mon arbre..." Ainsi, en suivant l'alléchant fumet que percevait sa truffe, le chien chocolat se rapprocha du bord et vit, non sans surprise, le petit groupe réunis. Complètement sous le choc de ce qu'il voyait, il observait les quatre individus bouche bée. Puis, en réalisant ce qui se déroulait sous ses yeux, Lunol se ressaisit et aboya avec force:"Et, vous!! Lâchez-la immédiatement, ou je vous ferai passer l'envie de vous approcher d'elle à nouveau!!!"; Peut-être un peu trop fort d'ailleurs... Baissant sa garde en voyant les visages qui se tournaient vers lui tout aussi choqués qu'il l'était, les remords se mirent à le parcourir. Oups... trop tard. Maintenant, Oggas se réveilla à son tour, sur le pied de guerre. Naya, quant à elle, avait pris de la hauteur pour fuir vers le village en cas de danger réel. Il est évident que le chahut n'allait pas se finir aussi bien que le rendez-vous nocturne avait pu commencer... Oggas se pencha à son tour avec curiosité, et son regard à la vue de Vay aussi proche de la jeune fille le fit pâlir. Lui aussi n'en revenait pas.

    Après un court instant de mutisme commun, je me décidai à parler pour crever l'abcès:"- Hey, je pensai pas qu'on vous réveillerai avec notre conversation... Vay était simplement venu faire le point sur un truc, y'a rien à craindre...héhé." Commençai-je, un peu gênée par les circonstances.

    "- Attends, tu le connais ??" s'exclama Oggas, il était aussi blanc que sa colombe...

    "- Ne t'en fait pas Oggas, c'est l'une des nôtre. Et, tu t'en doutes mais... c'est moi qui me charge de la chaperonner." poursuivit Vay.

    "-...Ha! ouais, la chaperonner hein...? Et depuis quand tu conseilles quelqu'un avec ce genre de manière, Vay ? Je ne t'ai jamais connu aussi entrepreneur. Tu nous cacherais pas quelque chose ?" Poursuivit Oggas, sur un ton chevauchant à la fois la moquerie et la jalousie.

    "-...C'est bon, tu vas pas t'y mettre toi aussi. J'ai déjà Philias pour me charrier lors des Congrès, ce serait sympa que tu ne deviennes pas comme lui..." ajouta Vay, l'air passablement lassé.

    "-...Heu... Attends une seconde...-" Avant que je n'ai pu lui soumettre ma soudaine découverte, Vay reprit la parole pour mon plus grand désarroi.

    "-...En plus, c'est pas comme si tu ne le connaissais pas. On est bien d'accord que tu te souviens de lui, pas vrai ?" dit-il sur un ton étrangement amical.

    "-...Ah oui, celui qui ne sait jamais quand la fermer ? Ouais, ouais, je vois de qui tu parles... Manquerait plus qu'il se soit chargé de cette mission à ta place, haha!! Le connaissant, il aurait adoré te mettre des bâtons dans les roues!" plaisanta Oggas d'un rire sincère...

    Il semblait se connaître depuis des lustres, comme des amis de très longue date. De mon côté, j'étais perdue alors que mon cerveau tentait éperdument d'assimiler toutes les infos qu'ils s'échangeaient en me laissant, moi et les autres, complètement à part, de manière à comprendre la logique se cachant derrière les faits. La seule chose qui me rassurait, c'était bien de voir que je n'étais pas la seule à être complètement dans les choux... Nayru, l'aigle de glace, et même Lunol étions tous, sans exception, troublé par leur échange pourtant si naturel... Jamais je n'aurai cru que ces deux-là se connaissait, et encore moins à ce point-là ! "J'aurai peut-être dû lui poser plus de questions finalement..." murmurai-je à voix basse avec lassitude.

    "- Ouais, je vais devoir vous laisser... La situation est devenue assez critique, et ils vont avoir besoin de moi pour repousser Draniolon. En plus, je ne sais si les orbes sont bel et bien sous bonne garde à l'heure actuelle, car si ce n'est pas le cas, nous allons nous confronter à la fin de tout ceci..." dit Vay, avant que le jeune homme qui était toujours perché sur son arbre le retint encore un peu plus.

    "- Ce qui voudrait dire qu'on devrait retourner à notre ancienne vie...?" demanda-t-il d'un air un peu plus concerné maintenant.

    "- Inévitablement... pour chacun d'entre nous." ajouta Vay d'une voix sinistre.

    "- Et qu'adviendra-t-il de tous les autres...?" finit Oggas d'un ton fataliste.

    "- Réduit à l'état de poussière... Plus aucune vie nulle part, excepté la domination auto-destructice de Draniolon qui finira à son tour par retourner à l'état Originel du monde... avant que Noylan ne le rebâtisse." conclut Vay l'air absent. Était-il plongé dans ses songes ?

    "..."

    Un silence pesant s'installa, et plus personne n'osa émettre le moindre bruit.

    "..."

    Il était à présent certain qu'ils en savaient bien plus qu'il ne le laissait paraître.

    "..."

    Trop de question fusent dans ma tête, impossible de toutes les comprendre.

    "..."

    Il est temps que les choses s'éclaircissent enfin, malgré le léger malaise présent.

    "-... Me permettez-vous de... vous posez quelques questions supplémentaires...?" commençais-je d'une voix claire.

    "-...On t'écoute..." lança Oggas à demi-voix. Redoutaient-ils tous mes questions...? Devant quoi m'aventurais-je...?

    "-...En fait, j'ai cru saisir ce qui se trame ici... Mais j'ai besoin de savoir ce qui vous lie. Et de ce fait, vous qui prétendez que je fais partie des "vôtres" pour reprendre vos termes, pouvez-vous m'expliquer par quoi nous sommes liés...?" hasardais-je en gardant non sans mal le fil de mes pensées.

    Après un bref silence, les jeunes hommes s'échangèrent un regard mitigé... Ils n'étaient pas d'accord sur la réponse à me fournir. Je lisais dans les yeux d'Oggas:"Vas-y, dit lui la vérité. Elle mérite de savoir." tandis que de l'autre, le discours aurait plutôt été:"Non, surtout pas. Si jamais elle l'apprend maintenant, j'en connais un qui va sauter sur l'occasion pour me prendre cette mission!" et j'oserai même m'avancer jusqu'à dire que ce "quelqu'un" auquel il fait référence est ce fameux Philias contre qui il semble n'avoir qu'un simple différent. Mais du coup, qui croire...? Puis-je seulement faire confiance à quelqu'un qui cherche à me "protéger" par pure jalousie...? Si ce n'est pas par simple égoïsme... A cette idée, je me sens lancer mon regard le froid et médisant à Vay. Je n'appartiens à personne, qu'il le veuille ou non. Pareil pour Oggas, je sens bien qu'il n'apprécie pas la proximité que j'avais avec Vay tout à l'heure... ils sont du même niveau tous les deux. Mais ce ne seront pas eux qui m'arracheront ma liberté. Jamais. Et d'ailleurs, j'attends toujours de savoir ce qui fait de moi une des leurs... si jamais ils comptent me l'avouer un jour. Vu comme c'est parti...

    "- Bon, je vais te le dire comme Vay n'a pas l'air très disposé à te l'avouer..-"

    "- Non, tait-toi! Ne dis rien-"

    "- Vay, arrête de faire l'enfant!! Tu sais aussi bien que moi qu'elle le saura à un moment ou à un autre! Alors..-"

    "- Mais ce n'est pas la même chose, nous l'avions appris par le biais de nos dragons alors pourquoi ne pas la laisser l'apprendre par elle-mêm-"

    "- Parce qu'elle le sait déjà IMBECILE!!! Tout le monde lui a déjà soumis l'idée! Et d'autant que ce n'était pas là le but initial de sa question..."

    "-...J-je... Alors quoi...?" demanda Vay, perdu dans la violence de l'échange.

    "- Elle demandait ce qui faisait d'elle quelqu'un comme toi et moi, en comprenant également dans le lot Xélios, et Philias... C'est bon, tu percutes ?"

    "-...J-je........Oh, oui je crois..." ajouta Vay l'air penaud.

    "- Bien, maintenant, acceptes-tu que je lui dise...?" J'étais déconcertée par la virulence et l'acharnement qu'avait eux Oggas face à Vay... Peut-être était-il plus digne de confiance que celui chargé de ma servir de guide...?

    "- Vas-y... Tu n'as rien à perdre toi, de toute façon..." L'air triste qu'il me lança me laissa perplexe. D'un côté, j'avais envie de le prendre en compassion, et faire en sorte qu'il garde sa mission, mais de l'autre, j'avais encore en travers de la gorge la raison qui le pousse à réagir ainsi. C'est certes, touchant qu'il m'accorde autant d'affection si je peux la nommer ainsi, mais je refuse que ce ne devienne une obsession. Je ne suis pas son précieux, et je ne pense pas pouvoir m'envoler comme par miracle. C'est pas si dur de couper les ponts pourtant! Si seulement il pouvait arrêter de me fixer avec son air de chien battu, doublé du sourire maussade de la défaite au coin des lèvres... Faut pas me prendre par les sentiments si tu ne sais pas ce que tu cherches à obtenir de moi... Ça pourrait très mal finir.

    "- Au fait, je ne connais toujours pas son nom, ce serait plus simple pour m'adresser à elle..."

    "- Oh, c'est vrai. Elle-même ne le sait pas en fait... Mais elle, c'est Célia. ... Ça te dit quelque chose ? Tu as l'air perplexe." Ajouta Vay en répondant à Oggas.

    "- Et bien, c'est juste que ça n'a pas vraiment des airs de "noms" que nous sommes sensé porter en tant que... euh, rhm." Oggas s'abstint de finir sa phrase, il me jeta un regard inquiet.

    "- C-Célia tu dis...? ...... Pourquoi ça ne me dit rien...?" demandais-je naïvement.

    "- Euh... E-Et bien...-" hasarda Vay pris entre deux feus.

    "- Laisse tomber, on t'expliquera plus tard. Mais du coup, laisse-moi t'annoncer que tu as devant toi deux élus comme toi, tu es l'élue de Draniolon. Perso, je suis avec Adsis, et ce cher Vay lui s'occupe de l'Originel." Interrompit Oggas d'une voix assurée.

    "- L'Originel...? Je m'y perds là..." répliquai-je encore plus embrouillé qu'au début.

    "- Pour faire court, le Dragon Originel est le créateur de ce monde... C'est l'adjectif qu'il a été convenu d'employer entre élus pour parler de l'entité qui regroupe les noms de Nola, Noloy, et Noylan, dû à ses trois formes." expliqua Vay d'un ton particulièrement calme.

    Lunol observa tour à tour les deux jeunes hommes, comme pour confirmer qu'ils étaient redevenus aussi calme qu'au début du débat. Plus aucune tension ne régnait entre les deux, et c'était si soudain qu'en percevoir la transition me déboussolait encore davantage. De leur côté, les camarades de Vay avaient l'air de se détendre depuis la chute de tension. Vraiment perturbant.

    "- Et pour répondre à l'autre question de tout à l'heure, c'est normal que ce nom ne te dise rien. En fait, ce nom est sensé être un nom de code, prévu pour être DIFFÉRENT - n'est-ce pas Vay... - de l'original... même si j'ai le sentiment que dans ton cas, il n'a pas été modifié, et que d'autre part, je pense que tu ne dois te souvenir d'absolument rien de plus que ce que tu as commencé à vivre depuis ton "premier" réveil. Je me trompe ?" affirma avec conviction Oggas.

    "-...Euh, j-je... et bien j'imagine que... si nous sommes tous les deux des élus, tu as dû passer par là toi aussi... non ?" rétorquai-je hésitante.

    "- C'est exact. Nous sommes tous passez par là. Mais assez de bavardages, il faut que j'y ailles. Les autres m'attendent sûrement pour mettre le plan à exécution. Je compte sur toi pour te rendre sur le Pic au plus vite, nous enverrons Draniolon te rejoindre. Je te souhaite bon courage pour ton épreuve, Célia. Quant à toi Oggas, je te conseille juste de ne pas l'accompagner sur la montagne glacée, au risque de te prendre les foudres de D.Univers... Compris ?" Conclut Vay d'une voix assurée, loin de celle de tout à l'heure.

    "- Très bien, j'ai compris... Philias n'aura pas ta mission, je te le promet." souffla Oggas en levant les yeux au ciel, visiblement exaspéré par l'insistance de son ami.

    "- Adieu, j'imagine..." dis-je, sans arrière pensée. Je ne comprenais pas tout, mais je saisissais déjà le principal. Cependant, quelque chose ne va pas, je le sens, et c'est loin de me plaire... Trop de choses restent en suspens, j'ai besoin de savoir... mais assez pour aujourd'hui, j'ai déjà eu trop de révélations d'un coup. Il n'est pas nécessaire de tout découvrir d'un coup ! au risque d'en oublier des bouts là encore...

    Sans autre forme de procès, Vay s'en alla suivit par Nayru, et l'Aigle de Glace dont je ne connaissais toujours pas le nom, tandis que Naya vint me rejoindre une fois le petit groupe hors de vue. Oggas me rejoins à son tour, assez maladroitement cela dit, et Lunol ne pouvait pas ne pas faire de même, évidemment. La petite bande que nous formions tous les quatre me rappelait un sentiment familier... J'ai déjà connu cette impression rassurante avant, mais le fait de me souvenir de ce genre de chose m'apporte un vague sentiment d'angoisse... Je ne me comprendrais donc jamais... Depuis quand se rappeler de quelque chose d'agréable est exprimé par le corps comme une sensation inconfortable de déjà-vu ? Voyant mon trouble, les trois m'observaient avec cet air concerné qui ne les quittent plus dès que mes pensées me dévorent... Je ne sais même pas ce que je leur reproche, ils sont là pour moi après tout.

    "- Tout va bien Célia ? Tu as l'air pensive..." demanda Lunol, le regard aussi vague que le mien.

    "- Oui, tout va bien, ne t'en fait pas." Je ne savais pas que penser pouvait être une mauvaise chose. Mais bon, il ne sert à rien de le faire remarquer, si ?

    "- On devrait se recoucher histoire de se reposer encore un peu avant de prendre la route. Les évènements qui vont suivre risques de ne te laisser aucun répit..." suggéra Oggas, inquiet.

    "- Je doute que ce soit une bonne idée sachant qu'il faut que je sois prête à me confronter à Draniolon dès que possible... C'est un peu une perte de temps, non ?" demandai-je en suivant sans vraiment m'en apercevoir, la logique de Vay.

    "-...Non, ce qui serait une perte, ce serait que tu ne sois pas assez reposée le moment venue, et qu'en conséquence, tu échoues dans ta tâche... menant ainsi à la fin de tout ça. C'est ce que tu veux...?" C'était une question rhétorique, évidemment. Mais c'est qu'il commence à bien me comprendre le bougre! Enfin.... je ne sais même pas pourquoi j'en doute. Pour l'instant, ce sont bien ces trois-là avec qui j'ai passé le plus de temps depuis mon arrivée ici... Donc ça paraîtrait logique.

    "-... Ai-je seulement besoin de répondre...? ... C'est d'accord, j'admets que tes arguments m'ont convaincus." avouais-je finalement devant son air inquisiteur.

    C'est ainsi que je me retrouvais coincée entre l'étreinte de mes trois amis alors que le soleil, lui, se faisait encore bien timide. J'eus l'impression qu'il n'allait jamais pointer ses rayons tellement le sommeil m'avait fui. J'étais encore perturbée par toutes les infos qu'il me restait à encaisser. Fermer l'œil dans ces conditions me parut impossible, malheureusement. Et même le simple fait de fermer les yeux se retrouvait infaisable... mes paupières s'acharnaient à se rouvrit d'elles-même. Qu'ai-je bien fait pour subir cette torture interminable...? Tout autour de moi est en veille, et je ne trouve rien de mieux à faire que de lutter malgré moi contre cette atmosphère soporifique... Bah, peu importe. Au moins, j'ai le temps de souffler... c'est déjà ça. ... Je me mets ensuite à observer les arbres, les lumières, les couleurs et les formes devant moi... Le soleil commence enfin à donner de la consistance aux arbres. Les feuilles vertes dont les rayons les traversent à peine teignent l'atmosphère d'une certaine féérie. Les troncs encore noirs se révèlent décorés d'un fin reflet doré sur leur ligne de courbe. L'horizon casse les lignes de l'ensemble, et des nuances rosées illuminent ma vision, le décor se dresse et s'arme de plus de couleurs, de teintes splendides, dignes d'un matin qui s'annonce sous le meilleur jour. Et pourtant, malgré ce qui m'attends, j'aime me perdre dans les nuages qui me font face, avec la mer que j'aperçois faiblement au loin, et au fond, mon objectif se tient là, resplendissant. N'attendant plus que ma venue. Magnifique tableau que celui que je voulais peindre de ce matin. Enfin, je me sentais chez moi.

    Le temps passa, l'aube réveilla mes compagnons de route, et bientôt, tout ce petit monde allait se mettre en marche. Il était temps de faire face. J'étais prête. Prête à me battre s'il le fallait. Jamais je ne laisserai un être, qu'il s'agisse d'un Dieu ou d'un autre, arracher des vies sans préavis. Je me dois de sauver ce monde qui n'est pas le mien. Je refuse de le laisser détruire de si beaux endroits, et des individus si différents. Ainsi, que je sois ton élue ou non, Draniolon, je t'empêcherai d'arriver à tes fins. Et si je suis la clé pour mettre fin à ce carnage, alors j'endiguerai ta force pour l'assigner à des objectifs bien plus nobles que ceux de destruction et de domination. Je n'ai jamais réussi à adhérer à l'idée même que des buts de ce type puissent simplement exister. Personne n'est au-dessus de personne, même si tu t'assigne un grade supérieur. Un titre n'est qu'un tire ; Un nom, un nom ; rien ne surpasse rien, nous sommes tous égaux. Ça ne doit pas être différemment. Et puis, qui sont ceux qui prétendent être au-dessus de la "norme", hein ? à part ceux qui ne désire assouvir que leur égoïsme et leur culte d'eux-même. Tss... ça n'a pas de sens. Ils oublient que certains ne veulent qu'une vie simple, sans véritable contrainte, et qui mène à une paix durable... Est-ce trop demandé...? ... Peut-être... mais je m'égare. Il est temps de se mettre en route. Montagne de Glace, me voilà !!

    En approchant de nouveau du village, j'entends une voix m'interpeller:"Tu m'as l'air bien déterminée ce matin." commenta Oggas, qui en jugeait à ma démarche. Je ne relève pas. "Eh, tu m'ignores...?" demanda-t-il d'un ton faussement lassé. En réponse, je ne lui lance qu'un sourire et un regard en coin. Le message est passé. "Je vois. Au fait, tu vas avoir besoin d'un bateau pour voyager jusqu'au domaine de ce cinglé... Heureusement pour toi, j'ai l'avantage d'avoir le titre de "fils du chef" dans ce village... J'ai moyen de t'en procurer un assez facilement..." Il attend un signe de ma part, mais devant mon silence, il poursuit. "...Ouais, tu me remercieras plus tard..."; Je ne sais pas comment il considère mon silence, mais vu comme me toise Lunol, lui doit avoir l'impression qu'il parle à un mur. J'en rigole un peu. Naya, elle, volait autour de nous. En voyant un visage familier nous approcher, elle fondit vers l'homme bourru. Tiens, je l'avais oublié celui-là... J'espère qu'Oggas va réussir à justifier notre absence prolongée à... son père, je crois ? Tout s'embrouille, j'ai l'impression de ne rien connaître...

    "- Ha!! Te voilà enfin, fiston! T'étais passé où ??" s'inquiéta l'homme à la voix toujours aussi grave et puissante.

    "- Ah, père...! Tu devrais y être habitué depuis le temps... C'est loin d'être la première fois que je pars en solitaire sans prévenir. Tu t'en souviens n'est-ce pas?" Je suis perplexe face à son jeu d'acteur. Soit il est vraiment dans son personnage, soit c'est un menteur acharné. Je ne saurai dire quelle réponse est plus proche de la vérité que l'autre...

    "- Oui, comme tu le dis... En solitaire. Or, cette fois, tu n'étais pas seul......." L'homme me regarde longuement, m'examinant de haut en bas, comme pour m'évaluer sans que je ne comprenne à quelle fin. Devant mon angoisse apparente, il osa un sourire qui me dévoila le fond de la pensée du Chef du Village. "Je ne savais pas que c'était ton genre de fille, Oggas." finit-il d'une voix mielleuse.

    "- Qu-Qu-Quoi!?!?!" Je me décomposais sous leurs yeux, complètement hébété et pâlie par les insinuations de cet inconnu. "V-Vous n'êtes pas sérieux, enfin!?" M'insurgeai-je, la stupeur dans le regard.

    "- Hahahaha!! Il n'y a pas de honte à avoir les enfants. Ce sont des choses qui arrivent..." Il fit un clin d'œil à son fils, qui le regardait visiblement à son aise.

    "- Ne l'embête pas avec tes histoires, elle ne mérite pas ton humeur." répliqua, le sourire au lèvre, celui qui est sensé prendre ma défense, même si je trouve mon avocat fort peu compétent dans le domaine... "Et puis, tu sais très bien que je suis opposé à ce genre de pratique." affirma-t-il enfin plus sérieusement.

    "- Je sais, fiston, je sais... Mais l'espoir fait vivre! Tu as encore le temps de changer d'avis..." Je tique. Cette phrase, combien de fois l'ai-je entendu ?? J'ai l'impression que cette expression familière bafoue l'une de mes convictions profondes, intimes... Qui me disait ça ? Qui me répétait ça, sans relâche, à chaque fois qu'on abordait un sujet de ce type...? ... trou noir. Je n'arrive pas à situer mon souvenir... pourtant, c'est si proche, et si lointain à la fois. ... J'abandonne, je ne retrouverai pas cet inconnu aujourd'hui.

    "- Ouais, ouais, je sais... En attendant, cette jeune fille doit se rendre sur le Pic de Draniolon pour subir l'épreuve." dit-il humblement. Oggas lançait à l'homme un regard si insistant que ce dernier hésita à lui poser la question qui lui pendait la langue, mais il ne put résister plus longtemps à sa curiosité juvénile.

    "- Eeeeeet... On peut savoir pourquoi...? Ou c'est encore l'un de tes petits secrets ?" L'homme posa sa question de la manière la plus surjouée possible, il était clair que les mystères de son fils l'amusaient beaucoup.

    "-... Tu ne peux donc pas deviner de quel type de situation il s'agit...? Tu me déçois Malamute. Manquerait plus que tu perdes au jeu des devinettes, toi qui est vainqueur indétrônable depuis toujours... T'es sûr que tu n'as pas une petite idée de la réponse...?"

    "-...Ah... c'est encore une de tes missions spéciales...? Enfin, on se comprends. C'est quoi cette fois... notre sauveuse ou un truc du genre ?" hasarda sans ambition le père mis en déroute.

    "- Bingo! tu vois quoi tu veux." Oggas fit un clin d'œil à celui qu'il nomma Malamute quelques secondes auparavant. Quel étrange nom d'ailleurs... "Allez, laisse-moi l'embarquer dans mon bateau histoire qu'elle nous sauve de la bête de glace qui ravage le pays..." A cette remarque, l'homme bourru sembla se figer.

    "- A-A-Attends......." Il me regarda différemment cette fois, et sans dévier les yeux, il continua. "Tu es en train de me dire que cette demi-portion va tenter de raisonner ce montre sans cœur ??? Mais tu es fou !! Tu vas la tuer !!!" Il me lançait un air sévère, c'était tellement intense... j'étais déstabilisée par son regard perçant. Même s'il me considère comme quelqu'un de faible, je dois bien avouer qu'il est sûrement bien plus coriace que moi... Je jette mes yeux sur Oggas comme corde de sortie, et il le voit bien.

    "- Ne la sous-estime pas. Elle a les même qualités que moi dans mes débuts, tu te souviens ? Elle doit juste faire ses preuves, et elle pourra nous sauver de cette calamité vivante. Nous avons besoin d'elle, père. Si elle n'y arrive pas, nous courrons à notre perte..." plaida Oggas l'air désarmé, Draniolon doit vraiment être une menace redoutée pour adoucir à ce point le regard du père... Il me toise à nouveau, l'air plus aimable.

    "- Maintenant que tu le dis, je perçois cette aura venant d'elle... Et puis, un esprit l'accompagne. Il n'y a pas de raison pour qu'elle échoue, pas vrai...? Alors, je te souhaite bien du courage petite... tu vas en avoir besoin face à ce dur à cuir. Draniolon est connu pour son endurance... Si tu n'as pas la force de faire durer le combat indéfiniment, je te suggère de n'user que des techniques les plus puissantes de manière à l'affaiblir efficacement... Sinon tu es sûre de perdre." L'homme soupira, et leva la tête aux ciel, les paupières closent. "Que Noylan te protège, et t'aide dans ta tâche." Après cette étrange prière, Malamute me fit un signe de tête en posant sa main sur mon épaule, et passa son chemin. Il se rendit dans la forêt, tandis que l'atmosphère solennelle qu'il venait d'instaurer me laissa sans voix, tétanisée. Lunol n'avait plus dit mot depuis notre retour ici, et sa voix me sortit de mon état d'hypnose.

    "- Euh... hein? J-je..." balbutiai-je.

    "- Ça va aller, tu tiens le coup ? Tu es pâle comme un linge... Tu veux t'assoir quelque minutes ?" demanda Oggas visiblement inquiet.

    Je n'arrivais même plus à parler, l'anxiété me prenait aux tripes, et j'étais là, à le regarder complètement incrédule. Que m'arrive-t-il ? Qu'est-ce qui se passe ?? Pourquoi je ne contrôle plus rien!? Ah! je déteste sentir mon cœur battre si vite... j'ai, j'ai mal au crâne d'un coup... J'ai l'impression de perdre l'équilibre... j-je... Sans me poser plus de questions qui échauffent encore davantage mon esprit en ébullition, je tente de me remettre tant bien que mal de ce que mon corps m'inflige si soudainement. Je sens des bras me saisir, et m'empêcher de m'effondrer. Je crois que l'on m'assoit, grand bien m'en fasse, je retrouve doucement pied. Le malaise passe, et mon pouls ralentit avec la douleur qui s'évanouit. Je me concentre sur leurs voix, et les écoute sans un mot.

    "- Hey, reste avec nous! C'est pas cool c'que tu nous fais-là! T'es sûre que tu ne veux pas faire une petite pause, Célia ?" reprit Oggas d'une voix plus douce que tout à l'heure. "...Tu peux ouvrir les yeux, que je sache si tu es là...?"

    "-...Hm..." gémis-je en ouvrant mes yeux, je n'avais même pas remarqué les avoir fermés... "J-je... je suis désolée..." fut tout ce que je réussi à dire. "Je ne sais pas ce que j'ai..." poursuivis-je un peu plus facilement. La parole me revenait, mes pensées aussi, et les innombrables interrogations à mon sujets alimentèrent mes songes pendant encore bien dix minutes après ça.

    "-...Tu nous as juste fait une petit crise de panique... C'est Malamute qui t'a perturbée à ce point ?" demanda sans insistance Lunol qui me regardait avec nostalgie peut-être.

    "-...Peut-être. J'ai du mal à comprendre ce qui m'arrive de base, alors maintenant, mystère absolu haha." Mieux vaut en rire qu'en pleurer, pas vrai ? J'espère les rassurer un peu...

    "-...Tu te sens comment ?" poursuivit Oggas.

    "- Sincèrement, ça pourrait être pire. Le mal est passé, donc avec un peu de chance ça ira tout seul après coup."

    "- Tu nous feras pas ça devant Draniolon j'espère! Sinon, je donne pas cher de ta peau..." commenta Lunol.

    "- Rabat-joie, va" répliquai-je d'un nouveau sourire.

    "- Je pense que nous devrions mieux préparer ton départ. Ce serait idiot d'y aller en touriste... Je m'occupe de préparer tes affaires, et on lève les voiles dans l'après-midi. Comme ça, tu auras eu encore un peu de temps pour te préparer mentalement et physiquement à l'épreuve. Ça te va ?"

    "- Oui. De toute façon, je n'ai pas l'intention de mourir tout de suite, donc autant prendre notre temps dans les préparatifs. J'ai moyennement envie de me faire exploser par un Dieu qui n'a rien demandé à la base, haha!" Plaisantai-je. Les autres rirent de bon cœur avec moi. Oui, je devais me faire à l'idée intimidante de me confronter en duel, voire même en combat, à un être déchaîné et possiblement susceptible... Qui n'appréhenderait pas un peu d'affronter un tel destin ? Surtout quand on sait que la survie de tout un monde dépend de notre performance... Ça fout à peine la pression. Dans quoi je me suis embarquée, sérieux....?

    Les heures passèrent, et rien ne changea vraiment. L'anxiété ne m'avait pas quitté, et elle serrait mes tripes comme jamais... Pour une fois que le vide incessant est remplacé par un véritable sentiment, il a fallu que ce soit un de ceux liés au stress... Comment remédier à ça...? Comment remplacer la peur par l'assurance ? Et surtout, comment sentir ce dernier sentiment de manière à avoir l'impression de le vivre...? ...Ha... Pourquoi toujours des idées noires...? Seule, sur la plage, je regarde l'horizon, les yeux dans le vague encore. Le vent frais effleure ma peau encore couverte de ces bandages qui ne m'ont plus quitté depuis le début... Moi qui avait prévu de me changer, j'en ai oublié même les fondamentaux, mais maintenant que j'ai l'occasion de le faire... ne serait-ce pas en demander trop...? Après tout, vu le temps qu'il fait, et malgré le froid que je vais devoir affronter, je sais qu'une tenue m'attends là-bas... Vay l'a bien signifié......la tenue de l'élue. Tu la trouveras dans la caverne à la base de la montagne glacée. Voilà ce qu'il m'a dit... Et je crois qu'il n'avait pas préciser que ça... Qu'était-ce déjà...? ...Ah oui, si tu commences l'ascension sans elle, une fois là-haut, il te faudra tout redescendre... Mais, pourquoi déjà...? J'ai du mal à me souvenir... pourtant, ce n'était que ce matin... Allez, fait un effort... Qu'avait-il dit...? Ça y est! C'était quelque chose comme il pourrait croire que tu es l'une d'elles, et te fera subir le même sort... Sauf qu'il me parlait du même sort que qui...? ........ L'une d'elles...? ... Ne faisait-il pas référence à cette histoire de clones ou je ne sais trop quoi...? Bah, peu importe. Ça ne change rien après tout. Je n'ai jamais changé pour personne de toute façon, alors pourquoi le ferais-je maintenant ?

    "- Vous n'êtes pas partis encore...?" demanda une voix grave que je reconnus avec un peu de mal. Il m'avait surprise, je ne l'avais pas repéré.

    "- Ah!! C-c'est vous... Malamute, c'est cela ?"

    "- Oui. Au fait, je n'ai toujours pas eu connaissance de ton nom, petite." lança-t-il chaleureusement. Son comportement détonnait complètement avec celui qu'il avait eu plus tôt, mais je n'en fis rien.

    "- Célia. Et non, votre fils s'occupe des préparatifs pour que je sois sûre d'être dans de bonnes conditions pour affronter l'épreuve." dis-je le plus naturellement du monde. Je m'étonnais d'ailleurs en remarquant que j'avais déjà classifié ce prénom comme le mien. Comme quoi, tout arrive.

    "- Célia, hein? C'est pas courant je dois dire. Dis-moi, tu appréhendes pas vrai ?"

    "- Comment l'éviter ? Bien sûr que j'appréhende. Je ne connais pas mon ennemi, si tant est qu'il s'agisse plus d'un ennemi que d'une menace... et en plus, je n'ai rien pour l'affronter s'il désire vraiment se battre. La force me manque, et peut-être le courage aussi..." déplorais-je.

    "- Ha...les jeunes de nos jours. Toujours à craindre le pire. Tu sais, j'ai appris ce qui t'es arrivé tout à l'heure." dit-il sans transition, à moins que je ne l'ai juste pas perçue ?

    "- D-de... mon...-?" balbutiai-je en lui jetant un regard intrigué.

    "- Oui, ton malaise face à ce qui t'attends. Désolé si je t'ai imposé les choses, je ne voulais pas te stresser ou autre..."

    "- Ah! non, ce n'est rien ça! En fait, je ne sais pas à quoi c'était vraiment dû, mais au moins, je sais à quoi m'attendre maintenant, héhé..." m'excusais-je un peu malgré moi.

    "- Tu n'as pas besoin de prendre des pincettes, petite. Tout le monde doit un jour affronter ce qui nous hante, et les peurs qui nous dévorent se doivent d'être vaincus. Pour ça, seuls les âmes fortes surpassent leurs propres ennemis, les faiblesses qui viennent d'eux-même, de leurs doutes et réussissent à faire face au danger sans broncher. Je suis un de ceux-là, Oggas aussi, et toi, t'es du même calibre! Alors t'as pas à t'en faire, et affronte tes démons avant qu'ils ne consument le peu de cohérence qu'il te reste."

    "-...Vous réconfortez souvent des gens... comme moi...?" demandais-je avec le sentiment d'avoir été conseillée avec les mots justes.

    "-...J'aimerai bien te dire "Oui, absolument tout le temps", mais ce serait mentir... En fait, il m'arrive de le faire pour Oggas, mais je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi tourmenté que toi. Te manquerait-il des réponses...?" hasarda-t-il l'air inquisiteur.

    "- Ha... si vous saviez combien il m'en faudrait pour être certaine d'agir pour ce qui est juste..." Je regardais le sable, dépitée.

    "- Et pourtant, pour le savoir, il ne suffirait que d'une question." affirma-t-il, un sourire aux lèvres. Intriguée, je relève la tête vers lui.

    "- Ah oui ? Laquelle...?" demandais-je en lançant un regard perçant.

    "- Est-ce que ton cœur a l'intime conviction d'agir pour le bien en suivant la voie que tu as choisi de prendre ? Si oui, c'est que tu es sur la route, sinon, change de position. Voilà la question." Je reste muette un instant, en cherchant à répondre à cette question. Avais-je vraiment le sentiment d'agir pour le bien de tous ? Oui, évidemment que oui, vu que mon abstinence provoquerait la fin et la mort de cet endroit, de tous ces gens...

    "- Oui." laissais-je échapper, le regard plongé dans le sable d'un air remotivé. "Je suis le bon chemin. Si je réussis à apaiser Draniolon, je sauve des vies, je sauve un monde entier... Or si je m'abstiens... cela marquera votre fin. Non, je ne veux pas de cette fatalité. Vous ne la méritez pas. Personne ne la mérite. E-Et..." Je m'interrompis en comprenant que je réfléchissais à voix haute. Je relève les yeux vers l'homme avec l'impression d'en avoir trop dit... Mais l'homme me souriait l'air jovial. Qu'ai-je dit de si drôle ?

    "- Rien de bien compliqué n'est-ce pas ? ...Enfin, tu réfléchis peut-être un peu trop, mais du moment que ça te permet d'avancer, il n'y a pas de mal." Malamute me regardait d'un air attendris. J'avais la sensation que sans son aide, j'aurai pu rester là à ruminer pendant encore bien plusieurs heures. Je me devais de le remercier. Mais une fois encore, complètement incapable de sortir un mot sans me laisser submerger par l'émotion, mon corps opta de lui-même pour un câlin. Depuis quand ai-je cette manie impulsive ?? En tout cas, le Chef du village ne broncha pas et me rendit mon étreinte avec encore plus d'enthousiasme. Faudrait voir à pas me briser les os quand même... j'ai pas envie de me pointer en morceau sur la Montagne de Glace... Je n'y survivrai pas, c'est sûr. "Au fait, quel âge as-tu jeune fille ? Je dirais que tu tournes autour des dix-huit ans, je me trompe ?"; Un peu prise au dépourvu par la question, je me détache de lui et prends quelques secondes pour réfléchir... C'est vrai ça, quel âge puis-je bien avoir...? Dix-huit ? Non, peut-être pas... Un peu moins je dirais... Plus quelque part entre seize et dix-sept.

    "- Peut-être seize..." répondis-je à demi-voix, par peur que le peut-être soit perçus comme il devait être véritablement entendu: c'est-à-dire, comme l'incertitude qui enveloppe la question de mon âge.

    "- Tiens, je pensais que tu allais me dire plus... Tu as l'air plus mature que ce que suggère ton âge... C'est un gage d'intelligence. Vous iriez pourtant si bien ensemble avec Oggas..." finit-il en baissant la voix, comme une remarque à lui-même. Immédiatement, je me sentis rougir malgré moi, tandis que je reculais en balbutiant des non-sens.

    "- Qu-Qu'est-ce que vous insinuez...??" fut la seule phrase cohérente qui réussi à se frayer un chemin au travers du schmilblick de mon esprit à l'instant. "...J-j-je..."

    "- Hey, du calme! Faut pas te mettre dans ces états-là pour quelques remarques en l'air, hein! Et puis, c'est pas comme si ma tête de mule de fils se bornait pas sur la question... Tu l'as entendu toi-même tout à l'heure..."

    "-... Là n'est pas le problème..." dis-je, hésitante.

    "- Alors quoi ?"

    "-...Comment pouvez-vous suggérer de telles choses de manière si..." je me raidis... "nonchalante...?"

    "- Ah! ça!! Mais c'est que de l'humour ma petite! Faut pas t'en faire, tu t'y fera bien vite t'inquiète pas." plaisanta-t-il à gorge déployée, laissant ainsi tonner sa voix grave. Sûrement à cause du bruit que produisait son père, Oggas accourut nous rejoindre.

    "- Quelque chose ne va pas ??" demanda-t-il en reprenant simplement son souffle. Courir de chez lui jusqu'à la plage n'était pas épuisant pour lui, il devait y être habitué. "...Père, tu l'embêtes encore avec tes histoires ?"

    "- Holàlà, si on peut même plus plaisanter dans la vie, qu'est-ce qu'on va devenir...?"

    "- M'embarque pas dans tes réflexions farfelues... J'ai déjà assez de celle dont j'ai hérité." lança-t-il en se voulant apparemment cinglant. Mais la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe, et Malamute reste apparemment insensible à cette pique.

    "- Maintenant, c'est toi qui frôle les sujets sensibles ? On aura TOUT VU!!! HAHAHAhahahaha!!" L'homme bourru semblait vraiment passer un bon moment, hilare comme il était. Encore un peu perdue face à cet homme étrange, je le regardais sans un mot. Soudain, un murmure à mon oreille.

    "- Il ne t'a pas dérangée j'espère..." Je compris alors qu'Oggas avait profité de mon inattention pour se rapprocher de manière à pouvoir me guider hors de mon immobilité pour fuir le chef du village. "Allons nous poser à l'intérieur, tu seras mieux installée." finit-il avec cette même voix marmonnée.

    Il me guida chez lui, et me proposa une chaise devant une table où se trouvait un ensemble de couvert prêt à l'usage, ainsi qu'un repas préparé. Lunol avait lui aussi droit à sa part, et une gamelle pleine de nourriture l'attendait dans un coin de la pièce. Je pris place, intriguée par le changement brutal d'ambiance. Oggas s'installa en face de moi, et me servit ce qu'il avait visiblement préparé vu tout le matériel dans l'évier. Naya était là aussi, avec toute une bande d'animaux en tout genre. Une vraie ménagerie! Mais tous semblaient heureux et bien soignés. Oggas interrompit mon moment de silence en reprenant le cours de la conversation.

    "- Je sais que tu n'as rien mangé depuis hier, alors je me suis dit qu'un bon repas pour te remettre d'aplomb avant ton épreuve serait une bonne idée. Donc, au menu, dorade de la mer de corail sur son filet d'herbe et d'assortiment de graines avec un assortiment de légumes pour accompagner. J'espère que tu apprécies ma cuisine, héhé!" dit-il avec un brin de candeur dans la voix. Que cherche-t-il à prouver ?

    "- Tu cuisines depuis longtemps ?" demandais-je en tentant de prendre un peu de tout pour mélanger les saveurs.

    "- Disons qu'avec tout le temps que j'ai passé ici, j'ai eu l'occasion d'améliorer mes compétences culinaires... Après, ce que je prépare ne convient pas forcément à tout le monde. Tu sais, avec les allergies ou autre..." Il semblait un peu nostalgique à cette remarque, mais n'ayant pas les clés pour comprendre, je continue innocemment.

    "- Je vois. Les goûts et les couleurs..." Je prends une bouchée de la préparation, et une fois de plus, je sens mes papilles complètement submergées de saveurs exotiques. Depuis quand le simple fait de manger ravit mes sens ? Non, il doit juste avoir un don en la matière, c'est sûr. "Comment tu fais pour trouver des produits d'aussi bonne qualité ?"

    "- Oh, ça ? Rien de plus simple en fait. J'ai pu récupérer la dorade au marché tout à l'heure, elle a été pêchée au petit matin. Pour les graines et épices, j'ai tout ce qu'il me faut niveau assaisonnement dans les placards. Et pour les légumes, ce sont les produits "du jardin" si je puis dire! Nous les cultivons ici-même, avec l'air marin... d'où le sel naturellement incorporée dans la préparation. Je trouve que l'ensemble se suffit à lui-même. Pas toi ?" finit-il fièrement.

    "- Je dois avouer que c'est assez surprenant, mais j'aime bien. J'ai l'impression que ça fait des siècles que je n'ai plus rien mangé en fait...." dis-je, en regardant mon assiette encore bien pleine.

    "- Alors c'est l'occasion. Je te laisse manger tranquille, j'ai encore quelques préparatifs à faire. Je viendrais te chercher quand tout sera prêt. Bon app'!"

    "- Merci, à plus tard du coup."

    C'est ainsi qu'il s'en alla une fois de plus. Cependant, le rappel des préparatifs fit automatiquement bifurquer mon esprit vers ce qui m'attends. Et là encore, je ne m'y surprends plus, je me remets à redouter les éventualités. Comment ça va se passer ? Vais-je y arriver ? Et devrais-je gérer ça seule...? Non, Oggas et Lunol seront là, pas vrai! Pas vrai...? Je me souviens ce que nous a dit Vay....Quant à toi Oggas, je te conseille juste de ne pas l'accompagner sur la montagne glacée, au risque de te prendre les foudres de D.Univers... Compris ? ... Tout ça pour qu'il reste de garde...mais aurais-je seulement le courage de faire face...seule ? Bon, ce n'est pas la mort après tout, c'est aussi compliqué qu'un examen, rien de plus qu'un épreuve comme on en fait tous. Sauf que là, au lieu d'être un examen intellectuel, c'est purement et simplement physique... Dire que j'ai toujours été nulle en EPS... EPS...? Qu'est-ce que je raconte-moi ? C'est quoi l'EPS d'abord ?? ... EPS... ça a sûrement un rapport avec le sport, mais qu'est-ce que ça signifie exactement...? ... Plongeant plus en profondeur dans les abîmes de mon esprit, quelque chose me revint:"- Education... P... à quoi correspond le P...? Sport ? Non... le sport, c'est une activité physique... donc EPS, c'est Education Physique et Sport-...ive ? Oui, ça me dit quelque chose... Attends, c'est une matière ça!?"

    "- De quoi tu parles depuis tout à l'heure ?" demanda Lunol suite à ma rémanence.

    "- Ah, euh... Je ne sais pas en fait... je me souvenais juste d'un truc..."

    "- Te souvenir ? C'est tout ? Et c'est ça qui te met dans tous tes états!?" se moqua-t-il.

    "-...Je te rappelle que je ne me souviens de rien, juste hein... Donc oui, et le pire, c'est que j'ai déjà oublié de quoi il s'agissait..." déplorais-je en lui lança un regard ennuyé.

    "- D'EPS si j'ai bien suivi. Ou d'Education Physique et Sportive, mais je ne vois pas d'où tu nous sors ça comme ça,de but en blanc..." lâcha-t-il l'air las.

    "- Je pensais à l'épreuve, et je la comparais à passer un simple examen..."

    "- Et quel rapport avec le sport ?"

    "- Le côté physique ?" répliquais-je un peu froidement.

    "- Aussi glaciale que la montagne... Moi pas comprendre, désolé." conclut-il avec un sourire avant de partir à son tour. "Aller, je te laisse à tes rêveries... Je vais voir où en est Oggas."

    "-...Ok..." dis-je faiblement. Il me fuit ou quoi ?

    Confrontée à l'incompréhension, je choisis d'aider un peu en débarrassant ce qui m'avait servi de couverts, et sortis à mon tour en prenant Naya avec moi. Les autres animaux avait l'air de préférer l'intérieur... Posant mes pieds nus dans le sable froid, mon corps me rappela ma condition physique. J'étais blessé, et pas encore remise de mes plaies... A moins que... En prêtant attention aux informations que je pouvais interpréter. Ainsi, je me rendis compte que mon corps ne souffrait pas de blessures, ni plus des plaies supposées être sur mes joues. Subjuguée, j'effleure mes joues de mes mains, et conclus finalement que je n'avais plus rien. Pas de plaies, pas de cicatrices, rien. Pareil, je regardais mes bandages, ils étaient juste un peu amoché à cause de l'excursion en forêt, mais rien non plus, pas une tâche de sang... Et j'étais loin de la faiblesse latente qui persistait à mon réveil... Pourtant, je me souviens encore de ce premier jour dans la grotte... mes blessures étaient ouvertes, c'était sûr! Alors combien de temps s'est vraiment écoulé entre ce moment-là et mon arrivée ici...? Encore une question que j'ai oublié de poser tient. Tss... Bref, du coup, j'ai effectivement la forme pour aller voir ce dragon... Finalement, j'ai toutes les cartes en mains pour réussir, pas vrai ?

    BOUM

    "- Hm...? Ha!!" Le temps que je perçoive ce qui venait de s'écraser devant moi, je me figeai instantanément.

    "- Hm...GRRRR..." le grondement du dragon obsidienne résonnait en moi, il était si proche! Soudain, je le vis se mouvoir avec lenteur, se retournant avec difficulté sur le côté. Il posa une patte au sol, et quand ses yeux rencontrèrent les miens, il leva la tête et se pétrifia à son tour. Ses yeux rouges devinrent un peu plus violet le temps d'une seconde. J'étais paralysée.

    RHYAAAA!!!!

    Un cri lointain retentit au-dessus de nous, mais ne nous sortit pas de cet instant qui semblait s'éterniser.

    "- Est-ce... toi...?" murmura le dragon d'une voix à peine perceptible.

    "- Célia!!" hurla Oggas en se plaçant devant moi en guise de rempart. "Tu n'as rien ??"

    Sans que je n'eus le temps de dire quoi que ce soit, un dragon rouge cette fois faucha son congénère encore couché sur le sol. L'attaque était si vive qu'une partie du sable de la plage se fit prendre dans son sillage. Dans un écran de poussière, les deux reptiles disparurent dans le ciel, et j'entendis Draniolon hurler de douleur et d'épuisement:"Rhyyyyaaaaaaaaa!!! Argh, HyaaaaaaAAAAAAAhh!!" Le cri avait beau être déjà loin, je ne pus m'empêcher d'avoir de la peine pour le pauvre dragon. Il était manipulé, son cœur n'était plus le sien... Je devais le sauver de sa corruption. Je dois le faire.

    "- Et beh, pour une première rencontre, on peut dire que vous avez eu le coup de foudre tout les deux! Tu avais l'air fascinée par Draniolon, ça va? Tu t'en remets?" demanda Lunol avec une légère pointe d'humour.

    "- Hm... Ouais, pas de souci. On part quand ?" répliquais-je glacialement.

    "-...Et bien, je venais te chercher justement... On en a pour plusieurs jours de navigation, donc si tu es prête, on peut y aller." répondit-il sur ses gardes. Il avait sûrement perçu mon changement d'opinion.

    "- Alors allons-y." dis-je un peu plus amicalement.

    "- Par contre, Naya tu restes-là... J'ai pas vraiment envie de te perdre parmi la neige. On risquerait de ne pas te retrouver..." ajouta Oggas, la mine sombre. La colombe, qui semblait avoir compris, choisit de rejoindre ses petits camarades à l'intérieur et d'attendre patiemment. De notre côté, le duo me guida jusqu'à l'embarcation et nous prirent place à bord. Le soleil commençait sa course vers la fin de la journée, le ciel était agité à cause du conflit qui faisait rage. Des cris déchiraient le silence imposé par la distance qui nous séparait de l'affrontement... cependant, nous pouvions toujours observer le déroulement des combats en avançant sur la mer. Ainsi, nous nous mirent en route sur une mer encore assez clémente. Je pris un instant pour analyser le reste. Le village, avec un peu de recul, semblait bien tranquille comparé à la férocité qui prenait place un peu plus haut... Du côté avec vue sur le volcan s'était déjà bien engagé un combat du type seul contre tous... Avec d'un côté, Draniolon, et de l'autre, l'Alliance, les élus et leurs dragons. D'ailleurs, je ne voyais les élus nulle part... se pouvait-il qu'ils ne soient pas encore entrés dans la bataille ? Étrange... Mais que préparent-ils...?

    A quelques lieues sous le sol s'élaborait le plan final. Vay, Xélios et Philias se paraient de leur nouvel allié, prêt à fusionner avec eux. Xélios supervisait l'entraînement des deux autres:"- Il faut que vous établissiez un lien de confiance avec votre nouvel ami. Laissez le s'approcher le premier, sinon il prendra peur. C'est ça Vay, laisse-le venir à toi. Dire que ce cecoracias caudatus est gorgé d'éther, j'ai du mal à y croire. J'espère que tu n'es pas déçu par ton spécimen Vay... Pour toi, Philias, on a trouvé ce magnifique chrysocion brachyurus avec ses capacités électriques et son tempérament de feu. Estime-toi heureux qu'il ne soit pas aussi sauvage que toi..." La séance avait l'air de bien se passer. Après un moment, les trois tentèrent la fusion, et tous réussirent avec plus ou moins de difficulté. Cela donnait parfois des mélanges... surprenant, mais aucune anomalie à déplorer. Néanmoins, seul Xélios réussi à atteindre le palier des dix minutes en séance intensive. La fusion était épuisante aussi bien pour les animaux que pour les élus, mais Xélios gardait espoir. Tous faisaient des progrès, et en quelques essaies, le palier des cinq minutes fut rapidement franchit par tout le monde. Le dernier acte allait bientôt pouvoir être joué. Tout était fin prêt.

    "- Ryaaaah!!! ... Je ne flancherai pas... Adsis, ABANDOOONNE!!!!!" hurla Draniolon boosté à l'adrénaline. Il fondit vers son frère de sang, et tenta de lui chopper la gorge, mais D.Univers lui coupa la route et l'expulsa contre la paroi du volcan.

    "- Hey, abime pas trop mon domaine, j'aimerai bien le retrouver entier après ça!! Tu m'entends D.Univers!?" s'insurgea Adsis.

    "- T'occupe, aide-moi au lieu de râler!!" plaida D.Univers. "Dréleste, qu'est-ce tu fous!?"

    "- Je vous soigne, imbécile! Tu crois que c'est le moment de presser tout le monde comme ça?" s'irrita le dragon émeraude.

    "- Argh... haha, comme c'est touchant. Sérieux, vous me filez la gerbe. FOUTEZ-MOI LA PAIX!!!!!!" lança Draniolon en utilisant le supplément de haine qui envenime son cœur un peu plus pour repousser le dragon de foudre et plonger l'endroit dans une violente tempête glacée. "RHYYYAAAAAAAAAA!!!!!!!!!!!!"

    "- Gimber, aide-moi!!" ordonna Adis. De leur puissance sulfureuse, ils déployèrent leurs pouvoirs venus tout droit des Enfers pour réchauffer l'atmosphère.

    "- Nous aussi!! Darumie!" proclama Flamacier en joignant ses flammes à celles de ses alliés.

    "- Et nous, brisons ces cristaux Yoris!!" ajouta Xyoris de sa voix roque.

    "- Pas de quartier!!!" répliqua son frère. En un instant, des lames de rocs jaillirent du sol tels des menhirs pour réduire les imposants blocs de glace à l'état de poudreuse. Phylasis se contentait de faire du soutient, ne pouvant pas se risquer à affronter directement le dragon azuré. Le phœnix faisait son possible pour restreindre l'efficacité des capacités du dragon, tandis que les autres se contentaient d'attaques à distance pour couvrir les véritables acteurs de ce conflit. Draniolon était cerné, les forces lui manquait, mais sa rage grandissante renforçait ses coups encore un peu plus. Il enchaînait plus difficilement les combos, mais ils devenaient à chaque fois un peu plus dévastateurs. Cependant, il ne pourrait plus faire face bien longtemps... il devra bientôt opter pour une stratégie moins offensive. Sans attendre, Draniolon choisit de voir les coups venir avant de riposter. Ainsi, il se plaça sur le volcan, attendant patiemment la venu d'un assaillant.

    C'est sans surprise que D.Univers se présente à lui, complètement entouré de foudre. "Imbécile..." Peut-être avait-il oublié l'avantage qu'offrait l'or du corps de Draniolon, mais les capacités électriques ne lui infligeait rien. Bien au contraire, Draniolon encaissa volontairement l'attaque pour en absorber l'électricité, ce qui accrut sa motricité et sa force. A présent plus agile et féroce, le dragon s'empara des cristaux frontaux de son adversaire et vint l'éclater contre la roche si violemment qu'il en emporta une partie sous l'impact. Puis, le dragon enragé se retourna vivement et d'un battement d'aile, il fonça vers une brèche laissée par le front ennemi. Bientôt, Draniolon se retrouva au-dessus du village où il avait vu celle qui l'avait tétanisée un instant. Il avait beau chercher où qu'il le veuille, il ne l'aperçut pas. "Où est-elle...? Je sais que tu te caches... Montre-toi...!" murmura-t-il, mais un souffle caractéristique le ramena sur Terre. "Adsis..." Ce dernier s'apprêtait à lui projeter un souffle enflammé pour le ralentir, mais ayant perçut l'attaque, le dragon esquiva et retrouva une teinte plus sombre. La corruption le rongeait encore un peu plus, et il se retourna furieusement. Il riposta avec la création d'un rempart de givre, et en une vive ruée, il vint frapper l'or de son crâne contre la plaque avant de redresser brusquement la tête. Enfin, la muraille se brisa, et les projectiles ainsi créés vinrent s'écraser au sol tel des fléchettes sur une cible. Dès que les cristaux atteignirent leur cible, ils explosèrent en une myriade de bris de verre pour un maximum de dégâts.

    "- Tu ne me laisses plus le choix..." Draniolon fit apparaitre un portail, et s'y engouffra pour réapparaître juste derrière Adsis à pleine allure pour lui asséner un féroce coup de poing munis de pics glacés tranchants en plein dans la chair. Le portail disparut tout aussitôt.

    "- Argh!!! Enfoiré!!" Cracha Adsis, qui vint frappa le sol à son tour.

    BOUM

    "- Un de moins..." pensa Draniolon en esquissant un sourire. "IL EST TEMPS D'EN FINIR!!!!" Draniolon leva le bras droit en l'air, et créa un autre portail d'où il prit une sphère sombre. Son Orbe du Néant. Ramenant sa prise vers lui, il posa l'orbe contre celle sur son torse, et les deux fusionnèrent en une seule. Un violent souffle se dessina autour du Dieu azuré qui laissa son apparence obsidienne complètement s'évanouir pour, en une boule de lumière, retrouver son apparence originelle. Enfin, il retrouvait sa pleine puissance. L'adrénaline acquise sans l'orbe s'ajoute à présent à sa force colossale... A cet instant, s'il le voulait, il pouvait détruire Drania de son attaque la plus élaborée. Mais il restait du menu fretin à exterminer.... Il était encore loin d'arriver au bout.

    "- Mince, on fait quoi maintenant!?" s'inquiéta Dréleste.

    "- Il faut le contenir encore un peu... Le temps que les élus nous rejoignent... Argh... Il le faut... Allez, un peu de courage! Nous pouvons y arriver!!" encouragea D.Univers.

    "- GRRRR... Toi... LA FERME!!!!!!!!!!!" Draniolon projeta sur le dragon affalé sur la roche du volcan un rayon glacé encore plus furieux que celui qu'il avait lancé le matin-même. L'effet fut sensiblement le même. D.Univers se retrouva figé dans la glace épaisse tandis qu'un virulent vent froid frappa les autres. Phylasis, sous la vague de froid, vit ses feuilles geler aussi. C'était le même effet qu'une canicule, mais avec de la glace. Dréleste eut du mal à tenir l'attaque, il était bien trop sensible au froid malgré ses plumes duveteuses. "Encore un..." s'encouragea le dragon saphir. Il fondit sur le dragon émeraude, de manière à inculquer le coup de grâce à cette dernière menace... sauf que ça aurait été trop simple. Flamacier, Darumie et Gimbergender s'interposèrent et s'unirent en une brûlante offensive pour tenter de repousser le Dieu azuré... en vain. Le dragon riposta avec sa glace... étonnamment, les flammes furent prisonnières d'un cocon de diamant qui, sous la pression de Draniolon, libéra un pouvoir dévastateur. Digne d'un Feu Glacé que seul un être divin pouvait produire. L'effet était sans appel: quatre en moins d'un coup. "Minable..." lâcha Draniolon avec mépris.

    "- T'en as pas finit mon gars!!" tonna une voix roque derrière lui.

    "- Vous n'abandonnez donc pas...?" suggéra à demi-voix l'être corrompu. Silence... A sa grande surprise, il n'y avait pas qu'un seul membre de l'Alliance encore prêt à faire face. Ils étaient trois. Xyros, Yoris, et Orysis... "Vous n'avez aucune chance..." siffla le dragon azuré. "Qu'attendez-vous ?"

    A ces mots, le trio s'approcha du dragon qui atterrit, droit sur ses deux pattes arrières. Les deux dinos se répartirent les tâches tandis que l'agile petit lézard s'occupait d'attirer l'attention de la cible. Leur stratégie semblait fonctionner, malgré l'attention partagée de la divinité. Quand le premier coup fut donné, Draniolon ne bougea pas pour voir venir, mais ce fut là son erreur. Les lames de rocs du duo de dinos entravèrent le dragon, et s'en suivit un enchaînement imprévisible. Puis, un pic de roche sortit perpendiculairement au sol sous le dragon pris au piège, et subit l'attaque de plein fouet, tandis que le duo osa l'attaque frontale. Ils chargèrent à l'unisson sur le corps en peine de Draniolon, et vinrent s'éclater de chaque côté de lui. C'était super efficace. Le dragon défusionna avec son orbe, et reprit son apparence normale... Il avait perdu. Non, il ne voulait pas. Il ne l'admettait pas. Il ne pouvait simplement pas. Aussi, il trouva une détermination nouvelle qui le fit se relever, toujours plus fort, et toujours plus féroce. Une patte après l'autre, il étendit sa colère contre le sol, le visage déformé par la haine. Son Fléau avait pris le dessus. D'un coup, d'un seul, il repoussa le trio d'un revers d'aile et laissa exprimer l'entièreté de sa frustration. Un hurlement déformé par la force du ce cri du cœur déchira le ciel une nouvelle fois, alors qu'à présent, Draniolon ne ressemblait plus à rien de ce qu'il avait connu. Il était toujours un dragon, mais il n'était plus lui-même. Bientôt, il perdrait le contrôle, et plus rien ne pourra l'arrêter.

    "- C'est l'heure... Cela fait maintenant deux jours que les autres se battent, cette bulle temporelle aura été efficace pour le ralentir. Maintenant, à nous de jouer!!" lança Vay à ses deux confrères. "C'est parti!!" Ainsi, les élus prêts au combat fusionnèrent avec leurs animaux associés. Xélios augmenta la puissance de ses rafales météos grâce à ce chien de vent, Philias boosta son agilité et la puissance de sa foudre avec son loup à crinière, alors que Vay avait, grâce aux précieuses gemmes d'éther de ce rollier d'europe, l'efficacité de ses attaques de lumière. Le plan allait enfin aboutir. C'est parti pour cinq minutes de combat intense.

    Le trio d'élu fusionné lança l'offensive, ils n'avaient pas de temps à perdre. Ils devaient affaiblir le plus possible le dragon de manière à laisser assez de temps aux deux autres pour se préparer à le recevoir. Tout était parfait, et se déroulait sans réels accrocs. Certes, les autres avaient tous été mis sur le carreau, mais le plus dur était fait. A présent, ils ne devaient plus que faire une percée suffisamment puissante pour le pousser à retourner dans son domaine. Le combat faisait rage. La transformation de Draniolon en son Fléau l'avait privé de tout pouvoir de glace. A l'inverse, c'est une puissance se rapportant à celle de l'anti-matière - même s'il était en théorie impossible d'utiliser un tel pouvoir... La rancœur aussi pouvait faire des miracles... Après des échanges interminables d'attaques, et d'utilisations de stratégie, l'épuisement se faisait ressentir dans les deux camps. Cependant, le simple fait de garder - en apparence - l'énergie suffisante pour poursuivre le combat suffisait à démotiver assez Draniolon. Il reculait. Ses convictions flanchaient. Il était à bout. Mais son Fléau, lui, n'était pas prêt à lâcher prise, et en une ultime offensive, le dragon difforme prit de la hauteur, et commença à préparer son attaque la plus dévastatrice. S'il arrivait à l'exécuter, aux vues de la puissance qu'il avait emmagasiné, Drania n'existerait plus... Mais ils restaient un dernier tour dans la manche des élus.

    "A toi de jouer, Eagle!!!" hurla Vay en laissant l'aigle de glace rejoindre le monstre, une gemme d'éther entre les griffes. Dès qu'il fut assez proche de la calamité, il déposa toutes serres dehors, la gemme d'éther sur l'orbe frontale du dragon, ce qui repoussa la corruption un instant. C'était suffisant pour permettre à Draniolon de reprendre le contrôle. Le choc était si brutal pour lui qu'il ne réussit pas à se mouvoir de lui-même et chuta, paralysé, prêt à rejoindre les autres. Eagle n'était pas de cet avis, et plongea le rejoindre pour lui offrir un peu de son pouvoir pour qu'il puisse réagir. En tant qu'être compatible, la gemme d'éther leur servit d'intermédiaire rapide et le dragon azuré put se ressaisir. Il redressa la chute, et battit faiblement des ailes. Le combat acharné qu'il venait de subit l'avait engourdit de douleur. Il n'avait plus qu'une chose en tête: fuir. Ainsi, Draniolon ne se fit pas prier plus longtemps, et invoqua un portail menant droit à son domaine. Il l'emprunta, et la brèche disparut instantanément après son passage. "Fiou... Plus qu'à espérer que les choses se passent aussi bien de son côté..."

    "- T'as pas de souci à te faire là-dessus. Je suis sûr qu'elle est bien conseillée." commenta Xélios.

    "- Je ne comprends pas pourquoi tu doutes d'elle! C'est une battante, tu devrais le savoir depuis le temps!" ajouta Philias.

    "- Bien, je pense que nous avons nos propres problèmes à gérer ici..." déplora Vay en jetant un œil à l'ensemble des êtres à bout de force ou pris dans la glace devant eux. "Mettons-nous au travail." finit-il.

    Pendant tout ce temps, Lunol, Oggas et Célia s'étaient aventurés sur les flots pour rejoindre la mer de glace... une partie gelée de l'eau salée où commençait le domaine de la Montagne de Glace. Nous avions passé un jour et demi à naviguer en alternance pour l'atteindre. Nous y étions enfin... Étape suivant: l'Ascension. C'était le petit matin, et nous étions à présent si loin des combats que nous ne les entendions même plus. Au moins, ça faisait un détail en moins à prendre en compte pour l'instant. A présent, c'est moi de jouer mon rôle. Et je sais que, je n'échouerai pas.

    A suivre...


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    Nom de l'artiste originel: Sonikkufreak.

     

    Provenance: DeviantArt.

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    "Où est-elle passée!?" Cria une infirmière à la recherche d'Ayano dans sa chambre d'hôpital.

    La pièce était vide et les draps étaient défaits, deux infirmières accoururent pour tenter de retrouver une Ayano portée disparue. L'hôpital aurait de gros ennuis si elle avait vraiment disparut des radars et cela deviendrait difficile de rehausser la mauvaise réputation de l'établissement si elle demeurait introuvable.

    "Elle est juste sortie comme ça!?" demanda l'autre intervenante en jetant un coup d’œil dans la pièce voisine pour vérifier qu'elle ne s'était pas trompée de chambre. "As-tu prévenu ses parents?"

    "Je suis tombée sur la messagerie!"

    "C'est mauvais!"

    "Qu'est-ce qui ne va pas Mesdames?" une voix fit sursauter l'infirmière. Un fringant docteur aux lumineux cheveux châtains et aux yeux d'un gris profond avec une monture de verre noire entre dans la chambre et toisait les infirmières en supposant les causes de leur panique.

    "L-La patiente est partie!" laissa échapper l'autre infirmière, elle continuait de chercher dans les autres chambres et nota l'entrée du docteur.

    "Vous avez égaré un patient...?" Satoru regardait d'un air sombre l'infirmière qui se trouvait dans la même salle que lui.

    "D-Désolée, je ne pensais pas qu'elle- surtout dans son état-" Maladroitement, l'infirmière trébucha sur la chaise à côté du lit et tomba par terre.

    "Je veux voir son dossier médical." dit-il à l'autre infirmière alors qu'il se pencha pour aider la première à se relever.

    Pourquoi ces infirmières étaient-elles si tête en l'air et à ce point sans cervelle? Plutôt que de se supposer comment ces infirmières ont réussi même à trouver cet emploi, il se demanda comment cette patiente a pu s'enfuir sachant d'autant plus qu'elle se trouvait en soin intensif.

    "M-Merci Satoru-kun." L'infirmière rougis un peu plus face au gentleman qu'il était.

    "Soyez plus prudente la prochaine fois." lança Satoru en détournant les yeux.

    "Voilà le dossier, docteur!" dit l'autre infirmière en rentrant dans la pièce en lui tendant le fichier beige. Satoru l'attrapa et l'ouvrit, ses yeux analysèrent le contenu avec attention.

    "C'est une blague?" dit Satoru contrarié, tandis qu'il haussa un sourcil à l'infirmière qui lui a donné le dossier.

    "H-Hein...?"

    "Il n'y a aucune information à l'exception d'un numéro de téléphone."

    "E-Et bien, la patiente était inconsciente et se sont ses camarades de classe qui l'ont amenée ici, et non pas ses parents..."

    "Comment s'appelle-t-elle?"

    "Oh hum...Je crois que l'un de ses amis l'a appelée....Aishi-San."

    Satoru se figea sur place une seconde en entendant le nom qui glissa des lèvres de l'infirmière. Sans un bruit, Satoru ferma le dossier beige et le rendit à l'infirmière. "Mettez ce dossier dans l'armoire."

    "O-Oui, docteur.." dit l'infirmière en quittant la salle avec le bruit des talons qui la suivait.

    "S-Satoru-kun?" L'infirmière qui était encore avec lui le regardait l'air confuse. "Quelque chose ne va pas...?"

    "Aishi...Aishi..." Le docteur se murmurait le nom à lui-même. "Quel nom nostalgique."

    "Docteur...?"

    "J'espérai ne plus jamais avoir à entendre ce nom." Poursuivit le docteur en regardant par-delà la fenêtre de la chambre. Il sourit légèrement. "Je ne pas attendre."

    _______________________________________________

    "S-Senpai!" Ayano hurla presque en le voyant. Immédiatement, elle se mit à rougir et son cœur s'accéléra. Taro se trouvait en fait dans la même pièce avec elle.

    En entendant la voix d'Ayano, Taro leva les yeux pour la voir debout devant lui. Il cligna plusieurs fois des yeux et il se leva rapidement de sa cachette.

    "T-Tu es la fille qu'elles bastonnaient!" dit Taro en le regardant de haut en bas. "T-tout va bien- c'est du sang...!?"

    "Ne t'inquiètes pas...c-c'est mon sang..!" affirma Ayano en joignant ses mains ensemble innocemment. Elle ne pouvait pas laisser Senpai savoir qu'elle était une meurtrière, ça l'effrayerait sûrement bien plus vu la situation dans laquelle il se trouvait.

    "J-je vois....comment t'as fait pour entrer...?"

    "J-J'ai prit la clé passe-partout du bureau de la principale..." dit timidement Ayano, Taro la regardait avec ces magnifiques yeux qui étaient les siens ce qui la faisait bégayer malgré elle. Enfin toute son attention se portait sur elle.

    "Nous devons nous tirer de là, nous devons prévenir la police." affirma Taro la regardant nerveusement, il n'était pas certain de pouvoir faire confiance à cette fille depuis l'altercation avec Osana mais pour l'instant il devait désespérément sortir du lycée.

    "As-t-tu essayé d'utiliser le téléphone de l'infirmière?" demanda Ayano en posant son regard sur le téléphone posé sur le bureau.

    "J'ai essayé mais je pense que les délinquants ont coupé la ligne. De même, quand nous étions dehors j'ai tenté d'appeler la police avec mon portable mais la délinquante aux mèches violettes à frappé mes mains et détruit mon portable." répondit Taro en regardant ses mains violettes et pleines de bleus. Les contusions étaient encore sensibles au toucher et il avait du mal à plier ou bouger ses doigts. Rien que de les regarder, il reculait et se demandait si tout ça était bien réel.

    "Comment ont-elles osé te faire du mal!" répliqua Ayano un peu trop fort, provoquant un sursaut chez Taro. Elle n'avait pas noté que Taro était blessé, elle ne savait pas qu'il avait été attaqué quand elle se faisait battre. Maintenant, ces délinquantes allait payer.

    "Je vais trouver quelque chose pour les soigner." continua Ayano en lui tournant le dos pour chercher les fournitures. Elle prendrait soin de lui comme une mère s'occupe de son mari. Peut-être Senpai verra ainsi qu'elle pourrait faire une bonne épouse. Elle se sentit bouillir à l'idée d'être la femme de Senpai.

    "A-Attends, ta main, elle est cassée?" dit Taro en tendant sa main vers celle qui était endommagée, instantanément le visage d'Ayano chauffa quand elle sentit la douce étreinte de la main de Taro prenant la sienne. Taro examina sa main et fit une expression douloureuse à la vue de ses doigts retroussés vers l'arrière, c'était bien pire encore que lui.

    Le visage d'Ayano était entièrement rouge alors qu'elle regardait intensément Taro, il était si beau de près et ses mains étaient aussi douces que le jour de leur rencontre.

    De son côté, Taro plaignait cette fille, elle avait l'air d'avoir été malmenée comme poupée de chiffon qui se retrouvait à l'instant calme et ressaisie. Les yeux de Taro s'élargirent en découvrant quelques plaies défensives sur toute sa main en plus de traces de copeaux de bois et de saleté. Mais ce n'était pas ce qui le désemparait le plus, il remarqua que ses ongles étaient noirs de sang ou peut-être de peau. Qu'avait-elle fait pour se libérer?

    "T-Tu devrais ...t'asseoir sur le lit et te reposer à la place, je m'occupe des bandages." dit Taro nerveusement en lâchant rapidement la main d'Ayano. Ayano sourit radieusement à son offre et obéit au jeune homme, elle s'assit sur l'un des lits en l'attendant résolument ici.

    Taro fit le tour des fournitures de l'infirmerie, mais tout ce qu'il put trouver était des médicaments inconnus et des bandages sales, sûrement laissés-là par mégarde par l'infirmière. Taro alla ensuite voir du côté de l'armoire et poursuivit ses recherches. Pendant qu'il cherchait, Taro pouvait sentir les yeux de la fille posés sur lui. Quand il lui jeta un bref regard, elle ne daigna même pas détourner le regard, c'était comme si elle étudiait chacun de ses mouvements. C'était vraiment inquiétant pour lui.

    Finalement, la main de Taro frôla quelques bandages au fond de l'armoire, il les saisit et revint vers Ayano. "Hum..je...les ai..." Taro s'approcha nerveusement d'elle, les yeux de la fille ne l'avait plus quitté.

    "P-Peux-tu le faire pour moi, Taro...j'ai peur de mal m'y prendre..." demanda Ayano en le regardant d'un air innocent puis elle lui tendit sa main cassée. Elle voulait sentir à nouveau la douce étreinte de ses mains, c'était un désir qu'elle voulait assouvir.

    "D-D'accord..." dit Taro, il ne voulait vraiment pas la soigner après avoir spéculé qu'Ayano avait dû faire quelque chose de grave avec les délinquantes pour retrouver sa liberté, cependant il se sentait en quelque sorte coupable de ce qui lui était arrivé. Il s'agenouilla devant elle, il déroula doucement les bandages et attrapa la main d'Ayano un peu trop fort.

    "Aïe..." couina Ayano sous la courte douleur, sa main sursauta dans la sienne.

    "Ah-Ah, je suis vraiment navré..." s'excusa Taro en adoucissant son emprise sur la main blessée.

    "C-Ça va..." dit Ayano en détournant le regard les joues en feu. Taro était vraiment en train de prendre soin d'elle, c'était trop beau pour être vrai. "Je suis si heureuse à cet instant.." Ayano pensa pour elle-même, elle voulait que c'est instant dure pour toujours. Elle observait intensément Taro qui  de ses douces mains frôlaient la sienne en l'enveloppant de bandages, elle souhaitait juste qu'il soit un peu plus doux en soignant sa main.

    Les gestes de Taro s'apparentaient presque à ceux d'un robot, il ne voulait pas la regarder ni pour voir si elle souffrait, ni pour parler lui. Elle voulait lui parler.

    "Tu n'as pas à avoir peur..." lui dit Ayano d'une voix douce en tentant de baisser sa garde.

    "J-je n'ai pas peur! J'en ai juste marre de tout ça!" affirma Taro en serrant un peu trop les bandages.

    "Aïe..!" Ayano couina de nouveau.

    "D-Désolé.." dit Taro en desserrant la bandelette sur sa main. "Je veux juste...vraiment rentrer chez moi.."

    "Je vois..."

    La conversation s'arrêtait là, ce n'était pas la discussion idéale qu'Ayano espérait mais elle sentait que Taro ne voulait pas parler. C'était bien naturel, c'était une inconnue pour lui. Le regard d'Ayano s'assombrit de tristesse en en venant à cette conclusion. C'est vrai, il ne voyait que comme une étrangère, il ne la connaissait pas, et à ce moment-même il ne voulait pas la connaître, il voulait juste rentrer chez lui. Cette déduction heurtait le cœur d'Ayano mais une idée lui vint.

    "Je...Je peux te ramener chez toi en sécurité." affirma Ayano en levant les yeux vers lui. Taro s'interrompit et lui jeta un regard interrogateur.

    "Comment, nous sommes tout les deux blessés et les délinquants rôdent dans le lycée à ma recherche..."

    "Je connais une sortie, tu dois juste me laisser un peu de temps." répondit Ayano ses yeux corbeaux fixés sur la porte. "Mais tu dois me faire confiance."

    "..." Taro était silencieux, il finit d'enrouler les bandages autour de la main d'Ayano et se releva. "Même si tu le pouvais, tu n'es pas en assez en forme pour l'instant."

    "Non, je peux le faire, comment aurai-je pu fuir dans mon état autrement?" plaida Ayano, elle désirait sincèrement que Taro la croit, elle voulait le ramener chez lui sain et sauf et peut-être pourra-t-elle aussi lui parler.

    "....Si tu connais un moyen de sortir d'ici....alors...d'accord..." dit Taro hésitant, il n'aimait vraiment pas les ondes que dégageait cette fille et même accepter son offre lui donnait l'impression de pactiser avec le diable. Cependant, il voulait sortir de cet enfer et à situation désespérée, mesures désespérées. Même si elle avait commit un crime, au final il devra appeler la police, c'était gagnant-gagnant pour les deux.

    "Hahh...tu ne le regretteras pas, Senpai!" se réjouit Ayano en se levant du lit. Senpai comptait sur elle à présent et le savoir la mettait en extase.

    "Je te suis..." dit Senpai avec une lueur d'appréhension et de curiosité dans le regard. Il se demandait comment elle allait les faire sortir de là.

    Ayano fit une courte pause pour écarter sa négligence avec logique, si elle avait à emmener Taro avec elle, il y aurait beaucoup de dangers, et notamment, si ils fonçaient sur une délinquante et que les choses s'enveniment, ça pourrait la mener à révéler sa vrai nature. Elle ne pouvait pas laisser Senpai voir ça, il ne la verrait plus jamais de la même façon. Elle avait besoin qu'il reste inconscient et innocent.

    "J'ai besoin que tu restes là pour m'assurer que la route est sans danger." affirma Ayano d'un air ferme.

    "Qu-quoi? Tu comptes me laisser ici!?"

    "Pas d'inquiétude, je reviendrai pour toi quand je serai certaine que la route est dégagée." répliqua Ayano en lui souriant pour le rassurer, ça lui réchauffait le cœur de savoir qu'il ne voulait pas qu'elle le laisse seul, qu'il soit si dépendant d'elle était si agréable.

    "Et s'ils me trouvent!?"

    "Aucune chance, je crois qu'elles ont fini leur ronde par ici, mais juste au cas où, donne-moi la clé et verrouille la porte."

    "D-D'accord..."

    "Détends-toi le temps que je revienne, tu peux même faire une sieste." dit Ayano avec un soupçon de malice dans les yeux, Senpai ne savait pas qu'Ayano avait déjà mémorisé ses habitudes de sommeil ainsi que son magnifique visage endormit, c'était vraiment divin à voir et elle n'était pas contre l'idée de le voir à nouveau quand elle reviendra.

    "O...kay." dit Senpai en arquant un sourcil, il n'y avait pas moyen qu'il dorme en sachant qu'un délinquant pourrait abattre la porte pour le finir, pour l'instant il comptait juste s'occuper de ses propres blessures. "Dépêche-toi, s'il te plaît.."

    "Tu peux compter sur moi!" dit Ayano joyeusement, elle s'apprêtait à partir mais elle avait besoin de se préparer dans un premier temps. "Laisse-moi juste prendre deux-trois trucs.."

    Ayano s'approcha du bureau de l'infirmière et jeta un œil dans l'armoire pour plus de fournitures, elle y aperçut un uniforme scolaire plié et le prit, elle déplia les vêtement et nota un gros trou sur le haut de l'ensemble.

    "Je suppose que je dois garder le T-shirt de Masuta.." murmura Ayano pour elle-même en remettant le haut à sa place dans l'armoire. Puis elle examina la jupe qui ne comportait pas de trou, et qui semblait en état d'être porté. En jetant un oeil sur sa droite, elle vérifia si Senpai la regardait. Mais non. Rapidement, elle enfila la jupe et se sentit immédiatement bien plus couverte qu'auparavant. Ayano fouilla ensuite les tiroirs du bureau, en ouvrant le premier tiroir, elle fut récompensée par la vue d'une seringue et d'un tranquillisant, l'infirmière du lycée était assez maladroite pour laisser de telles objets dans des endroits si accessibles. Ayano les prit et les rangea dans les poches de sa jupe. Elle fit le tour des autres tiroirs mais ne trouva rien que n'en vaille la peine.

    "Très bien...j'y vais." dit Ayano en lançant un dernier regard à Senpai. Elle avait plus de fournitures qu'elle n'en aurait besoin si le pire lui arrivait.

    "..." Senpai acquiesça et lui tendit fébrilement la clé de l'infirmerie. Elle la prit et quitta la pièce, entendant immédiatement un clic derrière elle car Senpai verrouilla la porte.

    "Maintenant, dégager le chemin pour moi et mon amour." dit Ayano en se souriant tout en sortant le couteau qu'Info-chan lui avait fournit, de son T-shirt. Elle voulait s'assurer qu'elle et Taro sortent d'ici ensemble même si cela signifie éliminer qui se présente sur sa route. Elle leva la lame au niveau de ses yeux et sourit à la vue étincelante.

    "Je suis vraiment une battante..." dit Ayano se sourit joyeusement. Elle s'avança dans le couloir, arme en main.

    _______________________________________________

    La délinquante aux mèches bleues posa les yeux sur le corps des jumelles dans la salle de classe où elles avaient été jetés comme des poupées de chiffons. Elle était accompagnée de deux autres délinquante qui lui servait de garde du corps dans le cas où Taro tenterait de l'attaquer. Ce qui ne lui vraiment ressemblait pas.

    "Donc, elle s'est débrouillée pour les écraser aussi." grogna la délinquante aux mèches bleues, elle était déjà informée que les trois sbires chargées d'escorter Aishi derrière le lycée ont été abattues de la manière la plus douloureuse possible et que l'une d'elle a vu ses yeux arrachés.

    "Ces deux-là faisaient partis des meilleurs combattantes...comment ont-elle put être vaincu par une seule fille." dit l'une des délinquantes en s'agenouillant près des cadavres. L'une des jumelles avait le cou anormalement tordu tandis que celui de l'autre était brisé et aplati. La vue de ces deux sœurs défaussée de cette façon sans même une trace du coupable rendait le fait de rester dans cette pièce encore plus inquiétant.

    "Aishi a dû les surprendre en se servant de l'obscurité du lycée comme camouflage." répondit avec logique la délinquante aux mèches bleue. Elle n'était pas étonnée que ces deux-là furent éliminée, si Aishi en a tué une devant l'autre, elles ont dû être affaiblit par le chagrin. Aishi était maligne en se servant de la pénombre car si elle avait eu à les affronter directement, elle n'aurait eu aucune chance sachant que ces filles-là étaient capables de défaire Ososo pendant ses matchs amicaux. Cependant, la délinquante aux mèches bleues était tout de même ravie qu'elles soient mortes à présent, cela signifiait qu'elle était actuellement le membre le plus puissant du groupe et qu'Osoro-Senpai compterait sur elle maintenant. Aishi lui avait fait une fleur.

    "Il semblerait que nous ayons sous-estimé la force de cette fille, que devons-nous faire?" demanda la délinquante en toisa la chef du groupe.

    "Nous allons la contenir et poursuivre le plan." répliqua la délinquante aux mèches bleues tandis qu'elle s'éloigna des cadavres.

    "Osoro-Senpai ne sera pas contente quand elle verra combien il reste de membres quand elle sortira de prison, qu'est-ce qu'on va faire pour ça?" demanda la délinquante agenouillée auprès des jumelles en se relevant pour fixer la chef du groupe. Une majorité de gars sont partis après le combat sanglant avec le Chef d'Arts Martiaux et maintenant, on a perdu cinq filles rien que dans cette mission et peut-être plus encore d'ici demain.

    "T'inquiètes pas pour ça, on peut toujours recruter des membres bien plus puissants que ces deux-là n'ont jamais été." dit la délinquante aux mèches bleues en posant à nouveau son regard sur le corps des jumelles. "Elles ont été éliminées car elles étaient faibles, nous n'avons pas besoin de ça dans notre groupe de toute façon."

    "....." Les deux délinquantes restèrent muette, elles n'approuvaient pas ce que la chef de leur groupe disait de leurs anciennes alliées, tous les membres qui y sont passés ont fait le part pour le groupe même si elles ne rien dire qui pourrait énerver leur chef de groupe.

    "Débarrassez-vous de leurs cadavres et nettoyez, je vais voir Aishi-chan moi-même." dit finalement la délinquante aux mèches bleues en rompant le silence de la salle.

    "Oui." dirent les délinquantes à l'unisson, elles désiraient enterrer leurs anciennes alliées pour leur rendre hommage pour tout ce qu'elles ont fait pour le groupe, malgré la faiblesse que leur trouvait la chef de leur bande.

    Elles étaient tous impliquées ensemble n'est-ce pas?

    La délinquante aux mèches bleues marcha hors de la salle de classe, tuyau en main. Elle se sourit sarnoisement en repensant à Ayano qui rôdait toujours dans les couloirs du lycée, elle avait enfin trouvé un adversaire plus digne à l'affronter.

    "Je ne serai pas aussi faible qu'elles." Dit la délinquante en marchant dans le froid avec sa barre métallique prête à l'emploi. Elle ne pouvait plus attendre de se confronter à Aishi, leur premier affrontement a été interrompu mais pas cette fois. Elle s'était entraînée des heures cette semaine. Elle aurait l'avantage cette fois-ci.

    "Ça va être fun."

    _______________________________________________

    Ayano avançait le long du couloir en faisant sa route vers la sortir, si un quelconque délinquant avait à arriver devant elle, elle devrait l'éliminer. Ayano était sincèrement ravie de passer du temps avec son Senpai malgré le fait que ce n'était l'endroit idéal pour créer des souvenirs avec lui mais elle s'en fichait. Elle était à nouveau heureuse, même si ce n'était qu'une minute, c'était le paradis.

    Fshh...

    Ayano sursauta au son inattendu, c'était un bruit sourd qui alerta pourtant Ayano. Elle jeta un bref coup d’œil aux alentours pour finalement trouver l'origine du bruit posé au sol près de ses pieds nus gelés.

    C'était le brassard de Budo, celui qu'il portait avec son Uniforme d'Arts Martiaux. Il avait dû glisser de sa manche car son bras était bien plus mince que musclé comme le sien. Ayano s'accroupit et le récupéra. Une fois en main, elle se releva doucement et observa le brassard du Chef d'Arts Martiaux.

    Elle sentit soudain un nouveau sentiment bouillonner en elle, alors qu'elle ne s'y attendait pas le moins du monde. Culpabilité.

    "Pourquoi suis-je...en train de faire ça...?" les mots s’échappèrent inconsciemment des lèvres d'Ayano et pendant un instant elle se sentit mal pour tout ce qu'elle avait fait. Elle avait ruiné des vies, mit fin à tellement d'existences et manipulé l'esprit d'innocents, tout ça pour Taro. Taro, elle ne pouvait même pas penser à lui bien qu'elle le voulu, mais c'était comme si son esprit évitait la pensée du jeune homme comme la peste. La seule personne à laquelle elle pouvait penser était Masuta quoique du point d'Ayano il était la peste. Elle détestait penser à lui et elle haïssait le fait que sa petite voix lui disait d'arrêter tout. C'était comme si d'autres bouts d'elle ne voulait pas le laisser tomber.

    La poigne d'Ayano se referma sur le brassard de colère. Elle ne pouvait pas laisser son jugement diriger sa vie, donc qu'adviendrait-il si Budo découvrait sa vraie nature? Aussi longtemps que Senpai était sien, elle s'en fichait bien. Après tout, il n'était qu'un pion chanceux sur un jeu en attente d'être éliminé.

    Elle devait se concentrer sur quitter cet endroit avec son Senpai, c'était son seul but pour l'instant. Elle repoussa les pensées persistantes au fin fond de son esprit et ferma les yeux. Ayano tendit l'oreille pour le moindre bruit de pas qui pourrait venir dans sa direction. Après un court moment d'écoute, elle pu entendre des bruits de pas étouffés au loin, cependant, ils ne venaient pas du couloir, ils venaient de derrière elle.

    "Yaaahh!" Une barre métallique se balança sur Ayano, en comprenant une seconde plus tôt que quelqu'un se tenait derrière elle, elle esquiva l'attaque. Ayano recula de quelques pas et leva les yeux pour voir son prédateur.

    "Tu es vraiment dure à abattre, n'est-ce pas Aishi-chan?" Dit la délinquante aux mèches bleues en s'approchant doucement d'Ayano, le tuyau de métal en main. "Malheureusement pour toi, tu ne te relèveras pas après ça."

    "Je ne suis pas si simple à éliminer." dit Ayano en brandissant son couteau, il était d'en finir une fois pour toutes. "Prêt pour une partie de cache-cache?"

    Avec un petit rire au commentaire d'Ayano, la délinquante s'élança vers elle à toute vitesse, prête pour user de son tuyau. Ayano esquiva de justesse l'attaque de la délinquante, faisant frôler la barre de fer de son torse, Ayano se mit alors à courir dans le couloir. Elle comptait se servir des ténèbres comme camouflage à nouveau quand elle fit sa route dans les couloirs en entrant dans le lycée. Elle espérait faire une pierre deux coups.

    Ayano pouvait entendre le martèlement de la course de la délinquante qui la suivait tout comme son souffle puissant. La délinquante aux mèches bleues voulait vraiment la tuer. Ayano se sourit en sachant que son existence énervait cette délinquante.

    Ayano prit un tournant à angle droit dans les allées sombres, comme elle l'avait prédit, la délinquante la suivit aveuglément sans anticiper la contre-attaque d'Ayano.

    SLASH

    Ayano avait atteint la délinquante de sa lame, sans défense, la délinquante aux mèches bleues avait tenté de parer le coup de sa barre de fer mais ses doigts avaient été cisaillés au travers.

    "AGHH!!" La délinquante laissa tomber son tuyau à cause des plaies profondes sur ses doigts et immédiatement du sang écarlate en suinta. Elle empoigna sa main blessée et se mordit la lèvre pour s'empêcher de hurler de douleur. Elle ne devrait pas être faible face son adversaire, spécialement devant Ayano qui désirait voir cette faiblesse.

    Ayano pu voir la délinquante chercher un couteau dans sa propre poche de jupe en guise de contre-attaque. Sans crier gare, Ayano leva sa lame et planta son arme dans la poitrine de la délinquante avant qu'elle ne puisse s'exécuter.

    "ARRGHHH!" La délinquante qui s'était laissée prendre par une autre vicieuse offensive d'Ayano laissa échapper un hurlement involontaire. Ayano la saisit et la plaqua au sol, chacune d'elle tomba en un grand THUD.

    Ayano enfourchait la délinquante aux mèches bleues et retira son arme de la poitrine de la délinquante, la lame était complètement imbibée de rouge, un sang écarlate. La délinquante, encore en vie et respirant difficilement sous le poids d'Ayano. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle trépasse. Ayano regardait sa victime avec fierté, elle allait s'assurer qu'elle subirait un mort lente et douloureuse pour avoir jouer avec elle, elle leva sa lame en prévoyant la planter dans le crâne de la délinquante mais elle s'arrêta subitement en l'entendant soudainement parler.

    "Qu'est-ce que tu fous avec ce perdant de Chef d'Arts Martiaux." dit la délinquante d'une voix grave, elle regardait Ayano droit dans les yeux en s'adressant à elle.

    "Ce ne sont pas tes affaires." dit humblement Ayano, ses yeux corbeaux étaient dilatés face aux yeux bleus soumis de la délinquante. Cette délinquante savait déjà trop de chose pour vivre mais Ayano curieuse de savoir ce qu'il se passait dans la tête de la délinquante. Que faisait-elle?

    "Tu aurais été une...parfaite délinquante." poursuivit la délinquante aux mèches bleues d'une voix rauque entre-coupés de longues bouffées d'air, elle leva sa main et recouvrit le trou de sa poitrine pour essayer d'arrêter le saignement. Heureusement ce n'était pas assez profond pour la tuer, mais elle pouvait toujours perdre beaucoup de sang ce qui pourrait l'achever.

    "....." Ayano ne dit mot, la question avait baissé sa garde. Elle pensait que la délinquante aurait dit d'autres absurdités qui n'auraient plus de sens une fois qu'Ayano l'eut achevé, mais à la place, elle lui proposait de rejoindre les délinquants.

    "Juste penses-y...tu peux assouvir tous tes désirs.....bijoux, argent, peut-être....même l'homme qui tu aimes...." dit la délinquante en la toisant, elle n'était pas désespérée mais elle restait sérieuse, au lieu de faire d'Ayano une ennemie, elle voulait en faire son alliée, une alliée parfaite même.

    "Pourquoi....voudrais-je rejoindre une bande aussi faible que la vôtre...?" répliqua Ayano en lui lança un regard médisant, Ayano aurait dû l'éliminer depuis le temps mais le babillements de la délinquante l'avait suffisamment amusée pour retarder l'échéance. Cette délinquante ne savait-elle pas qu'elle pouvait déjà obtenir tout ce qu'elle désirait par elle-même, à l'exception peut-être de Senpai, c'était un traque passionnant qu'elle préférait assumer seule.

    "Tu...penses que nous sommes faibles...mais...nous...sommes celles qui avons baissé ta garde....et...utilisé tes faiblesses contre toi...." dit la délinquante, elle essayait de s'empêcher de se laisser mourir en clignant des yeux et en remuant ses jambes. Elle tentait de prouver que les délinquantes étaient aussi coriaces qu'Ayano.

    "...Tu marques un point..."

    "Hé..." La délinquante laissa échapper un ricanement, elle pouvait dès à présent lire la réponse dans les yeux d'Ayano. Elle serait idiote de ne pas se joindre à nous.

    "Cependant...je préfère la jouer...solo." Avant d'entendre la réponse de la délinquante sous le choc, Ayano attrapa la tête de la délinquante et lui infligea un coup de boule, assommant sa cible. Ayano laissa le corps de la délinquante et se leva.

    Ayano posa les yeux sur elle, elle n'avait pas besoin de l'achever, sa perte de sang le ferait pour elle. C'était chose rare qu'elle laisse une victime mourante mais depuis qu'Ayano fut agréablement surprise et amusée par sa suggestion, elle préféra laisser la délinquante telle quelle. Ayano partit en laissa la délinquante aux mèches bleues là, et reprit sa route vers la sortie.

    "Moi, rejoindre les délinquante? Je ne suis pas désespérée à ce point.." Ayano se dit à elle-même. Elle ne voulait pas s'associer à des être aussi faibles, ce serait un fardeau de se servir d'eux comme alliés. Ayano préférait encore Budo comme allié, bien qu'il lui ait donné un mélange d'émotion, cet imbécile était utile.

    Ayano détecta enfin les casiers qui indiquaient l'entrée, elle pu voir au-delà des portes qu'il faisait toujours noir dehors, et qu'il n'y avait pas de traces de la lune rousse. Heureusement, la grille ne semblait pas gardée par de quelconques délinquantes, donc elle pouvait sortir d'ici avec Senpai en toute sérénité. Ayano sourit de bonheur en pensant à Senpai qui l'attendait patiemment à l'infirmerie.

    Ayano fit demi-tour et se rendit à l'infirmerie en cachant son couteau ensanglanté dans sa poche.

     

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    Commentaire traduit de l'auteur:

    C'est le 1000ième post!!!! et ce n'est même pas un œuvre :D

    J'espère que vous aimez ce chapitre, je vais vous donner un bon gros chapitre pour le prochain.

    Dites-moi ce que vous pensez de l'histoire, les retours sont toujours biens venus :D

    personnages - yandere dev

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    Voilou, je les enchaine pour me soustraire à un plus gros travail... Je devrai vraiment me mettre à travailler sérieusement ._.)

    Enfin bon, et un de moins à traduire =D!


    votre commentaire
  • Lien de la page originelle: https://www.wattpad.com/302424359-if-i-can't-have-senpai-chapter-10

    Nom de l'artiste originel: DollySonniku alias Sonikkufreak.

    Provenance: Wattpad

    /!\ Attention, certains passages pourraient choquer les âmes sensibles. Cet épisode a été répertorié comme violent sur DeviantArt, si vous décidez de lire, c'est à vous que reviendra la responsabilité. J'espère que vous prendrez compte de cet avertissement avant de vous risquer à cette lecture. Merci./!\

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    Cicatrices, bleus et griffures. C'était en quelque sorte les trophées d'Ayano et la douleur qui en provenait était un vielle ami pour elle. Mais la souffrance qu'elle vivait à l'instant était atroce et au-delà de son seuil de tolérance, elle pouvait sentir ses anciennes plaies se rouvrir et des dizaines de cheveux être arrachés de son crâne.

    Ça fait mal.

    Ça fait mal.

    "Sen-Senpai!" Comme une tentative désespérée, Ayano tendit sa main endommagée vers son Senpai. Le seul garçon qui a déverrouillé son amour et d'autres merveilleuses émotions. Celui pour qui elle serait prête à tuer. "Ai-Aide-moi..!"

    Taro demeurait paralysé de peur en voyant Ayano s'être fait battre jusqu'au sang, il tremblait sur place tandis que ses sens s'étaient accrut à cause de son instinct en alerte. Il voulait s'enfuir et oublier tout ça, mais il savait au fond de lui qu'il devait aider cette fille, c'était ce qui était le plus juste. Il saisit rapidement son portable et composa le 911.

    "Pas si vite, mon joli~" Une délinquante aux mèches violettes frappa de sa batte de bois la main de Taro, ce qui lui fit lâcher l'appareil. La puissance du coup était si grande que ses mains étaient devenues bleues et noires en un instant.

    "AAAAHH!!!" Senpai laissa échapper un cri suppliant quand il ramena ses mains ensemble tandis que des vagues ardentes les parcourraient.

    La délinquante éclata le téléphone de sa semelle, laissant sur le portable allumé un écran noir. L'agitation ainsi provoquée détourna l'attention de quelques délinquantes d'Ayano, cherchant à savoir ce qu'il se passait.

    "Tu aurais dû rester sagement assis, beau gosse." affirma la délinquante aux mèches violettes en s'approchant de lui. "Maintenant je vais te faire taire..." La délinquante dressa sa batte dans les airs pour assommer Taro.

    Voyant le coup venir, Taro se jeta au sol évitant ainsi l'offensive d'un cheveux. Il se ressaisit rapidement et tenta une course éperdue jusqu'à la grille mais la délinquante avait deviné ses intentions et bloqua le passage avec sa batte prête à l'emploi.

    "N-Non, fout-moi la paix!!" Sans prendre le temps d'y réfléchir à deux fois, Taro fit demi-tour et s'engouffra dans le lycée sans ménager les portes et disparut dans les ténèbres du bâtiment non-éclairé.

    "Merde, il s'est barré dans l'école!" s'écria la délinquante aux mèches violettes en s'adressant aux autres.

    "Ne restez pas plantez-là, choppez-le!!" ordonna la délinquante passablement énervée qu'elles n'étaient même pas capable de contenir le jeune homme.

    Un duo de délinquantes laissèrent Ayano et coururent dans le lycée armes en mains. La délinquante aux mèches bleues commanda aux autres d'arrêter leurs attaques contre Ayano. Une fois fait, elle reprit les cheveux d'Ayano pour la soulever.

    "T'as vu ça?" Demanda-t-elle sournoisement, confrontant Ayano face à l'établissement de manière à ce qu'elle voit.

    "Nngm...." fit la seule chose qui sortit de la bouche d'Ayano, c'était comme si sa gorge était écrasée et ses cordes cordes vocales était comme nouée.

    De ses yeux brouillés et imprécis elle pouvait voir plusieurs délinquante courir dans le lycée probablement aux trousses de son Senpai.

    "Il a préféré sauver sa peau." ricana-t-elle en la regardant d'au-dessus.

    ".....Q..ui.....te..l'a dit....." dit Ayano en soufflant entre chaque mot pouvait rassembler.

    "Hm?" La délinquante la regarda intriguée puis souleva encore davantage les cheveux d'Ayano pour la rapprocher. "T'as dit quoi, Aishi-chan ? Parle plus fort."

    "Nnghhh! bon sang! QUI TE L'A DIT!" hurla Ayano violemment, la gorge en feu.

    "Hmm, tu veux savoir comment j'ai su que c'était ton ...heu Senpai?" La délinquante se pencha vers le visage d'Ayano et même malgré le masque qui couvrait sa bouche, Ayano savait qu'il souriait de satisfaction. "Tu n'as pas besoin de te soucier de ce genre de détails" La délinquante cracha au visage d'Ayano et la jeta au sol.

    "Continuez de suivre le plan les filles, je dois rattraper notre petit otage." murmura la délinquante tandis qu'elle s'engouffra à son tour dans le lycée.

    Ne restant que trois délinquantes pour surveiller Ayano, l'une l'attrapa par le bras et commença à la tirer derrière l'école pendant que les autres marchaient tels des gardes à leurs côtés. Les trois délinquantes discutaient et riaient entre elles comme s'il s'agissait d'un Mercredi comme les autres.

    "Senpai..." pensa Ayano pour elle-même. "Senpai...!!" Cette pensée lui frappa l'esprit et persista inlassablement en elle. Elle devait se battre, elle devait se sortir de là, elle devait s'assurer que Senpai va bien.

    "Il a préféré sauver sa peau" La voix de la délinquante ne quittait plus ses pensées.

    Ce n'était pas de sa faute s'il avait fuit, il était trop effrayé pour réfléchir.

    "Il allait me sauver." pensa Ayano en tentant de se rassurer. Il n'avait pas l'intention de l'abandonné, elle savait qu'il n'était pas de ceux-là dès leur première rencontre, elle s'en souvenait comme si c'était hier.

    Le doux sourire que Taro arborait quand il l'a aidé à se relever après qu'elle lui ait rentrée dedans sur le route du lycée et son apaisante voix qui semble avoir ouvert les portes de son cœur. Si mignon et si gentil.

    "Là, prends ma main."

    Elle pensa que sa poigne si chaude et si douce était, malgré les quelques secondes où elle lui tenait la main, la réponse à toutes ses questions. Et pour la toute première fois...elle sourit.

    "Merci..."

    "Merci de m'avoir sauvée..." murmura Ayano doucement sous son souffle. De toute sa vie, elle ne savait pas ce que le pure bonheur ou l'amour était, ni même que cette seule personne pouvait changer sa vie, maintenant elle en était persuadée. "Cette fois...laisse-moi te sauver..."

    "Donc qu'est-ce t'a fait pour le chopper?" demanda l'une des délinquantes à celle qui tirait le corps d'Ayano.

    "Je l'ai frappé au visage de ma batte, vous auriez dû voir ça, ça tête était juste magique." répondit l seconde.

    "Ça a dû être chiant ce Taro jusqu'ici." murmura la troisième.

    "Pas tant que ça, il était léger comme une plume, avant qu'il ne se réveille et qu'il ne commence à se débattre." plaisanta la deuxième en se rappelant de l'instant.

    "Bref-" Soudain, la délinquante qui tirait le corps d'Ayano pu sentir quelque chose s'enrouler autour de sa jambe, ça lui faisait penser à une main, elle s'en retourna pour voir Ayano s'agripper à sa jambe.

    "Tch, tu ne sais pas quand laisser tomber connasse." souffla la délinquante s'agenouilla vers Ayano et l'attrapa par les cheveux, l'éloignant ainsi de sa jambe. La prise d'Ayano glissa entre ses mains avec un grognement de souffrance en sentait certains de ses cheveux se déraciner. La délinquante relâcha sa prise à son tour, faisant s'échouer le visage d'Ayano sur le sol tête baissée.

    "Pitoyable." dit la délinquante en poussant la tête d'Ayano avec sa chaussure, silence. Elle s'apprêtait à se relever quand Ayano la tacla brusquement au sol maladroitement à cause de son état, mais ça n'allait pas l'arrêter. D'une virulente rage, Ayano se mit à exulter sa haine à travers sa voix en un hurlement impitoyable alors qu'elle s'acharnait à enfoncer ses ongles pointus dans les orbites de la délinquante et d'en retirer les yeux. Les deux autres délinquantes se retournèrent immédiatement en entendant le cri strident derrière elles. Les deux s'écarquillèrent d'effroi en voyant leur camarade en difficulté s'être vu arraché et mettre en lambeaux ses yeux par Ayano. Les délinquantes étaient figées sur place, elles n'avaient jamais tant de violence ailleurs que dans les séries télé, la vision de ces orbites en charpie sur le sol leur donnait la gerbe. Elles n'osèrent pas intervenir, sachant pertinemment qu'il était déjà trop tard pour sauver leur camarade.

    "Nous sommes les prochaines!" s'exclama l'une d'elle en prépara sa batte.

    "N-Nous ne flancherons pas aussi facilement qu'elle!" ajouta l'autre encore choquée par la scène.

    Ayano se releva tremblante en laissant le corps agité de la fille. La puissant rayon lunaire semblait faire briller le menaçante silhouette d'Ayano qui ressortait face dans l'obscurité dans laquelle elle se confondait. Elle s'approchait des délinquantes d'un large regard sinistre, elle était allée trop loin et ne pouvait plus reculer à présent.

    "Héhé....Vous pensiez vraiment que je perdrai en sachant que vous avez mon Senpai!?" Ayano se projeta sur la délinquante devant elle en la frappa à la gorge. La délinquante toussa et tomba à l'impact, Ayano se plaça à califourchon sur elle et laissa ses mains s'enrouler autour du cou de sa victime pour l'étrangler.

    La délinquante tenta des coups de pieds et se débattait sous la forte prise d'Ayano, elle pouvait sentir sa gorge se compresser sous la pression exercée et son cœur ralentir. Elle pouvait voir Ayano qui la toisait avec le plus large sourire en plus d'une paire d'yeux dilatés. Avant qu'Ayano ne finisse, l'autre délinquante la jeta violemment loin de la victime. Ayano trébucha sur le sol mais elle se ressaisit rapidement et se releva, sans jamais laisser son large sourire s'évanouir. Elle se retourna pour faire face à celle qui venait de la pousser.

    "Il est temps que je relève un défi..." lança Ayano d'une faible voix grinçante en faisant craquer ses doigts et essuya la fine ligne de sang au coin de ses lèvres.

    "Tu ferais mieux de te regarder connasse, t'es en infériorité numérique ici." Grogna la délinquante en aidant sa camarade qui peinait à reprendre son souffle.

    "Le nombre n'a pas d'importance pour moi." affirma-t-elle en inclinant sa tête en gardant son sourire. "Néanmoins...j'aurai souhaité qu'il y ait plus des vôtres à l'instant pour que je puisse repeindre la totalité de l'endroit avec votre sang."

    "Tch..." La délinquante serra sa batte fermement, ses mains étaient moites mais si elle pouvait seulement se rapprocher d'Ayano pour qu'elle puisse lui asséner un coup, tout serait terminé. Elle jeta un bref coup d’œil à la délinquante étranglée presque à mort et les deux s'échangèrent un regard pour leur plan secret. Pour achever Ayano, elles devaient l’assommer.

    Les délinquantes se mirent en position de combat la peur dans l'âme et l'égo mit de côté. Ayano s'accroupit pour prendre la batte de la délinquante restée au sol. Elle se releva ensuite arme en main, et dévisagea les délinquantes d'un air malicieux.

    Ayano ne s'était jamais sentie plus vivante qu'à cet instant.

    _______________________________________________

    C'était comme si tout le restaurant s'était tu, le moment était bref, l'action était scandaleuse et le temps semblait s'être arrêté.

    Les yeux de Budo s'écarquillèrent sous le choc en sentant les lèvres de Mina Rai contre les siennes, il sentait son cœur s'emballer et ses mains lui donnaient l'impression qu'elle étaient en feu. Il mit fin rapidement au baiser et toisa Mina dans la confusion la plus totale.

    "...Qu-Qu'est-ce qui ne va pas..?" demanda doucement Mina, son visage était rouge et ses yeux marrons semblaient scintiller sous la lumière.

    "T-Tu m'as embrassé...?" dit Budo en clignant des yeux par deux fois, il toucha ses lèvres de son index. "Pourquoi...?"

    "Je t'aime, Budo-kun..." continua timidement Mina. "Je t'ai toujours aimé."

    "M-Mina..." Budo sentit son visage chauffer devant la confession de Mina. Mina l'avait aimé tout ce temps et il ne l'avait jamais remarqué.

    "...Est-ce réciproque..?"

    Budo resta silencieux, il se demandait en début de semaine quelle aurait été sa réponse, peut-être aurait-il dit oui, peut-être aurait-il dit non, il ne connaîtra jamais la réponse.

    "Je...." Budo avala sa salive en regardant Mina pendant qu'elle le fixait intensément en retour. "Je t'apprécie....comme une amie.." Dit Budo hésitant, il ne savait plus quoi dire, il l'avait toujours perçue comme une amie et rien de plus mais il ne voulait pas la blesser.

    ".....Comme une ...amie..." l'expression générale de Mina semblait s'être assombrie à cette réponse et la brillance de ses yeux faiblissait, s'était la dernière chose que Budo voulait.

    "Oui...Je suis désolé, Mina..."

    "....Pourquoi....Pourquoi ne veux-tu pas de moi comme petite-amie...?" Ses poings se serrèrent et son corps semblait tremblait, c'était les symptômes caractéristiques du cœur brisé.

    "Mina..."

    "Donne-moi une chance...Je ferai tout, je changerai tout-"

    "Mina, je t'en prie, je ne veux pas que tu changes quoi que ce soit-"

    "L-LAISSE-MOI ÊTRE AVEC TOI!" Cria Mina de toute la force de sa voix en se levant de son siège, la totalité du restaurant redevint silencieux et tous les yeux des clients étaient rivés vers eux.

    Budo était sans voix, il ne savait pas quoi dire à part lui dire qu'il l'aimait, mais pas de la même façon.

    "Mina je...."

    "Je t'en supplie....laisse-moi juste une chance..." dit-elle en se penchant vers lui pour un autre baiser, elle ne pouvait pas le perdre, c'était celui qui la faisait sourire, celui qui provoquait des papillons dans son ventre et plus que tout, celui qui lui donnait de la volonté. Elle voulait qu'il devienne une partie de sa vie.

    "Mina, arrête!" Budo la repoussa, ce qui la fit se rasseoir sur sa chaise. Elle le regardait surprise tandis qu'il lui rendait un regard sévère.

    "Budo...!?"

    "S'il te plaît...ne force pas les choses...Je...je ne peux pas te rendre tes sentiments...Je suis navré de gâcher cette sortie...." Budo se leva de son siège, il avait blessé Mina et sûrement leur amitié avec.

    "Budo-kun, attends-"

    La sonnerie de la porte du restaurant résonna quand elle s'ouvrit hâtivement. Budo se tourna et vit Saki Miyu encore dans son uniforme scolaire ses cheveux cyans emmêlés et ébouriffés. Elle respirait fort, les mains sur les genoux comme si elle venait de se faire un marathon. Une fois avoir repris son souffle, elle posa son regard sur Budo.

    "Masuta-kun!" Elle courut jusqu'à la table en ignorant le regard des clients qui assistaient à la scène alors qu'elle se jeta dans les bras de Budo après avoir perdu l'énergie de sa course.

    "Saki-san!"

    "Imbécile, Ayano a disparu et tu raccroches une fois que je te l'ai dit!?" lança Saki en hurlant presque au travers de ses larmes. Elle était sincèrement inquiète pour Ayano et elle supposait que c'était la même chose pour lui.

    "E-Elle n'a toujours pas été retrouvée!?" s'inquiéta Budo les yeux écarquillés de stupeur.

    "NON!" continua Saki en aspirant plus d'air. "Dieu merci je t'ai retrouvé ici, tu dois la.....tu dois." Saki manquait d'air, elle sentait sa gorge s'assécher à mesure qu'elle s'efforçait de parler.

    "Saki, je t'en prie assis-toi" Budo aida Saki à s'installer sur une chaise et lui offrit un peu de son pocari.

    Au lieu de boire, elle plongea immédiatement sa main de sa poche pour en sortir une lettre froissée et la tendit au Chef du Club d'Arts Martiaux.

    "Une lettre..." Budo en parcourut chaque mot avant de voir la dernière phrase de la lettre.

    "Nous avons ton Senpai, vient seule ou tu sais ce qui se passera."

    "Ayano.....elle a dû....ces salopards de délinquants...." jura Budo la mine sombre en plaquant le document sur la table, la faisant trembler violemment.

    "Masuta-kun...?" Le propriétaire de l'enseigne remarqua la détresse de Budo l'approcha avec inquiétude.

    "....Mr.Sakimoto...pouvez-vous s'il vous plaît laisser mon amie se reposer dans l'arrière-boutique, vous avez toujours ce lit pas vrai...?"

    "Bien sûr....est-ce que tout va bien Masuta-kun...les clients nous observent.."

    "Aishi-san...a encore des ennuis." Budo ajusta la veste qu'il portait et s'éloigna de la table.

    "Attends, Budo-kun je viens avec toi!" s'exclama Mina en se levant de son siège.

    "Non, tu restes ici avec Saki, je ne permettrai pas que quelqu'un qui m'est cher soit blessé!"

    "B-Budo, ne fait pas l'idiot! Peu importe dans quoi tu te lances, ça a l'air vraiment dangereux, tu vas avoir besoin d'aide!" poursuivit Mina en se recomposant. "Je ne te laisserai pas y aller seul-"

    Avant qu'elle n'eusse fini, Budo la prit par les épaules et l'épingla sur sa chaise. Mina était prise au dépourvu maintenant le dos et la tête adossé à son dossier de chaise.

    "B-Budo!?" Mina rougit pendant que Budo se tenait au-dessus d'elle, son regard étaient froid et sévère, Elle se sentait absorbée par ces yeux délinquants.

    "S'il te plaît Mina, je dois gérer ça par moi-même..." affirma Budo d'une voix calme. "Si quelque chose de mal devait m'arriver, fait survivre le club."

    "Ne dit pas une chose pareille, laisse-moi t'aider, je peux me battre, je peux les raisonner" plaida Mina.

    "Tu dois rester ici et veiller sur Saki-san." Dit fermement Budo d'un air déterminé. "Je dois sauver Ayano."

    "Ayano......tu t'inquiètes sincèrement pour elle, pas vrai..." ajouta Mina en détourna son regard de celui si intense de Budo.

    "Oui, elle est vraiment spéciale pour moi..."

    "....Tu l'aimes...?"

    "...Je suis son seul ami..." répondit Budo en dévient le regard, il ne savait pas quoi dire de plus, était-il vraiment possible qu'il ressente quelque chose de plus pour Ayano?

    "....Tu devrais y aller alors..." fini gentiment Mina ses mains contre son cœur en l'éloignant d'elle.

    "Mina..." la mine de Budo s'adoucit devant les mots de Mina, elle l'encourageait à y aller. Il recula et se leva de son siège.

    "Tu ferais mieux de revenir en forme, je suis toujours impatiente d'apprendre le coup du lapin." Mina lui sourit légèrement.

    Budo lui rendit son sourire et hocha la tête, il savait ce qu'il avait à faire, il courut hors du restaurant en laissant ses amies derrière lui. Jusqu'à ce moment-même, la fille seule avec laquelle il pouvait se voir n'était autre qu'Ayano, Ayano était vraiment spéciale pour lui et il ne pouvait se l'expliquer mais il désirait sa présence comme un moustique chasse pour du sang. Il avait besoin d'elle.

    Mina toisait la porte que Budo venait juste d'emprunter. Ses mains tremblaient toujours et elle sentait son cœur immédiatement se calmer. "C'est...C'est exactement comme les choses sont supposées être...." dit Mina en souriant tristement.

    "Mina...." dit faiblement Saki, Saki ne savait vraiment pas quoi dire, elle vous la réconforter mais elle ne pouvait plus bouger.

    "Nous n'aurions jamais dû sortir de toute façon....n'est-ce pas...hé.....hé...." Mina couvrit ses yeux de ses mains.

    Ça fait mal.

    Ça fait tellement mal.

    "Pourquoi...ne veux-tu....pas de moi...?" souffla Mina en pleurant dans ses mains.

    _______________________________________________

    Ayano jeta un corps inerte de délinquante sur la pile que formait les deux autres. Elle reprit son souffle en regardant gravement au pitoyable désordre devant elle, elles l'avaient peut-être ralenti mais c'étaient elles qui avaient subi la lame du couteau au final. Couverte de sang et sa main cassée s'agitant violemment, elle leva les yeux vers le ciel étoilé et sourit à cette vue. Une ardente lune rousse était déployée dans le ciel nocturne, une magnifique et rare éclipse lunaire provoquée par la Terre faisant de l'ombre à une pleine lune.

    "Il est temps d'en finir."

    Ayano se détourna de la lune de sang et s'engouffra dans le lycée non-éclairé en trainant la batte de ses victimes derrière elle. Elles allaient regretter d'avoir impliqué Taro là-dedans, elle allait s'en assurer. Ayano fit furtivement sa route dans l'établissement, elle devait se soigner d'abord, sinon elle serait incapable de sauver Taro. Ayano trouva lentement le chemin de l'infirmerie pour récupérer quelques fournitures médicales. Elle s'accroupit et marcha prudemment, laissant l'obscurité la protéger de toute paire d'yeux indésirée. Si elle se faisait prendre, elle aurait à se battre pour s'échapper, ce qui était la dernière chose qu'elle désirait à cet instant. Le corps d'Ayano souffrait jusqu'à l'os, elle avait poussé le combat contre les trois délinquante à ses limites et se maudissait à présent de ne pas avoir rejoins le Club d'Arts Martiaux.

    "Masuta-kun..." Les yeux d'Ayano s'écarquillèrent quand elle s'entendit prononcer inconsciemment le nom de Budo. Ce n'était pas le moment de penser à cet imbécile, elle devait soigner ses blessures. Ayano s'arrêta en entendant des bruits de pas dans le couloir, elle se réfugia dans la pénombre tandis que les délinquantes traversaient, heureusement elles n'ont pas pu détecter sa présence. Cependant, les deux délinquantes s'arrêtaient dans le milieu de l'allée à même pas un pas d'elle. Le duo de filles avaient des queues de cheval assorties avec différentes couleurs de mèches dans leurs cheveux bleus nuit indiquant qu'elles étaient jumelles.

    "Je ne peux pas croire qu'on ait toujours pas retrouvé ce type." murmura l'une d'elles, celle-ci avait des mèches dorées dans ses cheveux alors que sa sœur en d'un orange flamboyant.

    "La patience est une vertu sœurette, nous avons l'avantage numérique, nous finirons bien par le trouver."

    "Nous n'avons pas de temps à perdre avec ta putain de patience, dès que le soleil sera levé, on sera foutus."

    ".....Hmm.. ça me rappelle, y'a la lune rousse ce soir, j'espère que nous pourrons voir-"

    "Tu te fous de ma gueule-là, tu t'inquiètes plus de la lune rousse que d'aller en taule!?"

    "Non, j'ai juste hâte de voir ça, c'est tout."

    "...Tu es tellement bornée...écoute, après en avoir fini avec tout ce bordel, nous la regarderons depuis la fenêtre de notre chambre." Dit gentiment la délinquante aux mèches dorées à sa jumelle.

    "Compris, frangine." la délinquante aux mèches oranges sourit en remarquant le bon côté de sa jumelle apparaître.

    "Putain, je vois que dalle."

    "Utilise la lumière de ton tel, idiote."

    "Mon portable est complètement H.S., laisse-moi utiliser le tiens."

    "D'accord."

    Ayano pouvait entendre la délinquante mettre la main dans sa poche de jupe pour récupérer son portable. Si elles utilisaient la lumière de ce téléphone, elle serait piégée, si elle cherchait à s'enfuir, elles percevraient ses bruits de pas à cette distance.

    "Le voilà." La délinquante aux mèches oranges déverrouilla son portable Saikou en tapant son code puis alluma l'option lampe-torche de l'appareil. "Voilà qui est-" Aussitôt que la lumière fut, la délinquante put voir une Ayano ensanglantée se tenant juste derrière sa sœur inconsciente de la menace, elle se figea sur place.

    "...Hey...Qu'est-ce qui y-" Avant que la délinquante aux mèches dorées est pu interroger l'air choqué de sa jumelle, elle sentit des doigts entourer son cou qui d'un coup tourna en un crac anormal. La délinquante tomba sur le sol morte face à sa sœur.

    "S-Sœurette!?" La délinquante aux mèches oranges posa son regard sur sa sœur jumelle avec surprise et horreur. Sans lui laisser le temps de crier, Ayano la plaqua au sol et lui couvrit la bouche. Elle prépara ensuite la batte pour lui asséner un coup à la gorge, ce qui brisa aussi sa nuque que la batte. Les yeux dorées de la délinquante étaient rentrés dans son crâne.

    Ayano se redressa et regarda les jumelles avec compassion. "C'est dommage que vous n'ayez pas pu la voir, c'était époustouflant." dit Ayano en se rappelant de la majestueuse lune de sang. Elle emporta le corps des jumelles pour les cacher dans l'une des salles environnantes et y jeta prudemment la batte cassée. Il ne s'agissait plus que d'une question de temps avant que leurs camarades ne les retrouvent, elle devait bouger au plus vite.

    Ayano quitta la salle de classe et rejoins le couloir sombre, s'accroupit de nouveau et continua sa route vers l'infirmerie. Une fois devant la porte, elle jeta un œil autour d'elle pour détecter la moindre délinquante et se redressa doucement dans une position plus confortable. Elle attrapa la poignée de porte froide et essaya de l'ouvrir mais elle était verrouillée.

    "Merde." souffla Ayano, elle avait besoin de la clé qui se trouvait sûrement dans une autre salle fermée à double-tour. Ayano réfléchit un instant à d'autres moyens d'accéder à l'infirmerie mais rien ne lui vint en tête. Peut-être que l'une des jumelles portait une épingle à cheveux mais elle ne voulait pas prendre le risque de revenir sur ses pas, elle devait absolument avancer. Soudain, une idée lui traversa l'esprit.

    "La clé principale...." Ayano se rappela la fois où Kokona avait perdu les clés du club de cuisine, elle et tous les membres ont dû se rendre dans le bureau de la principale et la principale leur ouvrait la porte avec la clé principale. Ayano devait se procurer ce passe-partout.

    Ayano s'agenouilla et se mit en route vers le bureau de la principale. Elle rampait au sol en tentant de calmer son souffle puissant. C'était si calme, on pouvait sûrement entendre une épingle tomber dans une autre salle. Ayano ne l'avait remarqué mais elle tremblait à cause du froid, elle ne portait que sa robe d'hôpital qui ne l'aidait pas à se réchauffer à cause de sa faible épaisseur, elle sentait aussi bien le froid engourdir ses mains que ses pieds. L'infirmerie devait avoir des couvertures, elle en prendra une pour s'y envelopper elle et Senpai une fois qu'elle l'aura retrouvé. Quand elle atteignit le bureau de la principale, elle put constater que les portes étaient fermées, avant qu'elle n'ait pu toucher la poignée elle entendit des voix provenant de la pièce. Ayano rapatria sa main et se pencha doucement jusqu'à poser son oreille sur la porte, les délinquantes faisaient une réunion là-dedans.

    "Après nous.....occuperons...de...puis nous devrons prévenir..." Les voix étaient trop étouffées pour elle pour en comprendre le véritable dialogue.

    "Au cas....cherchez..le toit...et les couloirs." Les voix restaient encore incomplètes et incompréhensibles. Ayano s'éloigna de la porte, la seule chose qu'elle a comprise était qu'elles allaient fouiller le toit et les couloirs, et sûrement dans peu de temps. Il n'y avait pas moyen qu'elle puisse récupérer la clé principale tant qu'elles étaient confinées dans la salle. Elle devait patienter, d'autant qu'elle détestait ça.

    Une vague d'air frais passa le long de l'échine d'Ayano, son corps lui rappelant qu'elle gelait dans ce lycée plongé dans l'obscurité. Ayano marmonna dans sa barbe et rassembla ses mains ensemble pour les réchauffer. Mais c'était inefficace car sa main blessée la faisait souffrir.

    Soudainement, Ayano entendit des bruits de pas venant du couloir où elle se trouvait, elle alla se placer en quatrième vitesse dans un coin en observant les escaliers. A pas de loups, Ayano monta les marches pour éviter d'être surprise. Heureusement, le deuxième était plus chaud que le premier même si c'était insignifiant.

    "Bordel, je ne vais pas aller bien loin comme ça...J'aurai dû prendre ma couverture à l'hôpital.."Murmura Ayano pour elle-même. Mais à cet moment-là, elle était trop concentrée sur rejoindre Taro que le froid ne la dérangeait pas. Ayano erra un peu dans les couloirs du deuxième étage en se força à écouter le son des portes du bureau de la principale. Brusquement, elle s'arrêta en apercevant la salle du club d'Arts Martiaux, les portes coulissantes étaient grandes ouvertes. Par curiosité, Ayano entra et regarda la pièce sombre.

    "C'est donc le club qu'il voulait que je rejoigne.." dit Ayano en examinant l'intérieur, il y avait une cabine pour se changer et une pile de tapis dans le coin de la salle. Les yeux d'Ayano s'attardèrent sur l'uniforme du club d'Arts Martiaux pendu sur la cabine. Ayano s'en approcha et décrocha T-shirt, elle écarta la longue manche et vit que l'habit appartenait à un étudiant masculin puis remarqua un bandeau rouge enroulé autour de l'une des manches.

    "C'est à..." Ayano releva à qui appartenait l'uniforme grogna. "Nn..Je ne peux pas croire que je suis désespérée à ce point pour un peu de chaleur." Ayano enfila la tenue de combat de Budo par-dessus la robe d'hôpital. Elle nageait un peu dans le vêtement mais il couvrait parfaitement ses bras et ses cuisses. Elle s’enlaça elle-même en tentant de transmettre de chaleur en elle et elle fut instantanément enveloppée de l'odeur de Budo.

    "Mince...mince.." grogna Ayano avec l'odeur masculine de sueur sur elle, Senpai allait sûrement le remarquer.

    CLIC

    Soudainement, Ayano entendit un claquement étouffé venant de l'étage inférieur, c'était le moment de prendre le passe-partout. A pas de loups, Ayano quitta la salle du club et alla vers les marches, et s'arrêta pour écouter les tout type de bruits de pas. Là, Ayano pu entendre la voix des délinquantes en bas des marches.

    "Pourquoi y'a des empreintes sanglantes ici!?"

    "De quoi tu parl- oh mon dieu!"

    "Oh...no...." murmura Ayano en jeta un coup d’œil à ses pieds. Bien sûr qu'ils étaient couverts de sang.

    "Hey, elles mènent par ici!" lâcha l'une des délinquantes, Ayano pouvait entendre les pas précipités qui venaient vers elle. Si elle tentait d'atteindre l'étage du dessus, elle ne pourrait pas aller si loin sans être vue. Elle devait se battre, quand Ayano fut aussi bien physiquement et mentalement préparée au combat elle perçut une autre voix.

    "Hé, vous deux arrêtez de perdre votre temps et trouver le gars!" Ayano pu vaguement associer cette voix à celle de la délinquante aux mèches bleues.

    "Mais y'a-"

    "N'ai-je pas été assez clair, peu importe de quoi il s'agit ça peu attendre, trouvez-moi ce type!"

    "Tss...peu importe...peut-être les filles qui trainaient le corps d'Aishi ont eu un souci avec le sang et sont montées jusqu'ici."

    "Oui, c'est sûrement ça."

    Ayano put entendre les bruits de pas s'éloigner d'elle, elle scruta la scène et vit la délinquante aux mèches bleues sortir de la salle et suivre le mouvement. Ayano essuya rapidement le sang sur ses pieds avec les manches, comme ça, elle ne laissera plus de trace derrière elle. C'était ça chance mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'avoir l'impression d'être observée maintenant, peut-être psychotait-elle face à tout le trajet qu'elle devait effectuer agenouillée. Aussitôt que les délinquantes passèrent le coin, Ayano se rua jusqu'à la porte en ignorant ce sentiment. Ayano attrapa la poignée glacée et l'ouvrit prudemment. Ayano jeta un œil à l'intérieur, la pièce était inoccupée et éteinte pour son plus grand bonheur. Elle entra sans plus attendre dans la salle et referma derrière elle. Le bureau de la principale était grand et bien garni, il y avait des étagères remplies de livres et d'autres meubles dans chaque coin de la pièce, au centre se trouvait une table et des chaises placées sur un tapis rouge et cernée d'une ligne blanche tandis que le bureau se trouvait au fond de la salle.

    "Alors, où est cette clé...?"

    Ayano s'avança vers le bureau et se mit à fouiller les tiroirs à la recherche de la moindre trace de la clé principale. Les quelques premiers tiroirs ne contenaient que des feuilles et des dossier, rien d'intéressant. Ayano se pencha du côté des autres tiroirs sur sa droite et les fouilla.

    "Faites que tu sois là....." Le premier tiroir qu'elle ouvrit ne contient rien d'autre que plus de documents. Elle le referma et jeta un œil au deuxième, celui-ci ne contenait que des stylos et des bloc-notes rangés avec des objets divers. Le bras d'Ayano alla chercher le dernier tiroir. Quelque chose brillait là-dedans, c'était la clé principale.

    "Yes!" Ayano s'empara de l'objet et referma le tiroir, elle se releva d'un coup quand elle entendit la poignée de la porte tourner. Par réflexe, Ayano se planqua sous le bureau en un rien de temps. Les lampes s'allumèrent et quelqu'un s'avança dans la pièce, l'individu devait observer la salle un moment immobile avant de se rapprocher du bureau, Ayano retint son souffle en devinant que qui que cela pouvait être, il savait qu'elle se trouvait là.

    "Tu vas avoir besoin de ça..." dit une voix en déposant quelque chose sur le bureau. Ayano resta silencieuse, sous le choc, et n'osa pas bouger de sa planque pour se risquer à regarde dès à présent. Finalement, l'individu éteignit les lumières et referma la porte, replongeant la salle dans sa muette obscurité.

    Lentement, Ayano sortit de sa cachette et jeta un coup d’œil furtif à ce qui avait été posé sur le bureau.

    "......." Ayano prit le scintillant couteau et l'observa. "Hé...je n'ai pas besoin de ta charité Info-chan..." sourit Ayano en cacha l'arme dans son T-shirt. "Bien que cela te ressemble beaucoup, j'ai encore des questions qui méritent réponses.

    Ayano se remit sur pied et se rendit près de la porte. Donc la psychose qu'elle ressentait venait en fait d'Info-chan qui l'observait tout ce temps.

    Ayano entre-baya la porte pour pouvoir y passer sa tête et vérifier qu'il n'y avait personne dans les couloirs alentours. R.A.S. Ayano sortit rapidement et pressa le pas vers l'infirmerie. Elle avait perdu tant de temps, elle devait se soigner et retrouver Taro.

    "Je t'en prie Taro attends-moi, je serai là, je le jure!" se dit-elle en un murmure en priant pour que peu importe où se trouvait Taro il était en sécurité. Ayano repéra l'infirmerie et se rendit sans attendre à la porte. Elle sortit la clé principale et l'inséra dans la serrure. En un clic, la porte s'ouvrit et Ayano s'y engouffra vivement en refermant la porte derrière elle. Elle s'adossa à la porte et souffla. Enfin, elle l'avait fait, elle regarda la salle de haut en bas pour s'assurer d'être dans la bonne pièce, et elle y était.

    Tout comme le bureau de la principale, l'infirmerie était éteinte et remplie de tables, de chaises, et de lits minimalistes pour les élèves malades qui doivent s'allonger. Le bureau de l'infirmière se trouvait dans un coin au fond à droite avec diverses équipements médicaux et des étagères contenant une petite variété de médicaments. Ayano aperçut une lampe posée sur le bureau et s'en approcha. Elle avait besoin de lumière pour se soigner correctement et allumer la totalité de la pièce était trop risqué. Elle appuya sur l'interrupteur de la lampe et la légère lueur orangée illumina une petite zone autour d'elle.

    "Pitié, ne me faites pas de mal!"

    Ayano sursauta en entendant la voix, elle se retourna pour voir quelqu'un caché dans un coin de l'autre côté de la pièce, la clé de l'infirmerie en main.

    C'était Taro.


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    Nom de l'artiste originel: Sonikkufreak.

    Provenance: DeviantArt.

    If I can't have Senpai :.Chapitre 9.:

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    Ayano était couché paisiblement sur son lit d'hôpital. Elle venait d'expérimenter quelque chose qu'elle priait ne plus jamais à avoir à revivre, être coincée dans 'l'Entre-deux" avec un démon qui en avait après sa peau l'a vraiment marqué, aussi bien physiquement que mentalement.

    Quand elle était là-bas, la seule personne qui lui venait à l'esprit était Budo au lieu de son Senpai. Ce n'était que des pensées naturelles, la voix de Budo lui a sauvé la vie même si elle aurait préféré que se fut la magnifique voix de Taro à la place. Dans son sommeil, elle pouvait sentir l'affreuse souffrance qui déchirait son cœur à chaque fois qu'elle pensait à Taro, elle se sentait désespérée en sachant que son amour n'était pas récompensé et pour l'instant elle pensait qu'elle pouvait toujours changer ça. Est-ce encore possible d'y arriver malgré tout? Même après avoir échapper à sa mort, elle n'arrivait pas penser à autre chose. Se pouvait-il que son amour pour lui faiblisse? Elle sentait qu'il n'était plus aussi fort qu'avant, mais peut-être que cette impression disparaîtra quand ils seront enfin réunis. Taro était la source de son bonheur après tout.

    "....C'est un miracle." murmura Saki tout en caressant les cheveux d'Ayano. "Je pensais sincèrement qu'elle a survécu grâce à toi Masuta-kun. Tu es vraiment un bon ami pour elle."

    "...Tu penses...?"

    "Bien sûr, même les médecins pensaient qu'il était déjà trop tard mais toi...tu as gardé espoir." Saki se tourna vers Budo et lui sourit de gratitude.

    "Merci Saki" sourit Budo avant poser ses yeux sur le visage endormit d'Ayano. Elle était bien sereine quand elle dormait comme si elle n'avait aucuns problèmes dans ce monde. "Tu sais, je suis sincèrement reconnaissant pour cette nuit..."

    "Hein...?" Saki lui lança un air interrogateur.

    "Je me souviens d'avoir marché en ville pour me changer les idées, j'étais plutôt stressé à cause des trop grands espoirs que mes parents portent sur moi, ça m'a vraiment touché cette nuit-là." dit Budo avec son bandana qui projette son ombre sur ses yeux. "J'ai choisi d'emprunter une autre que route que l'habituelle et c'est là que je l'ai trouvée. Elle se défendait face à une délinquante qui tenait un couteau, Ayano semblait si vulnérable à ce moment-là que j'ai accourut pour arrêter la délinquante. Je n'ai jamais pensé qu'elle et moi ...ne devions si proches par la suite, si j'avais choisi de prendre une fois de plus la même route, je n'ose même pas imaginer ce qui aurait pu arriver cette nuit-là."

    "...Héhé...Il semblerait que tu es son sauveur." affirma Saki. "...Je souhaite pouvoir être la sauveuse de Kokona.." Budo pu voir ses yeux cyans s'emplir de regret et ses mains se serrer fermement.

    "Tu l'es, tu as empêcher qu'elle commette un crime qu'elle aurait regretté toute sa vie." Dit Budo en tapotant amicalement la tête de Saki. "Tu la verras bientôt, je le sais!"

    "...Merci..." Saki rendit un sourire à Budo qui vit à son visage qu'elle allait déjà mieux.

    Une pensée traversa soudainement l'esprit de Budo et il regarda rapidement l'heure qu'il est. C'est bientôt l'heure de son rendez-vous avec son amie Mina Rai. Il regarda de nouveau Ayano, préoccupé.

    "Tu devrais y aller..." Affirma Saki en comprenant le dilemme de son ami. "Tu as déjà fait beaucoup aujourd'hui, je vais rester auprès d'Ayano jusqu'à ce que ses parents soient mis au courant."

    "...Dit lui que je reviendrais!"

    Budo jeta un dernier regard à Ayano et quitta la chambre à regret. Il ne voulait pas laisser Mina tomber une nouvelle fois, de même pour Ayano mais Ayano avait besoin de se reposer tandis que Mina avait besoin de lui. Il sortit de l'hôpital aussi vite qu'il le put pour s'assurer d'attraper son bus.

    Saki regardait Ayano avec tourment dans ses yeux bleus. Elle détourna ensuite le regard vers la fenêtre qui laissait entrer un splendide couché de soleil qui devait probablement être plongé dans les ténèbres nocturnes dans peu de temps.

    "Je me demande ce que cette nuit va apporter"

    _______________________________________________

    Mina Rai attendait dans le restaurant de Ramen en observant constamment son reflet en se passant pensivement une mèche de cheveux derrière l'oreille. Le gérant connaissait vraisemblablement Budo et l'avait installée à l'une de ses tables les plus raffinées avec vue sur le splendide couché de soleil. Mina était surexcitée à l'idée du rencard, elle et Shima s'étaient précipités faire les boutiques après les cours après l'accord du rendez-vous avec Budo. Mina avait choisi une robe rouge avec un gros ruban de dentelle noué sur l'une de ses bretelles en plus de chaussures assorties de rubans sur le dessus. Shima l'avait coiffé d'un joli chignon et d'une barrette scintillante. Elle était prête pour son rendez-vous, et attendait avec impatience de découvrir la tenue de Budo et comment cela lui allait. Elle bouillit à l'idée qu'ils échangeraient peut-être leur premier baiser ici en plus de marquer le début de quelque chose d'autre.

    Pas très loin du l'enseigne, se trouvaient Shima et Juku cachés dans la végétation avec une vue directe de la table de leurs amis.

    "Qu'est-ce qu'on fout ici exactement?" murmura Juku agacé. "Je pensais que tu m'avais donné un rendez-vou-"

    "Pourquoi penses-tu que nous sommes ici, je veux voir nos amis devenir un couple!" Les yeux de Shima étincelaient de plaisir. "Je veux voir le sourire de Mina quand Budo lui avouera son amour pour elle."

    "Tu ne peux pas juste attendre qu'ils nous en parlent demain-"

    "Non!"

    Juku soupira en jetant un œil vers Mina qui attendait à sa table. "Il va se pointer quand Budo?"

    "Bientôt, donc assis-toi et relaxe!"

    "Comment pourrai-je me relaxer quand il y a un écureuil mort à côté de nous."

    "Chut!"

    Mina, de son côté regardait son téléphone pour vérifier l'heure. Budo aurait déjà dû arriver. Elle s'apprêtait à composer son numéro quand le propriétaire du restaurant vint la voir.

    "Désirez-vous quelque chose à boire en attendant l'arrivée de Masuta-kun?"

    "Ou-oui s'il vous plaît, un boisson chocolatée merci."

    "Bien sûr...Comment vous portez-vous, vous et l'amie de Masuta?"

    "L'amie...?"

    "Ah, je crois que son nom était....mmm..." Le gérant se gratta le crâne en tentant de se souvenir du prénom.

    Mina réfléchit à qui parmi ses amis connaissait probablement cet endroit et son propriétaire mais personne ne lui vient en tête.

    "Ah oui, il me semble que c'était Aya-chan!"

    "A-Aya-chan...?" Cela prit un moment à Mina pour saisir de qui il parlait mais ça lui vint subitement. "Vous voulez dire...Ayano?"

    "Oui, Oui c'est cela, j'ai cru comprendre que Masuta-kun était un ami très proche d'elle, il continu l'amener parfois complètement blessée. Je me demande pourquoi cette fille est sujette au danger."

    "....." Mina gardait le silence, elle ne savait pas que c'était ce même endroit où Budo avait amené Ayano. Cette pensée la fit se sentir trahie, pourquoi Budo l'avait-il fait venir ici s'il était déjà venu avec une autre. Pourquoi passait-il simplement du temps avec Ayano, il n'en a jamais parlé à son cercle d'amis. Se pouvait-il qu'ils étaient secrètement proches?

    "Mademoiselle, vous allez bien?"

    "Oui, je vais bien et cette fille, Ayano, va bien aussi."

    Le Propriétaire sourit et s'en alla prendre à boire pour Mina. Elle jeta un oeil à la chaise vide devant elle. Si elle ne réagit pas maintenant, elle n'aurait peut-être jamais la chance de lui avouer son amour.

    _______________________________________________

    "..Mm.." Ayano ouvrit lentement les yeux et observa autour d'elle. Elle était toujours dans l'hôpital, mais le plus important était qu'elle était en vie. A sa droite, elle remarqua Saki profondément endormie sur une chaise, elle portait encore son uniforme scolaire. Puis, Ayano s'aperçut que le Chef du Club d'Arts Martiaux n'était pas en vue.

    "Logique..." Pourquoi se souciait-elle qu'il soit là ou non après tout? Dernièrement, il a énormément perturbé ses plans et pourtant, elle n'était pas si énervée contrairement à ce qu'elle pensait. Il lui a sauvé la vie donc ce n'était pas qu'un pion inutile, mais n'était-il que ça? Soudain, son œil fut attiré par quelque chose.

    Sur la table de chevet se trouvait une enveloppe avec un autocollant en forme de cœur pour la sceller. Ayano s'approcha lentement jusqu'à pouvoir la saisir avant de ramener son bras et observer l'enveloppe, perplexe.

    "Se pourrait-il que...?" Se pouvait-il que cela vienne de son Senpai? Une soudaine excitation s'empara d'elle. Peut-être se sentait-il concerné par son état depuis qu'elle avait été amenée à l'hôpital. Peut-être avait-il entendu dire qu'elle avait failli mourir et à décidé d'avouer son immortel amour pour elle. Sans même sans rendre compte, ses doigts avaient déjà ouvert et sorti le contenu de la lettre avec une impatience passionnée. Cette lettre lui était effectivement adressée, elle lit le texte sans un mot, savourant chaque mots avant que ses yeux ne s'écarquillent.

    Le papier glissa des mains d'Ayano, voltigeant en l'air, avant d'atterrir en douceur sur le sol. Ayano retira rapidement l’intraveineuse de son poignet, ignorant la souffrance et se sortant du lit en sprintant vers la porte. Ses jambes étaient molles suite à leur inactivité, elle se retrouva donc à courir en s'aidant du mur pour ne pas tomber. Le sol glacial de l'hôpital rendait ses pieds douloureux et poussiéreux mais elle s'en fichait. Elle courut entre médecins et infirmières qui s'entretenaient avec d'autres patients et bien d'autres qui marchaient le long des couloirs. Avant même de s'en apercevoir, elle passa en flèche devant le bureau de la réception et sortit de l'hôpital pour se plonger dans l'air frais de la nuit. Les derniers de la lettre résonnaient dans sa tête.

    "Nous avons ton Senpai, vient seule ou tu sais ce qui se passera."

    _______________________________________________

    La porte du restaurant sonna une belle mélodie à l'entrée de Budo, ses yeux scannaient la pièce pour finalement repérer son amie Mina Rai qui l'attendait. Il sourit et vint la rejoindre à sa table en tenant un bouquet de roses jaunes. Il a été capable de les avoir dans une boutique des environs et les roses jaunes étaient à vendre. Quand il s'approcha de la table, ses yeux s'élargirent en remarquant la tenue de Mina, elle était époustouflante en rouge. Mina leva les yeux vers lui avec un sourire satisfait car son rencard pouvait enfin avoir lieu.

    "Salut Mina, tu es vraiment belle là-dedans." Dit-il avec un sourire niais, il lui tendit les roses jaunes et s'assit en face d'elle.

    "Merci." Elle prit les roses et les regardait avec un petit sourire en caressant l'un des pétales. "Est-ce à cause de ça que tu es en retard?"

    Budo s'apprêtait à lui expliquer la situation qu'il venait de traverser avec Ayano, mais ce n'était pas approprié pour un rendez-vous.

    "Évidemment."

    Mina lui sourit et posa le bouquet sur le côté, Budo se sentit brusquement la nervosité le dominer entièrement, il n'était sûr de savoir quoi faire ensuite et Mina le regardait intensément. Il baissa les yeux sur le menu pour choisir ce qu'il allait commander.

    "Dis...hum, Mina, qu'est-ce que tu vas prendre?" demanda-t-il en osant lui adresser un regard.

    "Oh, je prendre des Nouilles Soba." Mina pointa le plat sur le menu. "Tu penses prendre quoi?"

    "Mmm...." Budo connaissant déjà le menu, l'analysa bien pour le plat qu'il désirait. "La Soupe Miso."

    "La Soupe Miso, hm?"

    "Oui, ma mère avait l'habitude de m'en préparer, ça a toujours ma préférée."

    "...Vraiment? P-Peut-être que je pourrai t'en faire de temps à autre, tu sais, pour le déjeuner.." Dit Mina timidement en poussant ses index l'un contre l'autre.

    "Tu ferais ça?" demanda Budo, surpris.

    "Bien sûr, mais en échange tu devras me montrer ces fameuses techniques avec les points de pression."

    "Toi et ces points de pression, tu sais que tu aurait pu blesser Sho cette fois-là."

    "Hmf, il le méritait, il pensait être meilleur que moi." bouda Mina, elle se souvenait des innombrables fois où Sho l'avait vaincu, ça l'agaçait vraiment.

    "Tu sais qu'il te demandait simplement si tu désirais recevoir des leçons en privé."

    "Il pense que j'ai besoin de lui pour devenir une meilleure combattant, d'autant qu'il sait que je me suis entraînée toute ma vie sans avoir à recourir à ces cours surtaxés."

    "Aww, aller Mina, tu sais qu'il ne pensait pas à mal, je pense qu'il s'inquiète sincèrement pour toi-"

    "Aaah, assez avec Sho." gémit Mina en agitant sa main avec dédain. "Parlons d'autre chose."

    "Voici votre boisson, miss." Le gérant du l'enseigne déposa la boisson chocolatée sur la table et un duo de pailles. "Ah, Masuta-kun, bonjour, que désirerais-tu boire?"

    "Oh, hum, un Pocari Frappé s'il te plaît." répliqua Budo avec un sourire. Le proprio hocha la tête et s'en alla.

    Mina prit une paille et la plaça dans son verre pour prendre une longue gorgée. "Mmm~! C'est tellement bon." Elle leva les yeux vers Budo et lui sourit vivement.

    "Dit, tu n'as jamais goûté de boisson Chocolatée avant, pas vrai?" Mina plaça l'autre paille dans le breuvage. "Essaye!"

    "Tu es sûre?" Demanda Budo, très curieux à d'en connaître le goût, mais il ne voulait pas paraître brutal.

    "Évidemment, mais ne boit pas tout ou tu seras obligé de m'en prendre un autre." Mina lui fit un clin d’œil.

    "Tout dépendra de si j'aime ou non." Sourit narquoisement Budo avant de prendre une gorgée de la boisson. Instantanément, il sentit le liquide sucré passer entre ses dents jusque dans sa gorge. La boisson était délicieuse et il ne réalisa pas qu'il prenait une longue gorgée. Avant qu'il ne puisse reculer, il sentit quelque chose frôler son nez. Ses yeux se posèrent alors sur Mina qui buvait de l'autre paille la même boisson, ce qui fit que leurs nez se frôlaient. Soudain, Budo sentit son visage brûler d'embarras et se retira en vitesse.

    "M-Mina!?"

    "Quoi, tu n'as jamais partagé de boissons avant." sourit Mina en le taquinent.

    "Haha, quand j'étais en primaire peut-être." Gloussa Budo en se grattant l'arrière du crâne. Mina pouffa à son évidente timidité et posa gentiment sa main sur la sienne, sa main était chaude et douce, elle voulait l'engouffrer dans les siennes. Budo l'observa, surpris par son comportement, que se passait-il avec Mina? Chacun de leurs yeux s'étaient figés sur la pair de l'autre, sombres yeux bruns à noirs corbeau.

    Après un moment de flottement, Mina se décida à briser la glace.

    "Budo...je-"

    DRING DRING.

    Le téléphone se mit subitement à sonner dans sa poche. "Dé-désolée." Il retira rapidement sa main sous celle de Mina et la plongea dans sa poche pour prendre son portable. C'était Saki. Il appuya sur le bouton vert et répondit.

    "Allo-"

    "Masuta-kun, Ayano est partie!!"

    "Qu-Quoi!?"

    "Elle n'est plus dans son lit et l'infirmière ne sais pas où elle est passée!!"

    "Calme-toi Saki, elle pourrait utiliser la salle de bai-"

    "Non! Non! il y a une lettre-"

    Avant que Saki n'est pu terminer, Mina arracha des mains de Budo le portable et raccrocha.

    "M-Mina qu'es-ce que tu fais!" Dit Budo avec un brin de colère.

    "Je....je..."

    "Il pourrait s'agir d'un appel vraiment important."

    "......."

    "Tu m'écoutes!?"

    Mina s'empara d'un geste de sa main et la serra avec fermeté. Budo la regarda et vu son bandana cacher ses yeux bruns. "Je.....veux juste pas que tu partes...J'attendais avec tellement d'impatience ce moment..."

    "Je ne te laisserai pas seule..." Continua Budo d'une voix plus calme, il ne voulait pas blesser son amie.

    "Si, bien sûr que si, il y a toujours quelque chose qui coince, c'est ma seule chance!"

    "De...quoi tu parles-"

    Avant que Budo n'est pu finir, Mina tira sa main en avant et déposa sur ses lèvres un tendre baiser.

    _______________________________________________

    Ayano arriva devant les portes du lycée dans sa robe d'hôpital bleue clair, ses cheveux étaient ébouriffés et aussi ses bras que ses jambes étaient engourdis par l'air frais. La nuit donnait à l'établissement une teinte de bleu sombre, le rendant plus sinistre et froid que d'habitude. Ayano vit son esprit revenir sur cette nuit fatidique, c'était Lundi soir quand elle devait récupérer le corps de Kokona Haruka au lycée et c'est sans aucuns doutes qui avait tout changé. Aujourd'hui c'était Mercredi soir et qui savait ce qui pouvait arriver cette nuit. Ayano avait les mains vides, elle n'avait pas le couteau qui l'a sauvée de la démone à la peau arrachée mais possédait une violente haine contrôlée.

    Faiblement, Ayano pouvait percevoir des bruits de pas venant du lycée. Elle leva les yeux pour voir un groupe de silhouettes sombres avec des stries de couleurs dans leurs cheveux. C'était le groupe des délinquantes, chacune de leurs armes brillaient dans l'obscurité d'une légère nuance bleutée.

    "Où est-il...?" Demanda fermement Ayano, les poings serrés.

    "T'es venue seule..?" murmura l'une d'elles.

    "Évidemment."

    "Que l'une de vous ailles vérifier ses dires." Dit une délinquante aux mèches vertes. Une autre jeta un œil autour de la grille d'entrée pour s'assurer qu'Ayano était bien seule.

    "R.A.S."

    "Parfait." fit une voix derrière la bande de filles. Plusieurs délinquantes s'écartèrent pour révéler celle avec les mèches bleues. Les yeux d'Ayano s'écarquillèrent en s'apercevant qu'elle tenait son Senpai ligoté.

    "J-Je vous en prie, ne me faites pas de mal..." gémit Taro la terreur dans le regard, il portait ses vêtements usuels, un T-shirt blanc et un jean noir. Elles l'ont probablement kidnappé pendant qu'il faisait un tour en ville.

    "Laissez-le partir!" dit humblement Ayano, la colère montait lentement en elle.

    "Nous le laisserons partir à une seule condition." Souffla la délinquante aux mèches bleues, en caressant le délicat visage de Senpai.

    "Hé, les conditions n'auront plus d'importance dans une minute!"  Répliqua Ayano, les yeux s'emplissant d'une rage grandissante.

    Le groupe de délinquantes se mirent immédiatement sur le pied de guerre mais la délinquante aux mèches bleues brandit sa lame vers le cou de Senpai, arrêtant Ayano dans ses intentions.

    "Prend garde aux décisions que tu prends Aishi-San, tu pourrais bien voir les choses finir d'une manière bien différente que celle que tu désires.

    "S-S'il vous plaît, laissez-moi simplement partir!" Dit Senpai d'une voix tremblante. Il était clairement pétrifié face à la situation, ce qui baissait la garde d'Ayano malgré elle.

    "Okay...quelle est ta condition?"

    "Où est le Chef du Club d'Arts Martiaux?"

    "...Quoi?"

    "C'est notre condition, tu dois appâter pour nous le Chef du Club d'Arts Martiaux."

    "......" Ayano resta silencieuse, elle n'avait jamais pensé que les délinquants avaient quoi que ce soit à faire avec Budo. Pourquoi voulaient-elles lui parler? Où que voulaient-elles de lui? Toutes ces questions lui provoquèrent une grande angoisse, son poing se serra et elle sentit ses dents crisser.

    "Alors?"

    "....Je ne peux pas faire ça." Les mots lui échappèrent, elle n'aimait pas l'idée qu'elles désiraient Budo. Elle ne pouvait se l'expliquer mais elle ne pouvait pas les laisser l'avoir.

    "Très bien." La délinquante aux mèches bleues rapprocha la lame plus près du cou de Taro. "Tu as fait ton choix."

    "Attendez!"

    "......" La délinquante arrêta son geste pour savourer la dernière imploration désespérée d'Ayano.

    "...Ne le blessez pas...en échange du Chef d'Arts Martiaux.....Je prendrais sa place."

    "Toi, prendre sa place? Ne me fait pas rire."

    "Je vous laisse le choix cette fois..." ajouta humblement Ayano. "Prenez-moi à sa place ou je ne réponds plus de rien."

    "Hé, n'inverse pas les rôles, pétasse."

    "...Pitié, je veux juste rentrer chez moi!" cria Taro dans une tentative désespérée, le pauvre garçon ne pouvait pas supporter tout ça plus longtemps.

    "La ferme!" La délinquante aux mèches bleues frappa Taro dans le dos, faisant fuir l'air de ses poumons. Taro lâcha un râle de douleur alors que son corps tremblait suite à l'impact.

    Ayano les regardaient le regard d'abord élargit de surprise puis de rage, quelqu'un avait blessé son Senpai. Son cher et tendre était blessé, il souffrait. Le cœur d'Ayano se serra tandis qu'il se mit à tambouriner dans sa poitrine, gagnée par une morbide vigueur de combattre. La diplomatie n'était plus une option. "NE TOUCHE PAS MON SENPAI!!"

    Ayano bondit sur la délinquante, libérant Taro de son geôlier dans l'action. La délinquante prise au dépourvu se retrouve projetée sur le sol avec Ayano au-dessus d'elle. Ayano leva le poing et frappa la délinquante aux mèches bleues, perpétuant l'action plusieurs fois. La délinquante tâtonna autour d'elle pour récupérer son couteau tout en se prenant chaque coup dans le visage. Des cris, et des jurons savamment psalmodiés emplissaient l'air, le groupe de délinquantes observaient les deux se battre, sachant pertinemment que si elles interfèrent, elles auront à subir les reproches de leurs autres camarades.

    La délinquante parvint enfin à attraper son arme et fendit le poing d'Ayano, provoquant l'apparition d'une fine ligne ensanglantée. Ayano souffla suite à la douleur et marqua une pause, elle restait faible vu son état et la souffrance était à l'instant un peu trop dur à supporter. La délinquante prit donc parti de cet avantage et poussa Ayano en arrière. Ayano s'effondra brusquement sur l'herbe, la plaie de sa main se retrouva ainsi imprégnée de saletés froides. La délinquante se releva rapidement et cracha un peu de sang. Elle marcha vers Ayano lame en main, la douce brise heurtait le sensible visage meurtri de la délinquant tout en se tenant au-dessus de la fille. Elle remarqua les poings serrés et ensanglantés d'Ayano, puis grimaça un sourire en soulevant sa jambe pour y écraser sa chaussure.

    "AAAAAAAH!" Un écœurant craquement se fit entendre quand Ayano hurla de douleur. Elle jeta un bref regard à ses doigts brûlants, ses fins doigts roses étaient recourbés en arrière de la manière la plus répugnante possible.

    Le groupe de délinquantes ricana à sa détresse et sa souffrance, Taro était encore tétanisé, craignant être le prochain.

    "Ça aurait pu aller tellement mieux que ça." roucoula la délinquante aux mèches bleues. Elle attrapa les cheveux noirs d'Ayano et la souleva. "Je vais te le demander une nouvelle fois....Où est le Chef d'Arts Martiaux...?"

    Ayano toisait la délinquant d'une rage impuissante tout en lui souriant. "Il se trouve là où se doit d'être." murmura Ayano, Il était quelque part loin de sa présence, comme ça aurait dû l'être. Ayano cracha au visage de la délinquante et sourit, satisfaite.

    "Sale pute! J'en ai assez que tu te mêles de tout." La délinquante balança Ayano sur l'herbe et fit signe à ses sbires. En une seconde Ayano sentit des pieds et des mains tout autour d'elle, la souffrance était insoutenable et elle savait qu'elle perdait pour la première fois.

     

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    Commentaire traduit de l'auteur:

    Wow, je suis navré les gars, j'ai vraiment zappé d'écrire cette histoire et la vie m'a en quelque sorte explosé au visage, d'où l'absence de chapitre.

    Mais "If I can't have Senpai" est de retour!

    J'espère que vous aimez ce long chapitre et vous remercie pour tous vos messages d'encouragement.:)

    personnages - yandere dev

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    "Translating mode activated"! Oui, j'aime bien traduire l'anglais, d'autant que cette fanfic me plait vraiment, donc en saisir tout le sens et le faire partager à d'autre est à la fois gratifiant pour soi, mais aussi pour son accomplissement personnel =D!

    J'espère que vous appréciez mes traductions foireuses, parce que je sais que je fais forcément des erreurs... Mais je fais de mon mieux pour les atténuer ;)!


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  • Lien de la page originelle: https://sonikkufreak.deviantart.com/art/If-I-can-t-have-Senpai-Chapter-8-621893332

    Nom de l'artiste originel: Sonikkufreak.

    Provenance: DeviantArt.

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    "J'ai trouvé son tel." dit l'un des délinquants à celle avec les cheveux rayés de bleu. "Mais j'ai été incapable de le retrouver lui."

    "Tss...." maudit la délinquante en un soupir puis s'empara d'un geste avide du téléphone des mains de son comparse. Le délinquant perdu dans le feu de l'action n'étais autre que celui s'était épris d'elle et était potentiellement mort malgré le manque d'élément pouvant le prouver à ses sous-fifres.

    La délinquante jeta un œil à l'appareil et l'ouvrit d'un clic pour voir sur l'écran d'accueil un mannequin ne portant qu'un ensemble intimiste.

    "Nom d'un chien...." Murmura-t-elle dégoutée, elle s'aventura du côté de la galerie photo et ne fut pas surprise d'y trouver d'autres du même style.

    "Et du côté des appels manqués?" demanda l'autre délinquant. Il était actuellement penché au-dessus de son épaule. "Regarde qui il a tenté d'appeler."

    La fille aux cheveux rayés de bleu pressa le bouton du portable avant de parcourir l'historique des appels téléphoniques. "....Le seul que je vois est un appel adressé à.....Info-chan..."

    "J'ai entendu parlé d'elle, elle sait absolument tout à propos d'absolument tout le monde au lycée et encore aujourd'hui personne n'a jamais vu son visage."

    "Tout le monde tu dis...? Alors peut-être sait-elle ce qui est advenu de ce bâtard" La délinquante pressa le bouton permettant de rappeler le destinataire et obtint immédiatement une réponse.

    "Je vois que vous avez trouvé son portable, je suis ravie que ça ne vous ait pas prit tant de temps."

    "Qu'est-ce que tu en sais!" Dit la fille froidement.

    Elle était choqué de voir qu'Info-chan savait que ce n'était pas propriétaire du téléphone qui l'appelait.

    "Je sais beaucoup de choses, choses que je ne partagerais pas sans rien en échange et je sais également que maintenant cette personne et son téléphone sont restés ici."

    "Quoi! Dis-moi ce que tu sais ou je viendrais te botter le cul!" Hurla la fille, elle haïssait les prétentieuses dans son genre et n'était pas d'humeur à jouer.

    "Je vais te dire une chose. Le tueur n'est autre qu'Ayano Aishi, la fille à qui je sais que en veux.

    "Ayano Aishi? Cette pute! Elle et son Chef d'arts martiaux défont tous nos membres et ça me saoule." Marmonna la délinquante avec rancœur.

    "Je l'avais compris, c'est pourquoi je veux qu'on passe un accord. Quelque chose qui nous sera bénéfique à chacune pour pas cher.

    "...Je t'écoute."

    _______________________________________________

    "Je me demande pourquoi les événements finissent ainsi..?" souffla une voix féminine dans l'oreille d'Ayano.

    Presque instantanément les yeux d'Ayano s'ouvrirent et elle se vit étendue dans la pénombre. Confuse, elle s'assit avec précaution et observa l'obscurité sans fin autour d'elle. Où se trouvait-elle? Elle aurait juré avoir entendu quelqu'un. Elle se leva et remarqua que son corps brillait une faible lueur parmi les ténèbres.

    "....Où...?" fut tout ce qu'elle pu dire en jetant des regards perplexes aux alentours.

    "Tu es ici." De nouveau ce murmure dans l'oreille d'Ayano, elle tourna immédiatement sur elle-même pour ne trouver là encore qu'une nuit sans début ni fin.

    "Montre-toi." ordonna Ayano le regard sévère tout en examinant la probabilité de sa thèse.

    "Fuhuhu.....tellement exigeante...exactement comme ce charmant jeune homme." Ayano se tourna pour voir une magnifique portant ce qui ressemblait à un ensemble intimiste de démone.

    "Où suis-je...?"

    "Tu es dans l'entre-deux, ma chère humaine." Ajouta le femme en rodant comme un prédateur guettant sa proie. "Tu as une bonne tête sur tes épaules." ronronna-t-elle tout en observant Ayano.

    "Qui êtes-vous....et que signifie...l'entre-deux?"

    "....Fuhuhu...j'ai oublié que les humains humains n'avaient pas connaissance de l'au-delà..." Dit-elle en s'arrêtant juste derrière Ayano. "Je suis un démon de la luxure...et...Toi, ma chère, tu te trouves dans l'entre-deux entre la vie et la mort."

    Ayano laissa échapper un cri de stupeur, elle ne pensait jamais qu'elle se retrouverait dans une telle situation. Bien qu'elle ait eu à s'en approcher avec ses rivale, aucune d'elles n'avaient été capable de la vaincre et maintenant elle se retrouvait aux portes de la mort en protégeant un homme qui n'était même pas son Senpai. Les larmes se mirent à lui monter aux yeux en réalisant qu'elle n'aura peut-être jamais la chance d'avouer son amour à Senpai ni entendre sa réponse et peut-être pourra-t-elle ne plus jamais le revoir.

    "Ne sois pas si effrayée tu as encore une chance de vivre. Il y a une lumière particulière qui, si tu la trouves, pourra te ramener à la réalité." Commenta la Démone en toisant Ayano avec un petit sourire au coin des lèvres.

    "V-Vraiment..."

    "Mhm~!"

    Ayano lâcha un soupir de soulagement à la bonne nouvelle, elle avait encore une chance de le faire, elle lui avait donné un éclat d'espoir à présent, quand soudain la démone reprit la parole.

    "Néanmoins...si je te laisse...." sa voix fluette fut remplacée par une voix distordue et maléfique, plus comme celle qu'une voix démon devrait ressembler.

    "Qu-quoi..." Ayano rapatria son regard vers la femme avec terreur tout en s'éloignant d'elle de quelques pas.

    "Pensais-tu vraiment que je pouvais te laisser m'échapper!" Lâcha la femme dont le magnifique visage se mit à fondre de la manière la plus atroce qui soit. Son Visage n'était autre qu'un squelette ensanglanté, laissant paraître quelques bouts de chaire putride, c'était une vision que personne ne devrait jamais supporter. L'horrifiante femme se mit à marcher en direction d'Ayano tendu vers elle. Ayano se sentit tomber en arrière de peur et regardait terrifiée la femme, elle avait eu des visions de ce genre lors de ses anciens crimes ou dans des films, mais jamais comme celle-là. A mesure que la femme se rapprochait, Ayano se mit à se trainer elle-même loin d'elle, ça devait être un rêve, il n'y avait aucunes chances que tout ceci soit réel.

    La femme se jeta sur Ayano qui n'eut pu esquiver en une roulage qu'à la dernière seconde, elle percevait la peur et l'adrénaline l'envahir même s'il ne sentait son cœur battre. Ayano plaça sa main sur sa poitrine et l'y pressa fortement pour sentir les battements de son cœur, mais rien.

    "Héhé...dans l'entre-deux tu n'as pas de cœur, et le seul moyen de trouver la lumière est un seul de ses battements." Dit la femme d'une voix stridente pendant qu'elle se pelait un part un les morceaux de chair de son corps et les laissa tomber au sol en charpie.

    "Qu-Que veux-tu de moi..!!" répliqua Ayano d'une voix paniquée, elle était effrayée, peut-être plus encore qu'à l'idée de perdre son Senpai. Elle voulait fuir, elle voulait rentrer chez elle, Elle voulait vivre.

    "Je veux ce petit corps équilibré que tu as, je veux le mettre." Poursuivit la femme en ramassant la chair éparpillé au sol et la leva pour elle. "Celui qui me durera au-delà de sa date d'expiration." elle comprima ensuite les copeaux dans ses mains et le laissa tomber une fois devenu liquide.

    Ayano écarquilla les yeux sous le choc, la femme voulait son corps pour le porter pour elle-même. Elle pouvait imaginer l'impensable récompense de son corps arraché par cette démone complètement folle. Dans un élan incontrôlé, Ayano se retourna et s'enfuit dans les tréfonds insondables de cette étendue sans fin. Elle pouvait entendre l'écho du rire strident de la femme loin derrière elle pendant qu'elle tentait de trouver un moyen de sortir d'ici.

    Ayano était terrifiée, elle était au bord de la vie et de la mort et sa seule clé pour trouver cette lumière était que son cœur se mette à battre.

    "HAHAHHAAHAHAH!!!" L'insupportable rire de la femme se faisait plus fort en plus de lourds bruits de pas derrière elle. Le pire vint quand elle jeta un œil en arrière et ne vit rien d'autre que les ténèbres mais ce rire, la démone se servait de l'obscurité à son avantage et en le réalisant, l'anxiété d'Ayano grimpa en flèche à un point qu'elle n'avait encore jamais atteint.

    Elle comprenait à présent l'horreur que ses rivals doivent ressentir quand elle les pourchasse avec son couteau. Couteau. Elle avait un couteau dans sa poche de jupe et peut-être pouvait-elle s'en servir contre elle. Ayano fouilla rapidement sa poche à la recherche de la lame, elle dut cependant ralentir du fait que l'arme lui échappait des doigts. Une fois le manche en main, elle le sortit rapidement. Sans même avoir le temps de réagir, la démone fondit sur elle comme un prédateur, Ayano lâcha le couteau sous le poids de l'impact et glissa hors d'atteinte.

    "Gahh!" hurla Ayano de douleur, les longs doigts inhumains de la démone étaient à présent encastrés dans ses épaules en la maintenant fermement. "...NNgh à-à l'AIDE!" Ayano se surpris elle-même, elle ne pensait jamais avoir à prononcer ce mot.

    "Tu peux hurler autant que tu veux, tu es seule dans ce monde, personne ne peut plus rien pour toi!" Gronda la femme, levant une main en l'air.

    "...." Elle avait raison, ses mots n'avaient pas de sens dans ce monde et elle était complètement seule pour mourir, cependant elle continuait d'espérer et elle ne savait pas vraiment pourquoi mais ça lui revint doucement. Pour moins d'une semaine, elle était protégée et inquiétait sincèrement quelqu'un qui ne le devait même pas, il n'y était pas obligé mais il vint naturellement dans sa vie.

    "Pourquoi ne hurles-tu pas!?" Dit la femme, arrêtant son attaque, dégoûté. "Pourquoi ne hurles-tu pas pour moi~?"

    "Même si tu portes cette peau...tu ne sauras jamais ce que c'est que de sentir la chaleur." Répondit Ayano de ses perçants yeux noirs en fixant ceux rouges de la femme. "Tu ne seras jamais Ayano Aishi."

    Ayano cracha au visage de la démone, la femme grogna une longue et inhumaine main griffue.

    SLASH

    _______________________________________________

    Beep....Beep.....BEEEEEP-

    Le rythme cardiaque sur l'électrocardiogramme dans la chambre d'hôpital d'Ayano se mit à chuter. Instantannément, Saki et Budo s'arrêtèrent de discuter calmement et fixèrent l'écran avec des yeux écarquillés.

    "Ayano!" Budo rejoint en quatrième vitesse le chevet d'Ayano, la peur dans l'âme. Saki fit de même et appuya sur le bouton rouge pour prévenir les médecins. En réponse ils s'engouffrèrent immédiatement dans la pièce.

    "Monsieur, vous et votre amie devez partir!" dit l'un des infirmiers en tentant de faire sortir le duo dehors. Saki obéit aux ordres des intervenants, tandis que Budo ne s'y plia pas.

    "Masuta-kun, nous devons quitter la chambre"

    "Je ne cèderai pas si c'est la dernière fois que je la vois vivante!"

    "Monsieur, vous devez partir!" Répéta de nouveau l'infirmier d'une voix plus suppliante.

    "Elle ne respire pas......On la perd! préparer le défibrillateur!" cria l'un des médecins en arrière-plan. Un autre s'empara dans la foulée des électrodes et les alluma.

    "Masuta-kun!-"

    "DÉGAGEZ!" Instantanément, l'infirmier plaça les électrodes contre la poitrine d'Ayano, provoquant un inquiétant bruit à l'impact qui fit écho dans la salle. Budo observait au ralentit la scène se déroulant sous ses yeux pendant que les intervenants faisaient leur possible pour ranimer Ayano en vain. Ses yeux se fixèrent sur le rythme cardiaque en chute libre sur l'électrocardiogramme.

    Ba-dump Ba-dump

    C'était de sa faute.

    Ba-dump Ba-dump

     

    C'était le seul qui pouvait prédire une telle chose, si seulement il avait été assez fort pour arrêter Kokona, si seulement il avait subit ce coup à la place d'Ayano.

    Son cœur était entre ses mains.

    "Tu vas fatalement me l'amener..."

    "Non....!!" Budo se fraya un passage entre tous les médecins et s'empara de la main d'Ayano pour la serrer fortement. "Tu ne peux pas mourir!" s'exclama-t-il désespéré, les larmes brouillant ses yeux noirs.

    "Monsieur, reculez-vou-"

    "Tu es une battante, souviens-toi!" hurla Budo en libérant la main d'Ayano pour mieux l'étreindre. Sa peau perdait de sa chaleur et il ne pouvait pas entendre son cœur, il l'étreignit plus fort. Il était furieux envers lui-même pour être si faible au pire moment, il devait la voir ouvrir les yeux, elle devait vivre.

    "TU DOIS TE REVEILLER!"

    **********************

    Les yeux d'Ayano s'écarquillèrent en entendant quelqu'un l'appeler, actuellement le monstre s'échappait de sa forme pour atteindre son âme peu importe le nombre de fois qu'elle se débattait, c'était inutile, elle s'interdisait de crier mais elle l'entendait, elle l'entendait clairement.

    "Budo...?"

    "Héhé...On dirait bien qu'il te voit mourir!" Piaffa la femme avec amusement en marquant une pause dans ses attaques.

    Même sur son lit de mort Budo était à ses côtés, Pourquoi? Pourquoi se souciait-il à ce point d'elle? Il aurait dû passer à autre chose mais il ne l'a pas fait, il était là à la regarder mourir dans la réalité et lui disait de se réveiller.

    "Budo....imbécile...."

    C'est à ce moment qu'Ayano le sentit, quelque chose battre avec force dans sa poitrine pendant que l'abomination était encore occupé à rire, elle amena lentement son faible bras contre son torse. Son cœur battait. Avant même de remarquer l'air surpris d'Ayano, la femme le compris aussi.

    "NO...NO..." Exulta la démone d'un cri perçant. "JE NE TE LAISSERAI PAS FUIR, CE CORPS SERA MIEN!!" La femme leva sa main pour probablement asséner le coup de grâce, Ayano chercha autour d'elle pour trouver quelque chose qui pourrait l'aider et réalisa que son arme était toujours là. En une tentative désespérée, elle agita son bras dans le noir pour trouver le manche du bout des doigts puis elle le saisit de toute ses forces. Avant que la démone ne puisse même l'attaquer, Ayano dirigea la lame de son couteau droit dans l’œil de la femme, mais avant qu'il n'y ait eu contact la démone recula et laissa échapper un râle.

    Ayano prit avantage de la situation et se déplace rapidement loin d'elle. Alors qu'elle tente de se relever, elle peut sentir son corps rejeter tout mouvements à l'insupportable souffrance qu'on lui a infligé. Elle lutta pour se relever et remarqua soudain une lumière droit devant elle qui semblait étinceler dans l'obscurité. Ayano se mit à boiter vers elle, la main tendue vers la lueur nacrée. La Démone le vit et la poursuivit encore chancelante.

    "TU PEUX FUIR MAIS TU NE M’ÉCHAPPERAS JAMAIS!" Hurla la femme. "JE VOUS MAUDIRAIT TOI ET CE GARÇON!!"

    Les sens d'Ayano étaient brouillés, elle ne percevait clairement aucun des sons qu'elle entendait, ses yeux concentrés sur la lumière devant elle. Elle se forçait à avancer et haletait en se poussant au bout de ses limites, un liserai de sang s'échappa puis tomba au sol. Elle devait le faire, elle voulait vivre. Ayano sprinta au travers de la lueur en ignorant l'insoutenable douleur. Elle étira sa main vers la brèche et le sentit soudainement enveloppé.

    "Tu n'aurais pas dû nous sous-estimer, démon"

    "NOOOOOON!!!" La voix de la femme fut la dernière chose qu'elle entendit avant de baigner dans la lumière.

    ********************************

    ....Beep....Beep

    Ayano pouvait entendre le son de l'électrocardiogramme au loin avec quelques soupirs, elle ouvrit les yeux pour faire face à une autre paire d'yeux noirs.

    "....M-maman...?"

    "A-Ayano!?"

    A mesure que ses yeux s'adaptèrent à l'endroit, elle réalisa que ces yeux appartenaient à Budo.

    En la voyant en forme et réveillée, Budo fut sous le choc et éprit de pure joie, il resserra instantanément son étreinte.

    Ayano était encore étourdie par les lumières se reflétant sur le mur, doucement, un petit sourire apparut sur ses lèvres alors qu'elle fermait les yeux en laissant Budo l’enlacer.

    "Tu n'apprends jamais pas vrai?" murmura Ayano sous son souffle.

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    Commentaire traduit de l'auteur:

     

    J'étais plutôt hésitant pour ce chapitre car je trouvais pas assez bien mais j'aime bien quand même.

    Qu'en pensez-vous :D ?


    characters - yandere dev

     

    Personnages - Yandere dev


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    ....Tu me rappelles à quoi sert cette dernière partie déjà...? Ah! oui, dire ce que j'ai à dire... Bah c'est fait, ça faisait longtemps que je n'avais plus traduit ces chapitres... Ça m'aurait presque manqué dites-donc!

    Au fait, comme depuis la dernière fois j'ai eu un milliard d'heures d'anglais, j'ai eu le temps de m'améliorer encore, et je suis donc repassé derrière moi pour vérifier et modifier les précédents chapitre de manière à ce que ce soit plus cohérent avec le récit de l'auteur et plus courant pour notre oreille de bon français ;D!

    Il est à présent temps de se dire aurevoir, ou même à bientôt si je m'acharne à traduire plus pour mon anglais et votre plaisir. Ciao!


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